Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken devait défendre lundi le retrait d'Afghanistan mis en oeuvre par Joe Biden, assurant que les États-Unis s'étaient préparés aux pires scénarios devant un Congrès dont de nombreux élus dénoncent au contraire l'impréparation du gouvernement américain.
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Selon son discours distribué à l'avance aux médias, il devait préciser que Washington n'avait cessé d'«évaluer» la capacité du gouvernement afghan à «rester au pouvoir».
«Même les analyses les plus pessimistes n'avaient pas prévu l'effondrement des forces gouvernementales à Kaboul avant le retrait des forces américaines», devait-il affirmer aux élus de la Chambre des représentants, avant de répondre mardi aux questions des sénateurs.
«Pour autant, devait-il insister, nous nous sommes préparés à un grand nombre de scénarios», ce qui a permis selon lui de mettre en oeuvre une gigantesque évacuation d'urgence d'Américains, étrangers et Afghans susceptibles de subir des représailles de la part des talibans de retour au pouvoir.
«L'évacuation était un effort extraordinaire, dans les conditions les plus difficiles que l'on puisse imaginer, de la part de nos diplomates, militaires et agents de renseignement», devait-il plaider.
Le président Biden, décidé depuis longtemps à mettre fin à la plus longue guerre de l'histoire américaine, avait confirmé au printemps le retrait total des forces étrangères d'Afghanistan prévu dans un accord conclu avec les talibans sous le mandat de son prédécesseur Donald Trump.
Biden face à une situation complexe
Selon Antony Blinken, du fait de cet accord hérité du milliardaire républicain, Joe Biden était face à une situation complexe lors de sa prise de fonctions en janvier 2021. «Les talibans étaient plus forts militairement que jamais» depuis les attentats du 11 septembre 2001 qui avaient déclenché l'intervention occidentale, tandis que l'armée américaine n'avait jamais eu aussi peu de militaires sur place.
Le dirigeant démocrate était donc confronté au choix suivant: «Mettre fin à la guerre ou engager une escalade».
«Rien ne montre que rester plus longtemps aurait rendu les forces de sécurité afghanes plus résilientes ou autonomes», devait estimer son secrétaire d'État.
Si le départ d'Afghanistan était défendu par une grande part de la classe politique américaine, sa mise en oeuvre par le gouvernement Biden est critiquée de toutes parts.
Le département d'État, dirigé par Antony Blinken, est notamment accusé de n'avoir pas fait suffisamment, dans les mois avant la date butoir du 31 août, pour évacuer les ressortissants américains et les Afghans ayant travaillé pour les États-Unis, jugés vulnérables en cas de retour des talibans au pouvoir.
