Brady Tkachuk carbure au rôle de vilain


Stéphane Cadorette
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Depuis toujours à la lutte, il y a les gentils et les méchants. Ce n’est pas si différent au hockey et le capitaine des Sénateurs, Brady Tkachuk, se plaît dans le rôle de vilain, détesté dans 31 villes, mais adulé à Ottawa.
Tkachuk a fait connaissance avec le public de Québec dans la victoire des siens face aux Sénateurs, dimanche. Malheureusement, il n’est pas de l’alignement des Sénateurs, mardi, face au Canadien.
La salle comble de plus de 18 000 spectateurs au Centre Vidéotron aurait sans doute été fortement énergisée par la présence de la peste, qui a le don de jouer dans la tête de ses adversaires.
Tkachuk a tout de même rencontré les médias en matinée après un entraînement, et lorsqu’on lui a demandé s’il se plaisait dans la peau du mauvais garnement de service, il ne s’est pas défilé.
«C’est un compliment si les partisans des autres équipes ne se rangent pas derrière toi et qu’ils te font entendre des huées», a-t-il répondu.
«Je ne me concentre pas sur ces choses-là et tout ce que je souhaite, c’est qu’en situation de match, les gestes que je pose nous apportent du succès, même si plusieurs personnes n’apprécient pas. Quand je vois que des choses négatives se disent à mon sujet, ça signifie généralement que j’ai fait quelque chose de bien», a-t-il poursuivi.
Un leader apprécié

Les partisans québécois du Canadien trouveront certainement dans ses propos une raison additionnelle de déverser leur fiel sur Tkachuk. Déjà qu’ils ne portent pas dans leur cœur l’auteur de 29 buts la saison dernière, qui a toujours le don de se mettre le nez dans le trafic.
Tant pis pour eux, assurent les joueurs des Sénateurs. Dans ce vestiaire, celui qui a connu trois saisons de suite de 30 buts ou plus de 2021-2022 à 2023-2024 semble tout simplement vénéré.
«Il excelle dans le rôle du vilain. Quand il est vraiment dans le coup, il joue de manière tellement émotive, parfois même trop, mais il se maîtrise mieux à ce niveau-là. Il a une façon de jouer qui me permet d’avoir plus d’espace sur la glace», a louangé Tim Stutzle, meilleur pointeur des siens la saison dernière.
«Il est toujours impliqué quand le jeu devient plus sale. Il adore être dans la face des autres équipes. Tu le veux définitivement de ton bord. Il a le don de crinquer les gars et c’est un vrai bon leader», a renchéri Dylan Cozens.
Une personne «spéciale»
Le style fougueux de Brady Tkachuk, comme celui de son frère Matthew, est connu depuis plusieurs années des férus de hockey.
Son coéquipier Jake Sanderson, qui était aussi à ses côtés à la Confrontation des 4 nations, estime que c’est dans ce tournoi que sa popularité a explosé, notamment lorsqu’il a jeté les gants face aux Canadiens.
«C’était son “coming out party” [moment de révélation], a lancé le défenseur. Les gars à travers la ligue le connaissaient bien, mais les partisans du monde entier ont vraiment découvert son style de jeu et ce dont il est capable.»
Et même si Tkachuk se plaît autant à picosser ses rivaux qu’à marquer des buts, ses coéquipiers parlent unanimement de lui comme du meilleur gars du monde.
«Dans des matchs où la tension monte, surtout dans la rivalité face au Canadien, on peut voir qu’il a son petit sourire au visage. Il s’amuse avec ça, mais en même temps, c’est beaucoup de pression sur ses épaules, par moments. C’est impressionnant de voir à quel point il compose bien avec tout ça. Il est une personne spéciale», a lancé Sanderson.
Heureux d’être à Québec

On ne saura donc pas si les fervents du Canadien à Québec auraient hué à pleins poumons Tkachuk, mais qu’ils se le tiennent pour dit, le capitaine des Sénateurs a adoré son séjour dans la région de son coéquipier Thomas Chabot.
«J’ai l’impression d’être installé ici depuis un mois. C’est tellement cool! C’est une très belle ville et il y a plein de bons restaurants.
«C’est un moment très spécial pour “Chabby”, mais aussi pour nous tous. Il est une partie importante de notre équipe et on a pu découvrir où il a été élevé. Il a toujours été rassembleur. Dans mon cas, il m’a accueilli dès le jour un», a mentionné Tkachuk, qui était de ceux qui ont accompagné Chabot à son école primaire à Sainte-Marie-de-Beauce, lundi matin.