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Bravo au puissant lobby québécois du curling!

Photo fournie par Minuit Moins Une et CCM2
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2024-11-21T14:26:07Z

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Les contribuables de la Ville de Québec vont verser 52 666$ à chaque joueur régulier de curling de la région pour qu’ils aient un nouveau centre formidable qui servira aussi pour les Jeux du Canada. 

Il y a 750 joueurs réguliers de curling à Québec et le centre coûtera 39,5 M$. La facture de ce centre sera entièrement assumée par les contribuables de la ville de Québec, puisque le gouvernement Legault a refusé de verser une subvention qui pouvait atteindre 20 M$.

Ce sera le nouveau paradis du curling et il servira pour la présentation des Jeux du Canada en 2027. Situé sur la rue des Rocailles, derrière le supermarché Avril de la rue Bouvier, il y aura huit allées, un système de chauffage par géothermie, un toit vert, des aires de repos, un bar, une cuisine et un stationnement écologique.

La construction débutera au printemps prochain et devra se terminer en janvier 2027. Les retards et les imprévus ne sont donc pas des options en raison de la tenue de la compétition canadienne, ce qui permet de s’inquiéter sur des dépassements de coûts. Il y a sept mois, le coût évalué était de 28 M$, en passant.

Cadillac 

Les intervenants du curling à Québec parlent d’un des «meilleurs» centres «au monde» et de la «Cadillac» des centres de curling.

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Le calcul mathématique est simple. Si on prend les 750 joueurs et qu’ils jouent chacun pendant 1 h 30, Ça veut dire que presque tous les joueurs réguliers de la région pourront jouer au moins une fois par jour.

Et ce, sans compter les trois autres centres de la région.

D’autres projets de la Ville seront retardés pour assurer la construction de ce centre dans les temps.

Il y a une belle effervescence concernant l’organisation des Jeux du Canada. Et après toutes les critiques de la population devant la subvention pour les Kings, la Formule 1 et la PGA, ce serait mal vu de dénoncer l’octroi de fonds publics pour le sport amateur.

Mais celle-là, honnêtement, me laisse dubitatif dans le contexte difficile des finances publiques, dans le contexte de plusieurs de nos arénas qui en arrachent aussi, dans le contexte de plusieurs athlètes de nos athlètes de niveau olympique dans d’autres sports qui paient pour leurs compétitions, dans le contexte que c’est mission impossible d’inscrire nos enfants à des cours pour apprendre à nager à Québec... Et je pourrais continuer.

Bravo au lobby du curling 

Je suis bien heureux pour les joueurs de curling et les organisateurs des Jeux du Canada. C’est un coup de maître d’avoir convaincu la Ville. C’est un «choix politique», a confirmé le maire de Québec, Bruno Marchand. Mais j’ai de la misère à comprendre ce choix. Malgré les critiques, il l’assume et souligne qu’il le referait.

Le conseiller municipal de l’équipe du maire, Jean-François Gosselin, a lancé que Québec «pourra avoir un sport-étude de qualité digne de ce nom» et qu’on allait développer de futurs champions.

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Je ne comprends pas trop. J’ai vérifié. Il n’y a pas de sports-étude curling au Québec. Il y en a en racquetball, squash, ping-pong, escrime, haltérophilie et handball. Mais pas en curling. Je peine à croire que c’est un besoin urgent.

Plusieurs vont me taxer de ne pas m’intéresser au curling pour écrire de telles sottises. Mais la réalité, c’est que le curling, ça ne marche pas fort au Québec. On y compte 10 700 joueurs réguliers, ce qui représente 7% au pays. Pour les joueurs occasionnels (10 000 à Québec et 100 000 au Québec), c’est environ 5%. Et ça ne varie pas énormément depuis quelques années. C’est populaire le curling au Canada, mais pas tant que ça au Québec pour la pratique. C’est un fait.

Une ville active 

Le message de la Ville de Québec, c’est qu’on veut être une ville active. C’est génial. Mais j’ai des doutes que 39,5 M$ pour le curling soient ce qui sert le mieux cette idée. Peut-être que ça va soudainement créer un énorme engouement pour le curling. Ce serait fantastique. Mais je crains que non.

Une raison importante, aussi, c’est que la construction de ce centre semble être une condition pour tenir les Jeux du Canada.

C’est vraiment super que Québec organise ça pour la première fois depuis 1967. C’est toujours des plus petites villes qui le font.

À deux ans et demi de l’évènement, la facture atteint jusqu’ici 60 M$ pour Québec. Le dernier endroit à avoir présenté les Jeux d’hiver du Canada, c’est l’Île-du-Prince-Édouard et ç’a coûté 63 M$. La ville précédente, c’était Red Deer, en Alberta. Ç’a coûté 68 M$.

Le maire évaluait les retombées économiques à 200 M$ en avril dernier. Cette semaine, il a souligné en conférence de presse que c’était plutôt 115 M$. C’est quand même souvent surprenant et spectaculaire, les calculs pour les estimés des retombées économiques.

– Avec les informations de Stéphanie Martin, Curling Québec et Curling Canada.

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