Butler arrêté au neuvième round

Ian Gauthier
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Le Québécois Patrice Volny s'est imposé par arrêt de l'arbitre au neuvième round devant son compatriote Steven Butler, jeudi, en grande finale du gala d'Eye of the Tiger Management tenu au Casino de Montréal.
Volny met ainsi la main sur la ceinture WBC francophone des poids moyens, qui était précédemment vacante.
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Pour la deuxième fois en quelques semaines, le public du Casino a été bien servi par un combat local, alors que les deux Montréalais n'ont pas été particulièrement portés sur la défensive au cours de cet affrontement.
Malgré les «Volny, Volny, Volny» tonitruants lancés par une partie du public tout au long du combat, mais spécialement au début, Butler (34-5-1, 28 K.-O.) a certainement été de tous les échanges dans les premiers rounds de l’affrontement.
Butler a cependant commencé à céder du terrain au quatrième assaut, étant atteint par plusieurs coups qui auraient envoyé d’autres hommes au tapis.
Volny (19-1-0, 12 K.-O.) a continué à prendre l’avantage, graduellement, à partir de ce moment-là. Au huitième round, Butler accusait une évidente perte de rythme devant la technique et la précision de son adversaire.
Mitraillé lors de la neuvième reprise, Butler persistait à rester debout, mais donnait de moins en moins de réponses aux attaques de son rival. Avec quelques secondes à disputer, alors que le boxeur de 28 ans ne faisait qu’encaisser, l’arbitre Alain Villeneuve en avait assez vu. Butler subissait ainsi une cinquième défaite par mise hors de combat dans sa carrière.
«Je suis fait solide, il n’y a pas grand-chose qui peut me casser», a déclaré Volny, après le combat, ajoutant que sa puissance «ne peut pas être sous-estimée».
«On frappe fort, a-t-il poursuivi. Si quelqu’un pense qu’on ne frappe pas fort, vous n’avez rien compris.»
Le pugiliste de 34 ans a beau faire une belle carrière, il estime qu’il n’est pas assez connu au Québec.
«Je pense qu’aujourd’hui, ça va porter les gens à peut-être avoir un certain attrait pour mon nom, pour ma carrière, pour la manière dont je boxe, a-t-il affirmé. Et peut-être que ça va m’ouvrir d’autres portes.»
«Notre but, c’est de se rendre au top, a également mentionné Volny, qui grimpera certainement dans les classements après cette victoire. On voulait commencer par le Québec et le Canada, on l’a fait aujourd’hui, et maintenant on peut passer à autre chose.»
Un choix critiqué
Butler, de son côté, a avalé de travers la décision de l’arbitre de mettre fin aux hostilités au moment où il l’a fait.
«Je suis beaucoup déçu de l’arrêt de l’arbitre, je sais qu’on était dans un gros combat, c’était serré», a-t-il avoué.
«Quand il (Volny) me touchait bien, il m’essayait dans le fond, mais je n’ai jamais été en difficulté au point de m’arrêter, c’est pourquoi je me suis fâché un peu après l’arbitre», a-t-il ajouté.
Butler a néanmoins admis qu’il s’était un peu battu lui-même.
«J’ai été un peu orgueilleux en voulant me battre avec, j’aurais pu bouger un peu plus, utiliser plus mes jambes, j’aurais pu le "jabber", bouger ma tête, le boxer un peu plus», a-t-il regretté.
Une suite nébuleuse
Butler aimerait avoir un combat revanche, affirmant que Volny lui avait dit qu’il était prêt à lui en accorder un.
Mais le camp Volny, durant son point de presse, semblait moins convaincu.
«On va voir à ça, je pense qu'on va passer à autre chose», a indiqué son entraîneur, Éric Bélanger.
«Le combat ici, c'était pour nous classer et aller chercher autre chose, a-t-il précisé. Si nos chemins se croisent de nouveau et qu'il le faut, absolument. On ne va pas refuser le combat.»
Quel avenir pour Butler?
Les deux hommes devaient se servir de ce combat comme tremplin vers un retour dans l’élite mondiale. C’est évidemment réussi pour Volny. Mais pour Butler, que reste-t-il à faire?
«Pour être réaliste, ça va être très difficile de remonter au championnat du monde après une défaite comme celle-là», a admis son promoteur et grand patron d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan.
Butler, lui, restait positif.
«Dans ma tête, je suis loin de me dire que j'ai perdu et que c'est fini», a-t-il affirmé.
«Je ne prends pas ça comme une vraie, vraie défaite, a-t-il ajouté. On a livré une bonne guerre. Félicitations à Volny, il a fait du beau travail.»