Omnium Banque Nationale à Montréal: Félix Auger-Aliassime éliminé dès le premier tour devant son public

Jessica Lapinski
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Si Félix Auger-Aliassime a vécu un rêve éveillé aux Jeux olympiques, son tennis s'était malheureusement endormi pour sa rentrée montréalaise, mercredi soir, sur le central de l'Omnium Banque Nationale.
En fait, après avoir joué une quantité phénoménale de matchs dans les derniers jours sur l'ocre de Paris, le Québécois a paru fatigué, très fatigué contre l'Italien Flavio Cobolli. Un joueur de 22 ans, 33e mondial et toujours en pleine ascension, qui l'a sorti 6-3 et 6-2 dès le premier tour.
«Je suis déçu, mais il faut que je sois réaliste», a soutenu un Félix qui semblait, justement, déçu mais réaliste en conférence de presse.
«Les derniers jours n'ont pas été faciles pour s'habituer aux conditions. Il est arrivé ce qui est arrivé, mais je ne vais pas trop m'en faire avec ce match-là.»

Une séquence rarissime
Il est vrai qu'Auger-Aliassime vient de vivre une séquence rarissime dans la carrière d'un joueur de tennis. À Paris, il a disputé 11 matchs en six jours.
En fait, les trois joueurs qui l'ont devancé en simple aux Jeux, le Serbe Novak Djokovic, l'Espagnol Carlos Alcaraz et l'Italien Lorenzo Musetti, ont tous choisi de faire l'impasse sur l'Omnium Banque Nationale.
Et ils n'avaient pas tous choisi de prendre part au double masculin et au double mixte en plus à Paris.

Félix, lui, se serait effectivement «davantage posé la question» pour savoir s'il devait jouer cette semaine si le tournoi qui suivait les Jeux n'avait pas eu lieu dans sa ville natale. «Mais en même temps, je suis un éternel optimiste», a-t-il pointé.
En plus de ces matchs, le joueur de 23 ans n'est arrivé à Montréal que dans la nuit de dimanche à lundi. Depuis, il a multiplié les rencontres médiatiques, les entraînements, les cliniques de tennis et disputé une rencontre de double.
Ces trois derniers points dans l'espoir de réussir avec succès sa transition de la terre battue au dur, une surface sur laquelle il n'avait plus disputé de matchs depuis mars dernier.

Tout le monde était endormi
Ce fut toutefois en vain, cette tentative de préparation: ce qui a été sa meilleure arme à Paris (et même, pas mal toujours dans sa carrière) l'a abandonné mercredi soir.
Avec seulement 46% de premiers services en jeu, il est quasiment impossible de gagner à ce niveau.
«Tous les autres aspects de mon jeu [...] expliquent aussi ce qui est arrivé, a regretté le 19e mondial. [...] Mais j'ai eu une très mauvaise soirée au service.»
Et en dépit de la vague d'amour qu'il a reçue de «son» public à son entrée sur le court vers 19h, devant des gradins pleins, «FAA» n'est jamais parvenu à sortir de sa torpeur. Il y a amené la foule avec lui, malgré quelques poings brandis après ses meilleurs coups de la rencontre.

Oui, il y a bien eu des «Go Félix!» et de prompts applaudissements quand la 14e tête de série a remporté le premier jeu de la seconde manche, sauf que le party n'a jamais levé, tout le monde semblant constater qu'il y avait peu d'espoir de voir le héros local l'emporter.
En fait, il n'a jamais eu l'occasion de lever, ce party: même Cobolli, récent finaliste à Washington, avait l'air d'un gars qui avait hâte d'aller se coucher.
Mais l'Italien a pris le chemin inverse pour y parvenir plus rapidement: il a multiplié les attaques, dont quelques-unes spectaculaires du coup droit.
Elle avait moins de tennis dans les jambes, la jeune raquette, malgré qu'elle ait aussi joué plusieurs matchs (cinq en autant de jours) dans la dernière semaine.

Une décision à prendre
Maintenant, Félix aura une autre décision à prendre. Sera-t-il au Masters de Cincinnati, la semaine prochaine, afin de se préparer pour l'US Open, ou prendra-t-il une semaine de repos pour être frais et dispo pour le dernier tournoi majeur de la saison?
«J'ai une semaine avant le début du tournoi de Cincinnati, a-t-il souligné. Je vais probablement y aller, et à l'approche du tournoi, je verrai comment je me sens.»
«C'est difficile, car il faut toujours trouver le bon compromis entre le repos et jouer des matchs dans les conditions du tournoi.»
En attendant, Auger-Aliassime célébrera son 24e anniversaire jeudi. Sans doute aurait-il préféré le faire sur le central de Montréal, en soirée.
Mais il a à jamais une belle médaille de bronze olympique pour le consoler.