Brind’Amour ne fait pas de secret sur les intentions des Hurricanes


Marc de Foy
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Comme on dit en bon québécois, les Hurricanes entrent dans le corps du Canadien. Ils frappent tout ce qui bouge de chandails bleu-blanc-rouge. Les plus grands comme les plus petits.
Après trois matchs, ils totalisent 127 mises en échec contre 68 pour le Tricolore et ils ne se gênent pas pour envoyer Lane Hutson et Alexandre Carrier dans le décor.
C’est à se demander si les deux défenseurs auront encore tous leurs morceaux à la fin des séries.
D’ailleurs, tout le monde se demande s’il reste de l’essence dans le réservoir du Canadien. Il semble bien que les Hurricanes soient en train d’épuiser leur adversaire à l’usure.
La recette des séries
Le sujet a été amené sur le tapis pendant le point de presse de Rod Brind’Amour, mardi.
« Trois matchs ont été disputés et notre attention se porte maintenant sur le prochain. On va étudier comment on peut ajuster notre jeu.
« On se concentre davantage sur notre jeu que celui du Canadien. Évidemment, on veut épuiser l’adversaire. La méthode s’inscrit dans le jeu des séries. Tout le monde joue dans cet état d’esprit à ce stade de l’année. »
Tout joueur et tout dirigeant vous diront que ce sont la résilience et la force de caractère qui conduisent à la Coupe Stanley.
Les Panthers de la Floride en ont fait une nette démonstration au cours des deux dernières années. Certains diront qu’ils ont dépassé souvent la limite de la légalité, mais c’est accepté en séries.
Les arbitres ont le sifflet plus leste.
Le Canadien : équipe de l’avenir
Tout le monde conviendra que l’issue des deux derniers matchs ne se serait jamais jouée en prolongation sans les prouesses de Jakub Dobes. Or, la balance aurait pu aussi bien pencher en faveur du Canadien et Brind’Amour est le premier à la reconnaître.
« C’est 2 à 1 en notre faveur, mais les deux derniers matchs auraient pu aller d’un côté comme de l’autre. Le Canadien mise sur de jeunes joueurs, mais on en compte aussi de notre côté.
« Le Canadien ne fait que commencer à montrer ce qu’il va devenir. C’est une bonne équipe qui va devenir meilleure dans les prochaines années. »
Rester alerte en étant peu occupé
Pendant que les Hurricanes contrôlent la rondelle le plus clair du temps, leur vétéran gardien Frederik Andersen doit, quant à lui, rester alerte.
Les gardiens, c’est connu, préfèrent recevoir plus de tirs. Anderson n’a eu qu’à faire face à 25 lancers au cours des deux rencontres, soit 12 lors du match numéro 2 en Caroline et 13 lors du match numéro 3 au Centre Bell.
« Cela fait partie de la vie d’un gardien. Tu apprends à composer avec ça avec le temps et l’expérience. Notre équipe tire beaucoup en direction du filet adverse et applique beaucoup de pression en zone offensive.
« En tant que gardien, je peux demeurer actif en aidant mes défenseurs. Je me recentre lors de chaque sifflet. Je reste concentré », a expliqué le gardien d’origine danoise.
Reconnaissant d’être là
Le bonhomme n’est pas nerveux, il a vu neiger.
Sa victoire de lundi était sa 10e dans les présentes séries, cap qu’il n’avait pas atteint depuis 2015 alors qu’il portait les couleurs des Ducks d’Anaheim.
Cette année-là, ces derniers étaient venus à une victoire de passer en finale de la Coupe Stanley, étant éliminés en sept matchs de la finale de l’Association de l’Ouest par les Blackhawks de Chicago, éventuels champions de la grande finale.
Andersen a connu d’autres bons moments ensuite avec les Ducks puis avec les Maple Leafs de Toronto. Or, dans les deux cas, les séries furent de courte durée, les deux équipes n’étant jamais allées plus loin qu’au premier tour.
À ses quatre premières saisons en Caroline, les Hurricanes ont été éliminés deux fois au deuxième tour et deux fois en finale d’association par les Panthers, de qui ils semblent avoir appris des choses.
Andersen a eu à surmonter des blessures au cours de cette période, de sorte qu’il apprécie pleinement les moments qu’il vit ce printemps.
« Je suis reconnaissant d’avoir cette chance. J’ai traversé beaucoup d’épreuves au fil des années, mais je suis heureux d’avoir pu jouer aussi longtemps. Les joueurs rêvent de jouer à cette période de l’année. C’est spécial », a dit Andersen.