Rochette ignoré au repêchage: «C'est épouvantable», affirme Roy
Patrick Roy ne comprend pas comment Théo Rochette a pu être ignoré deux fois de suite au repêchage de la LNH


Kevin Dubé
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Patrick Roy est catégorique : les recruteurs des 32 formations de la Ligue nationale de hockey (LNH) ont erré dans leur évaluation du capitaine des Remparts de Québec, Théo Rochette.
L’attaquant de 19 ans connaît actuellement la meilleure saison de sa carrière dans la LHJMQ. En 44 parties cette saison, il a récolté 61 points, ce qui le plaçait au sixième rang des pointeurs du circuit, avant les matchs de mardi soir.
Le Canado-Suisse a toutefois déjà été ignoré à deux reprises au repêchage, en 2020 et 2021. Il a toutefois vécu une première expérience professionnelle au camp de développement des Maple Leafs de Toronto en début de saison, mais est toujours sans contrat.
Une situation incompréhensible pour Roy.

« Je regarde les joueurs qui ont été repêchés et je trouve ça épouvantable que Théo Rochette ne l’ait pas été. Personnellement, je suis déçu des dépisteurs du Québec à travers les équipes de la LNH. Je pense qu’ils ont un travail à faire à ce niveau. J’admire sa persévérance et sa ténacité. C’est probablement notre meilleur joueur présentement et c’est tout à son honneur d’être résilient et de continuer à persévérer pour aider l’équipe à gagner. Il mérite une opportunité au prochain niveau », a-t-il déclaré mardi matin.
SANS PRESSION
De son côté, Rochette l’a souvent mentionné : la déception d’être ignoré au repêchage a été vive à sa première année d’admissibilité, en 2020. Depuis, il préfère ne plus s’en faire.
« À mon année de repêchage, je me mettais beaucoup de pression. Même si on essaie de ne pas y penser, c’est plus facile à dire qu’à faire. J’étais déçu, mais depuis, j’essaie de ne plus me faire d’attente. Je joue de mon mieux et mon but est de gagner. »
S’il n’y pense plus, Rochette a tout de même pris au mot les critiques à son endroit. Considéré par plusieurs recruteurs comme un joueur évoluant trop en périphérie pour faire carrière chez les professionnels, il assure travailler chaque jour afin de prouver aux gens qu’il a compris le message.
« Quand je n’ai pas été repêché à ma première année, le reproche qu’on me faisait était que je n’utilisais pas assez mon physique. Je travaille beaucoup là-dessus dans le gymnase et sur la glace. J’essaie d’utiliser mon corps lors des batailles à un contre un. Je travaille là-dessus pour moi, mais aussi pour l’équipe. On verra ce qui va arriver à la fin de la saison. »
CHIMIE AVEC BOLDUC
En début de saison, Roy a placé le choix de premier tour des Blues de St-Louis Zachary Bolduc aux côtés de Rochette. Si les deux joueurs ont mis du temps avant de développer une chimie, elle est bien installée depuis quelques mois.
Depuis février, les deux joueurs ont combiné leurs efforts pour 50 points en seulement 14 parties, 26 pour Rochette et 24 pour Bolduc.
Pour ce dernier, d’ailleurs, il ne fait également aucun doute que les portes du hockey professionnel nord-américain s’ouvriront pour son joueur de centre.
« C’est un excellent patineur et un joueur rempli de talent. Il a un excellent tir et c’est tout un passeur. Je pense que s’il n’est pas invité, il va être repêché. Je n’ai pas de doute que quelque chose va s’ouvrir pour lui. »
Une « petite semaine » pour les Remparts
Le calendrier accéléré de la LHJMQ, causé par les nombreux matchs annulés lors de la dernière pause forcée par la COVID-19, ressemble à celui avec lequel doivent composer les formations de la LNH. Il est même, dans une certaine mesure, plus éreintant, croit Patrick Roy.
Après avoir disputé sept matchs en 11 jours, les Remparts se préparent pour une semaine où ils n’en disputeront que deux, dont le premier mercredi soir au domicile de l’Armada de Blainville-Boisbriand.
Mardi, ils se sont donc entraînés pendant 25 minutes. La prochaine séance d’entraînement n’aura lieu que lundi prochain puisque Roy offrira un congé complet à ses joueurs qui n’ont pas de matchs prévus le week-end prochain.
« Ça ressemble à un calendrier de la LNH, a-t-il mentionné. La seule différence, c’est qu’on voyage en autobus, donc on ressent plus les contraintes du voyagement. Les distances de plus de trois heures rentrent davantage dans le corps que lors d’une saison normale où on a le temps de récupérer. Ceci dit, on est tous dans la même situation. On ne fera pas moins de kilométrage que dans les dernières années. »
Jusqu’ici, cet éreintant calendrier n’a pas hypothéqué outre mesure les Remparts. Outre Conor Frenette (pied), tout le monde était sur la patinoire mardi. Pier-Olivier Roy portait toutefois un chandail vert signifiant qu’il ne pouvait s’entraîner avec contact. Son cas sera réévalué mercredi, mais sa présence au match de mercredi soir n’est pas certaine.
Dans le cas de Frenette, il a dû subir une intervention chirurgicale au pied, ce qui prolongera un peu sa réadaptation. Les Remparts espèrent pouvoir compter sur ses services pour le prochain voyage dans les Maritimes, prévu du 7 au 10 avril.
SOUTIEN À KOMAROV
Par ailleurs, les Remparts assurent que le défenseur russe Vsevolod Komarov se sent bien malgré la situation en Ukraine.
Patrick Roy a confirmé mardi que le joueur de 17 ans était en contact avec ses parents. Lundi, Lou-Félix Denis des Cataractes de Shawinigan a été suspendu cinq parties pour des commentaires déplacés en lien avec cette guerre émis à l’endroit du défenseur Evgenii Kashnikov des Olympiques de Gatineau. Un événement isolé, souhaite l’entraîneur responsable des défenseurs chez les Remparts, Benoit Desrosiers.
« La discrimination n’a pas sa place dans le monde. On parle avec Seva (Vsevolod Komarov), il n’a pas à vivre ça. Il est avec nous aujourd’hui. Il n’a pas décidé ce qui se passe présentement. Il est ici pour se développer comme joueur de hockey et il n’a pas à faire face à cette discrimination. »