Boycottage de produits américains: des Québécois pourraient en subir les contrecoups

Louis Deschênes
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Des entreprises américaines qui emploient des centaines de travailleurs québécois pourraient souffrir d’un appel au boycottage comme suggéré sur certains médias sociaux.
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Kraft Heinz Canada a été l’une des premières à lever la main, expliquant que le boycottage de ses produits viendrait fragiliser la filiale canadienne de Kraft Food group fusionnée avec Heinz en 2015, dont la maison mère est à Chicago.
«À l’usine de Montréal, c’est 1000 familles que leurs emplois dépendent des Québécois et des Canadiens. C’est important que les gens sachent ça», mentionne au Journal le président de Kraft Heinz au Canada, Simon Laroche.
Ce dernier rappelle qu’à l’échelle du pays, Kraft Heinz est l’un des plus grands fabricants de produits alimentaires, ce qui a un impact majeur sur l’économie.

«Nos fournisseurs autour de l’usine de Montréal, ce sont des retombées économiques de centaines de millions de dollars pour eux [...] On est également le plus grand acheteur de tomates en Ontario», souligne M. Laroche.
Des institutions
Dans la grande région de Québec, des institutions seraient également touchées si, d’un coup, les Québécois décidaient d’ignorer la liqueur Pepsi et les croustilles Lay’s, ciblées dans la liste des produits américains à remplacer qui est devenue virale sur Facebook.
Pepsi Alex Coulombe, une entreprise de quatrième génération qui fêtera ses 120 ans de fondation cette année, pourrait en subir les contrecoups.
Selon les dernières données, près de 400 personnes travaillaient dans les installations de Québec et de Trois-Rivières.
À Lévis, l’usine Frito-Lay, une filiale de PepsiCo qui produit les croustilles Lay’s et Ruffles, est l’un des plus importants employeurs de la Rive-Sud avec 400 travailleurs.
En 2022, le gouvernement du Québec avait versé une subvention de 3 millions $ au géant américain PepsiCo, qui a investi 130 millions $ à Lévis.
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Appel à la prudence
L’économiste et agronome de l’Université McGill Pascal Thériault prévient que la prudence est de mise, malgré la bonne foi des Québécois qui veulent répondre aux menaces de Donald Trump.
«Il faut être très prudent. Est-ce qu’on peut se questionner comme consommateur pour faire les bons choix? Ça oui, c’est certain, mais faut penser aux impacts. Souvent, ces entreprises [visées] ont des usines qui transforment localement», constate-t-il.
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