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Bombes à fragmentation: Biden épargne la Russie

Photo courtoisie, Wikipédia
Photo portrait de Normand Lester

Normand Lester

2023-07-12T04:00:00Z

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Le Canada et plusieurs autres pays ont annoncé qu’ils n’enverraient pas d’armes à sous-munitions à l’Ukraine même si les États-Unis ont décidé de le faire. 

Joe Biden s’est défendu en disant que sa décision avait été difficile à prendre, mais nécessaire, soulignant que l’Ukraine l’avait assuré que les bombes à fragmentation ne seraient pas utilisées contre des cibles en Russie.

Ah bon! Elles ne seront donc dangereuses que pour les civils ukrainiens surtout dans les zones occupées par les Russes. Comme le souligne la Cluster Munitions Coalition (CMC), la décision américaine «contribuera à de terribles pertes civiles ukrainiennes à la fois immédiatement et pour les années à venir».

Selon Human Rights Watch (HRW), l’Ukraine et la Russie utilisent déjà des bombes à fragmentation avec des effets dévastateurs. Lorsque des enquêteurs de HRW se sont rendus l’année dernière dans la ville d’Izium, dans l’est de l’Ukraine, ils ont découvert qu’une bombe à fragmentation utilisée par Kyiv avait tué au moins huit civils et blessé 15 autres. Le 24 février 2022, une arme à sous-munitions – russe cette fois – a éclaté devant un hôpital à Vuhledar en Ukraine, tuant quatre civils et en blessant dix.

Des pollutions mortelles à retardement

Les armes à sous-munitions peuvent mutiler et tuer des civils des années après la fin des hostilités, se propageant sur une vaste zone et dormant jusqu’à ce des personnes entrent en contact avec elles.

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Le Canada, comme plus de 120 pays, a signé la Convention sur les armes à sous-munitions pour interdire leur production, stockage, transfert, utilisation et pour assurer leur élimination. Les États-Unis, la Russie et l’Ukraine n’ont pas signé l’accord.

Ces armes ont été utilisées dans pratiquement tous les conflits armés depuis la Seconde Guerre mondiale avec de terribles conséquences pour les populations.

La première utilisation de ces bombes a eu lieu en 1943 lorsque les forces soviétiques ont largué des armes à sous-munitions sur les forces allemandes à bataille de Koursk en Russie. L’Allemagne de son côté a lancé 1000 «bombes papillon» sur la ville portuaire de Grimsby, dans le nord-est de l’Angleterre.

Lors de leur intervention en Indochine entre 1965 et 1973 les Américains en ont utilisé au Laos, au Cambodge et au Vietnam larguant 413 130 tonnes d’armes à sous-munitions au-dessus de ce pays. Des munitions de guerre non explosées y ont fait plus de 100 000 victimes civiles depuis la fin des hostilités.

La Croix-Rouge internationale estime que 80 millions de sous-munitions ont été répandues sur le Laos y faisant encore aujourd’hui 300 victimes par an.

HRW évalue que durant la guerre du Golfe de 1991, les États-Unis et leurs alliés ont utilisé 61 000 bombes à fragmentation contenant 20 millions de sous-munitions soit «environ un quart des bombes larguées sur l’Irak et le Koweït».

Toujours selon HRW les États-Unis ont largué 1228 bombes à fragmentation contenant 248 056 projectiles explosifs en Afghanistan pour la seule période entre octobre 2001 et mars 2002 au début de leur intervention dans ce pays.

Victimes: surtout des civils et des enfants

Et il y a aussi les mines antipersonnel. Le Canada a parrainé en 1997 le traité – appelé la Convention d’Ottawa – sur leur interdiction et leur destruction signé par 164 États. Là encore, les pays les plus belligérants de la planète, dont les États-Unis, la Russie et la Chine, n’ont pas signé la convention.

Chaque année, les mines font aussi des milliers de morts et de blessés. La plupart sont des civils, dont une moitié d’enfants. Comme pour les bombes à fragmentation, il y a des centaines de milliers de mines qui ont été laissées sur place à la fin de conflits depuis des décennies.

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