Buts controversés en séries : la LHJMQ veut ajouter des caméras dans ses amphithéâtres
Le projet entrerait en vigueur dès la saison prochaine


Kevin Dubé
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La LHJMQ planche actuellement sur un projet visant à ajouter des angles de caméras dans les amphithéâtres du circuit à partir de la saison prochaine afin, entre autres, de réduire le nombre d’appels controversés comme ceux qui sont survenus dans les dernières semaines à travers la ligue.
Le directeur des opérations de la LHJMQ, Pierre Leduc, est à pied d’œuvre depuis plusieurs mois afin d’évaluer les meilleures options. En ce moment, la ligue exige au minimum que chaque amphithéâtre compte sur quatre caméras : une au-dessus de chaque filet, une autre au centre, face aux bancs des équipes, pour la diffusion web et une autre, à l’opposé de cette dernière, qui sert aux entraineurs et dont les images sont celles rendues disponibles sur les tablettes qu’ils ont derrière le banc.
Le projet, toujours en analyse de coûts et qui devra être approuvé par l’Assemblée des membres lors de leur prochaine rencontre en juin, vise principalement l’ajout de caméras ainsi que de tablettes disponibles aux officiels directement sur la patinoire et leur offrant une multitude d’angles. Ces reprises serviraient non seulement pour les révisions de buts, mais aussi dans des cas de pénalités majeures ou d’incidents pouvant avoir un impact direct sur le résultat d’une rencontre.
« Le projet est sur la table à dessin mais il y a une chose qui est claire : ce n’est pas parce qu’on va investir une bonne somme d’argent qu’il n’y aura pas encore des appels non-concluants. Il faut que ce soit clair pour nos équipes », estime Leduc, qui avait commencé à travailler sur ce projet il y a quelques années, la pandémie y ayant toutefois mis un frein.
« Une partie du problème »
Il faut le reconnaître, les événements des dernières semaines ont démontré les limites des outils technologiques dont dispose la LHJMQ, notamment lors du but refusé au Drakkar de Baie-Comeau en prolongation du match no. 7 face aux Wildcats de Moncton. Après le match no. 1 de la série contre les Remparts, vendredi dernier, Serge Beausoleil avait aussi déploré ce manque technologique dans la ligue après qu’un but qui aurait fait 4-4 leur eut été refusé.
« La technologie, c’est une partie du problème, concède le directeur de l’arbitrage dans la LHJMQ, Richard Trottier. En ce moment, dès qu’on zoom depuis la caméra centrale pour voir quelque chose qui se passe au filet, je perds l’image. Elle devient floue. Si d’en haut je vois une situation, comme une rondelle touchée plus haut que la hauteur permise, mais qu’aucune reprise ne peut le prouver, je ne peux rien faire. Ça prend une preuve. »
Toutefois, comme Pierre Leduc, il tient à dire que ça ne règlera pas tout.
« On ne fera jamais des heureux à 100%. À chaque match, à la fin, ce qu’on regarde c’est si les arbitres ont été juste avec les deux équipes. On sait qu’ils vont manquer des appels.
« La reprise vidéo ne changera pas tout. En bout de ligne, c’est l’arbitre qui décide. Oui, peut-être qu’on va se tromper, mais il faut prendre une décision basée sur le jugement de l’arbitre et les images qu’on a sous la main. »
Flou autour du règement d'obstruction sur le gardien
Les différentes controverses récentes ont majoritairement été causées par des appels d’obstruction sur le gardien. Les dirigeants du circuit ont souvent plaidé que ce règlement – qui n’est appliqué qu’en séries éliminatoires puisqu’il s’agit du seul moment de l’année où des superviseurs sont présents à tous les matchs – n’est pas clair.
Trottier concède qu'il y aura toujours une zone grise réservée au jugement des officiels, mais assure que les équipes ont été bien averties en début de séries.
« On leur a dit : "l’aiguille va pencher du côté des gardiens de but. Dites à vous joueurs d’éviter les contacts et d’être dans le demi-cercle parce que nos décisions vont pencher en faveur du gardien." »
Qui est imputable ?
L’une des questions qui est revenue à maintes reprises depuis quelques semaines est sur l’imputabilité des officiels. Le fait que l’arbitre à l’origine de l’appel controversé à Moncton ait été de retour dans la série suivante avait soulevé des questionnements.
Les arbitres sont-ils imputables de leurs décisions, donc ?
« Ils sont imputables au niveau du manquement des règles de jeu. S’ils appliquent la mauvaise règle, ça ne pardonne pas. Par contre, s’ils ont rendu un jugement et que dans le contexte, c’était le bon, je ne vais pas leur faire payer le prix. C’est arrivé dans le passé qu’on a retiré un arbitre après une décision qu’on ne comprenait pas. »
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Richard Trottier sur...
... le but refusé au Drakkar en première ronde
Difficile d'être impartial, mais je me demande bien comment ce but a pu être refusé! Bravo aux gars du Drakkar pour leur détermination durant les séries, de vrais Vikings. @DrakkarBAC pic.twitter.com/3zLoKlZ0de
— Jeremy Grégoire (@JayGreg32) April 12, 2023
« On peut critiquer l’arbitre d’avoir été bien positionné ou pas mais, ironiquement, dans sa mauvaise position, il était bien placé pour voir le joueur de Baie-Comeau foncer au filet. Il n’a pas hésité et a refusé le but en disant que le joueur avait piqué son bâton entre les jambières du gardien. En haut, on n’a pas été capable de voir si c’est en poussant sous les jambières que la rondelle a pénétré ou s’il elle l’aurait fait quand même. Sur la reprise, on voyait le bâton mais pas la rondelle. Je trouve ça plate, mais si je renverse, je dois expliquer à l’autre équipe pourquoi et on n’avait aucune reprise concluante. »
... le but refusé aux Huskies contre Gatineau en deuxième ronde
Obstruction, mon oeil. C'est du vol ça!#LHJMQ @HuskiesRN @KobeBlais pic.twitter.com/I4mmKe3My9
— Jean-François Vachon (@jf_vachon76) April 19, 2023
« Quand l’arbitre est venu en haut, on lui a demandé s’il avait vu que le bâton du joueur de Rouyn-Noranda bloquait celui du gardien de Gatineau et la réponse était non. C’était donc à nous de prendre la décision. Est-ce qu’on aurait pu étirer notre raisonnement ? Oui. On a peut-être erré mais on a avisé les équipes que la priorité était la protection des gardiens. »