Blessure et pandémie: «Ce fut difficile de ne pas perdre le Nord»


Richard Boutin
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PARIS François Gauthier-Drapeau sursaute quand on lui dit qu’il a finalement percé sur la scène internationale cette année.
Victime d’une déchirure d’un ligament croisé antérieur en 2019 et sur la touche en raison de la COVID-19 en 2020 et 2021, le judoka natif d’Alma n’a pas tardé à s’illustrer quand il a pu en découdre avec l’élite de son sport.
«Quand j’ai enfin eu ma chance, je l’ai prise, a-t-il résumé. C’est la raison pour laquelle je suis devenu bon. Ce fut difficile de garder des objectifs en tête pendant la pandémie parce que je ne pouvais pas m’entraîner contrairement aux athlètes déjà identifiés pour Tokyo.»
«Nous avons été mis de côté, exclus, et on ne se sentait pas dans la gang, de poursuivre Gauthier-Drapeau. Ce fut difficile de ne pas perdre le Nord. Je me suis entraîné fort pendant la pandémie. Je ne suis pas devenu bon du jour au lendemain. Certains ont l’impression que je viens d’apparaître dans le décor, mais ce n’est pas le cas.»
Un objectif élevé
À ses premiers Jeux, le futur ingénieur à l’instar de ses parents ne jouera pas les touristes. «Pour Paris, je ne suis pas seulement satisfait de m’être classé, mais je vise une médaille, a-t-il affirmé. Chez les 81kg, les meilleurs peuvent tous aspirer à faire le podium. Il n’y a pas un gars dominant. Une seule erreur te coûte le combat.»
Gauthier-Drapeau évolue dans la même catégorie que son entraîneur Antoine Valois-Fortier qui a participé à trois Jeux olympiques et remporté le bronze à Londres en 2012.
«Ça représente un avantage, a-t-il indiqué. Antoine connaît tous mes adversaires et il peut me donner des trucs.»
Valois-Fortier aime l’attitude de son protégé. «C’est un bagarreur du Lac-Saint-Jean, a-t-il illustré. Il a rencontré beaucoup d’adversité et il n’a pas abandonné. Il connaît une belle progression depuis deux ans et demi. Ce n’est plus le petit nouveau. C’est un gars bien établi et il ne va pas à Paris pour apprendre.»
Gauthier-Drapeau est la 5e tête de série chez les 81kg et entrera en action mardi.
Une pépinière au Lac-Saint-Jean
Antoine Bouchard a terminé au 5e rang à Rio en 2016 alors que Jean-Pierre Cantin a pris part aux Jeux de Barcelone en 1992. «Il y a de bons clubs à Alma et à Jonquière. Il y a plein de jeunes de la région sur les équipes nationales et des entraîneurs crinqués qui nous poussent.»
Entraîneur-chef du club Seiko d’Alma, Daniel-Guillaume Simard fait partie de ces crinqués et a joué un rôle important dans le cheminement de Gauthier-Drapeau. «Je n’aurais pas pu rêver d’un meilleur coach, a-t-il résumé. Il n’y avait jamais eu de sport-études à Alma et il a ouvert un programme pour moi et mes amis. S’il ne m’avait pas poussé à aller à Montréal, je n’aurais pas pensé à l’équipe nationale.»
«Je vais avoir une pensée pour lui à Paris, d’ajouter Gauthier-Drapeau. Il était bien fier de moi quand je me suis qualifié. Il suit mes tournois et il me partage ses commentaires.»