«Réclamer l'abolition des armes de poing, c'est comme réclamer l'abolition de la pauvreté», selon un policier retraité
Agence QMI
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Depuis le mois de janvier, 350 armes à feu illégales ont été saisies par les policiers, et ce n'est que la pointe de l'iceberg, déplore un policier à la retraite.
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André Gélinas, qui a été sergent-détective au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), a expliqué à TVA Nouvelles que les armes illégales proviennent des États-Unis et rentrent par une frontière qui est poreuse ou par certains territoires autochtones, où le gouvernement n'intervient pas.
«Depuis plusieurs années, le gouvernement a ciblé les propriétaires légitimes d’armes à feu, alors qu’évidemment, c’est dans des proportions de moins d’un pour cent que ces armes-là sont impliquées», dit-il.
«Quand la mairesse de Montréal réclame haut et fort le bannissement des armes de poing, c’est comme réclamer l’abolition de la pauvreté, ça n’aura aucun effet. Les armes de poing qui sont utilisées dans des crimes, ce sont vraiment les armes qui proviennent de la frontière.»
André Gélinas note qu'il est primordial de contrôler l'arrivée d'armes au pays.
Plus d'effectifs pour lutter contre la violence
Après la fusillade dans Rivière-des-Prairies qui a fait trois morts, les politiciens ont annoncé que des effectifs seront dédiés à la circulation d’armes illégales, en lien avec la flambée de violence qu’on a vue récemment à Montréal et sa région.
La création d'une unité d'enquête conjointe est une excellente nouvelle, selon M. Gélinas. Il déplore cependant l'élimination de plusieurs équipes dans les services de police, dont l'équipe Éclipse. «Ces équipes faisaient beaucoup de récolte de renseignement qui permettaient aux unités d’enquête de saisir des armes à feu, soit après le fait, et souvent, en prévention, avant que ces armes à feu soient impliquées dans des crimes.»
André Gélinas se demande quels seront les effectifs impliqués.
«Est-ce que ces effectifs-là vont provenir d’unités de première ligne qui vont être dégarnies pour combler ces besoins-là? Il va falloir que ces budgets-là soient permanents, il va falloir qu’ultimement, il y ait de l’embauche. Si on essaie de faire des miracles avec les mêmes effectifs qu’on a qui sont déjà étirés au maximum, quelque chose va être découvert.»
M. Gélinas explique qu'il y a eu des coupes énormes au niveau des budgets de la police dans les deux dernières administrations municipales pour des raisons politiques.
«On a décidé d’éliminer ces unités-là qui étaient hautement efficaces. On récolte ce qu’on a semé, et ça a été le fruit de mauvaises décisions politiques, je tiens à le souligner. Les policiers savent très bien où est le problème et où il faut intervenir. À un moment donné, on ne peut pas faire plus avec moins.»