«Ça a fait mal»

Kevin Dubé
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Malgré tout, le directeur général de l’événement, Patrick Dom, continuait de vivre dans le déni. «En ce moment, c’est 3 à 1 pour Beauport contre Donnacona», blague-t-il au bout du fil.
À l’interne, au cours des dernières semaines, l’organisation du Tournoi pee-wee tournait à la blague l’arrivée de cette journée. Dans les pages du Journal de Québec», samedi dernier, Dom s’était même entretenu avec Stéphanie Martin sur les importantes retombées économiques perdues par la Ville de Québec en raison de l’annulation de l’événement.
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Par contre, même s’il savait que la journée de mercredi approchait, il refusait de réellement y croire. Mercredi, alors qu’il aurait normalement dépassé haut la main l’objectif de 10 000 pas dans une journée, c’était plutôt le calme plat pour Dom. Un total de 120 équipes venant d’une vingtaine de pays différents aurait convergé vers la capitale pour le plus important tournoi de hockey mineur au monde.
Regard vers l’avenir
Sur ses médias sociaux, l’organisation a publié une vidéo dans laquelle on voit la mascotte officielle du Tournoi, Champ-Pee, faire son entrée seule au Centre Vidéotron et y patiner devant des gradins vides, question de souligner ce qui aurait été le premier jour de l’événement.
«Je jouais la "game" que ça ne faisait pas trop mal, mais dès que quelque chose me rappelait le tournoi, ça venait me chercher. Quand on a reçu la vidéo vendredi, ça a fait mal. On vivait dans le déni», a dit Dom. Grâce au temps libéré par l’annulation du tournoi de cette année, Dom et son équipe ont pu plancher sur le prochain, celui de 2022, qui, il l’espère, aura lieu.
«À partir du 21 février [date à laquelle le tournoi de cette année devait se conclure, NDLR], on va officiellement pouvoir tourner la page et se concentrer à 100 % sur 2022», mentionne Dom.
Pas de promesse, mais...
S’il est impossible pour lui de garantir la présentation de la prochaine édition, il assure à tout le moins que tous les efforts seront mis afin de présenter la 62e édition en février 2022. Sous quelle forme? Comme disent les grands sages, seul Dieu le sait.
«Est-ce qu’on va accueillir 20 pays l’an prochain? Je ne sais pas. Est-ce que ce sera un tournoi constitué de 120 équipes du Québec seulement ? Si c’est notre seule option, ce sera ça. Peu importe le format, ça va nous prendre des spectateurs. On est prêts à vivre avec moins de gens dans l’aréna, mais on ne pourra pas tenir un tournoi sans spectateurs. Je peux promettre une chose: si on arrive à trouver une façon de le tenir, on va le faire.»
Rappelons que l’organisation a récemment annoncé que des équipes de catégorie pee-wee A seraient ajoutées au prochain Tournoi international de hockey pee-wee de Québec.
Confinement: «Les jeunes paient cher en tabarouette»
Patrick Dom s’ajoute aux gens qui estiment que les jeunes sont ceux qui paient le plus chèrement la pandémie actuelle.
Pas seulement parce que des centaines d’entre eux ont vu la seule chance qu’ils avaient de participer au Tournoi international de hockey pee-wee de Québec s’envoler avec l’annulation de l’édition de cette année. Surtout, soutient-il, parce que le Tournoi pee-wee est l’un des nombreux sacrifices que les jeunes ont dû faire depuis un an.
Le directeur général de l’événement ne pouvait s’empêcher d’avoir une pensée pour ces jeunes qui attendent de jouer un vrai match de hockey depuis près d’un an.
«Les jeunes paient cher en tabarouette. Je ne suis pas politicien, mais je me dis que les jeunes se voient quand même le soir. Ils vont faire du ski et partagent la même voiture pour s’y rendre.
«Je trouve ça triste pour eux puisqu’ils attendent de jouer au hockey depuis mars dernier. J’ai l’impression que tout le monde est derrière eux, mais on dirait que leur voix ne porte pas fort auprès des gouvernements. C’est vraiment triste. C’est un besoin naturel pour les enfants de bouger.»
Toujours vivant
Malgré tout, le Tournoi continuera de vivre d’une façon différente et il s’assurera de permettre à un petit groupe de jeunes d’oublier la pandémie l’instant d’une fin de semaine.
Comme on l’a annoncé récemment, huit équipes de la région de Québec s’entraîneront sur une patinoire extérieure aménagée à la place Jean-Béliveau en compagnie de Maxime Talbot et de Pascal Dupuis, les 20 et 21 février prochains.
«Notre but est de garder le tournoi vivant, il le faut. Quand on est rentrés en septembre, on s’est dit que c’était notre priorité no. 1. Comme événement, ce n’est pas parce qu’on annule qu’on doit disparaître. On a envoyé une lettre personnelle à tous nos bénévoles à Noël et on les a aussi visités en octobre dernier.
«Je sais que certains sont tristes ce matin, mais on est avec eux et on ne les oublie pas. C’est aussi pourquoi on a organisé l’événement les 20 et 21 février. On tenait à saluer nos jeunes dans la mesure de ce qu’on est capables de faire parce qu’on ne les oublie pas, eux non plus.»
Une chambre à l’image du Tournoi a aussi été aménagée à l’Hôtel de Glace.