«Ça fait partie d’un de nos grands hommes au Québec»: les Québécois attristés par le décès de Rodger Brulotte
Marianne Lafleur
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Les Québécois sont très émus par le décès de Rodger Brulotte, dont la voix familière a marqué des générations et occupé une place bien ancrée dans leur quotidien.
« Ça a été une figure connue chez nous comme s’il faisait partie de la famille. On l’appréciait beaucoup et on a vraiment rigolé avec lui », témoigne au Journal Lysanne Corbin.

Lorsque rencontrée, la femme de 47 ans se trouvait tout près du Barbier Chez Ménick, un salon bien connu situé sur la rue Masson que fréquentait régulièrement Rodger Brulotte. Le propriétaire était d’ailleurs l’un de ses grands amis.
Vendredi soir, lors du passage du Journal, le téléphone n’arrêtait pas de sonner, même si le commerce était fermé.

Mme Corbin raconte avoir grandi avec la voix du célèbre commentateur sportif. « J’écoutais les matchs à la radio quand j’étais jeune avec un écouteur mono en cachette. Je trippais ben gros sur lui », poursuit-elle.
Comme les autres passants interrogés à Montréal, elle s’est dite très peinée par le décès de M. Brulotte.
Entre nostalgie et étonnement
« En tant que fan de baseball, ça fait tout un effet. Il a marqué ce sport-là autant avec les Expos qu’avec les Blues Jays », a pour sa part réagi Maxime Boucher, visiblement ébranlé par la nouvelle.
Le jeune homme admet ne pas avoir vu venir cette annonce.

« Malgré son âge, ça ne donnait pas l’impression qu’il allait mourir », confie-t-il, ajoutant que « ce ne sera plus pareil de regarder les matchs de baseball maintenant » et qu’il allait toujours garder une pensée pour « la légende » .
De son côté, Myriam Ross s’est aussi montrée surprise. Elle garde en mémoire le ton distinctif du journaliste et de ses expressions célèbres. « Il avait vraiment l’air d’un bon monsieur. »
À ses côtés, ses fils ne reconnaissaient pas le nom de Rodger Brulotte. Pour leur rafraîchir la mémoire, Mme Ross a simplement scandé sa réplique bien connue « Bonsoir elle est partie », ce à quoi ses deux enfants ont immédiatement allumé.

Plus que le sport
Pour Pierre Chamberland, chauffeur à la STM, la disparition du commentateur dépasse le cadre du sport. Il y voit la perte d’une figure importante de la culture québécoise.
« C’est très triste, ça fait partie d’un de nos grands hommes au Québec comme Claude Raymond, des hommes que tout le monde devrait connaître. Ils font partie de notre culture », souligne-t-il.
Même constat chez Karine Viau, 38 ans, qui résume le sentiment de plusieurs.
« Même si tu ne connaissais pas le sport, tu connaissais Rodger », a-t-elle lancé, les larmes aux yeux.