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«Ç'a aidé Juraj psychologiquement»

Martin Chevalier / JdeM
Photo portrait de Anthony Martineau

Anthony Martineau

2024-01-17T12:15:40Z

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«Mon père m’a tout montré lorsque j’étais enfant. Quand j’avais des hauts, il était là. Quand j’avais des bas aussi. Il représente tout pour moi.» 

Il y a quelques semaines, c’est de cette façon que Juraj Slafkovsky décrivait à l’auteur de ces lignes l’impact qu’avait eu son père sur lui, ces 19 dernières années. 

L’imposant numéro 20 des Canadiens a utilisé des mots forts. Des mots qui veulent tout dire. 

Effectuons un petit retour dans le passé qui vous fera comprendre ce préambule non sportif. 

Le 11 novembre dernier, Juraj Slafkovsky compte deux points en 14 matchs. Si l'on exclut quelques flashs, le Slovaque semble perdu sur la glace. Malgré son gabarit, il est globalement inefficace dans ses batailles pour la rondelle. Il ne décoche pas de tirs. Il joue en périphérie. 

À ce moment, de plus en plus de gens militent pour que le premier choix au repêchage de 2022 soit envoyé dans la Ligue américaine. Plusieurs critiques à son endroit sont dures.

Arrive alors le 12 novembre. Juraj Slafkovsky senior, le papa de l’attaquant et Gabriela Slafkovska, sa mère, débarquent à Montréal. L’objectif, confie Juraj senior, est bien simple. 

«Nous voulions juste être avec lui le plus longtemps possible».

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«Nous avons soupé tous les trois, nous avons longuement discuté. Ce genre de choses normales que font des parents avec leur fils.»

«Je suis heureux qu’il ait enfin eu l’opportunité que mérite un premier choix au total» 

L’idée ici n’est pas de tomber dans le scénario hollywoodien, mais ces quelques jours en compagnie de papa et maman ont clairement allumé quelque chose en Slafkovsky.

Depuis la visite de ses géniteurs, tout, mais alors tout roule pour le patineur de 19 ans.

En fait, les chiffres et les événements parlent d'eux-mêmes.

Le 12 novembre, au terme d’une première journée avec ses parents, l’attaquant récolte la troisième étoile d’un match contre les Canucks où il tente, tenez-vous bien, 10 tirs au but. 

Martin Chevalier / JdeM
Martin Chevalier / JdeM

Lors du duel suivant, il récolte une passe, puis y va d’une performance de deux points (un but, une aide) quatre jours plus tard contre les Bruins, pendant que son père est dans les gradins du TD Garden à l’occasion du traditionnel voyage père-fils.

Depuis ce fameux 12 novembre, la progression de Slafkovsky a été telle que moins d’un mois plus tard, le 4 décembre, Martin St-Louis l'a jumelé à Nick Suzuki et Cole Caufield sur le premier trio des Canadiens. 

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En ce 17 janvier, il y est toujours et il est crédible d’avancer que retirer le jeune homme de cette unité, à l'heure actuelle, provoquerait un tsunami de déclarations incendiaires, chez les partisans. 

Comme les choses changent vite, parfois! 

«Je ne veux pas manquer d’humilité, mais je pense que notre visite l’a aidé psychologiquement», clame papa Slafkovsky, candide, confirmant lui-même la théorie émise en début de paragraphe. 

«En fait, ajoute-t-il, ça l’a carrément rafraîchi.»

Un père présent... de la bonne façon  

Il y a près d’un an, au moment où la première saison de Slafkovsky était terminée en raison d’une blessure au genou, Juraj senior avait confié à celui derrière la rédaction de cet article «qu’historiquement, son fils performait mieux lorsqu’on l’utilisait beaucoup». Il avait cependant ajouté être convaincu que les «dirigeants des Canadiens savaient ce qu’ils faisaient» relativement à la façon dont ils développaient son fils. 

Slafkovsky venait de conclure la campagne 2022-2023 avec un temps d’utilisation moyen de 12 min 13 s. 

Douze mois plus tard, le père de l’attaquant se réjouit de voir son garçon obtenir davantage de responsabilités (moyenne par match de 16:42 cette saison). 

«Je suis heureux qu'il ait enfin l'opportunité que mérite un premier choix au total. J’aime son évolution des dernières semaines. Je crois que le temps est proche où les statistiques parleront vraiment en sa faveur». 

Photo AFP
Photo AFP

Dans les dernières années, Alex Galchenyuk est un exemple très évocateur de joueur pour qui la présence trop importante du père fut néfaste. Le récit de la relation entre l’ancien troisième choix au total du CH (2012) et son papa en a d'ailleurs, avec raison, marqué plusieurs.

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Depuis, à toutes les fois où il est question d’un père et de son garçon dans la LNH, les partisans du Tricolore sont sur leurs gardes.

Mais rassurez-vous tout de suite : la dynamique entre Slafkovsky et son père n’a absolument rien de similaire avec le «cas Galchenyuk». Bien au contraire! Juraj senior joue certes un rôle important pour son garçon, à ses premiers pas dans la LNH. Sauf qu'il le fait comme un papa connaissant les limites de son implication et non comme un gérant d’estrade (ou de vie).

«Évidemment, ma femme et moi regardons tous les matchs des Canadiens. Nous avons un abonnement à NHL TV. Je crois n'avoir raté qu’un match en deux ans! Après les matchs, Juraj et moi, nous écrivons toujours quelque chose. Mais ce n'est vraiment pas grand-chose. Juste des observations de base sur le jeu ainsi que quelques critiques, si elles sont justifiées. Je sais cependant qu’il fera certainement plus attention à ce que Martin St-Louis lui dit et c’est parfait comme ça!»

Une nouvelle amitié avec papa Xhekaj? 

Tel que mentionné précédemment, Juraj senior a pu, le 18 novembre dernier, assister depuis Boston au match CH-Bruins, dans le cadre du voyage annuel père-fils, organisé par le Tricolore. 

Questionné sur la qualité de son expérience, notre interlocuteur n’a pas retenu ses bons mots.

«Ce fut très agréable. Ce voyage a été organisé de façon très professionnelle par le Canadien. Évidemment, le fait d’avoir pu assister à un but de Juraj a ajouté à la beauté du moment! C'était le premier but de sa part dans la LNH que je voyais en étant sur place. Et c'était aussi son premier match de deux points dans le circuit Bettman.»

Et avec qui Juraj senior a-t-il noué les plus beaux liens, parmi les autres papas?

«L'ambiance entre nous était très agréable et conviviale, répond-il d’abord. Mais c’est avec Jack Xhekaj et Novica Kovacevic que j’ai tenu les plus longues conversations. Ils sont eux aussi originaires d'Europe. Cela dit, j'ai aussi discuté avec les pères de Suzuki, Monahan et Dvorak.»

Traduction libre: Juraj senior n'a aucune difficulté à tisser des liens de qualité avec autrui. 

C'est l'une des nombreuses choses qu'il a enseignées à son fils. 

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