Blessure en patinage de vitesse courte piste: Félix Roussel a craint de rater les Jeux olympiques
L'athlète de 24 ans de Sherbrooke s'est blessé au dos à l'entrainement avant de s'envoler à Milan


François-David Rouleau
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MILAN | Félix Roussel a «vraiment eu peur» de rater sa première aventure olympique. La raison ? Peu avant de s’envoler vers Milan le week-end dernier, le patineur de vitesse en courte piste s’est blessé au dos à l’entrainement. Membre important de la délégation, l’équipe a tout mis en œuvre pour le remettre sur pied.
En faisant un faux mouvement lors d’une accélération sur la patinoire, l’athlète de 24 ans s’est littéralement barré le dos.
Quand l'entraineur Marc Gagnon a vu l’une de ses deux « tours jumelles» se dresser soudainement et glisser à une seule patte sur la glace, raide comme une barre de fer, il savait que quelque chose clochait.
Car s’il y en a un qui sait endurer la douleur, c’est bien Roussel selon lui. En 2024, son patineur s’était disloqué le coude à 24 heures des Championnats du monde aux Pays-Bas et à peine deux mois plus tard, il était sur les lignes de côté en raison d’une blessure au dos.
«J’ai un disque qui est un peu affaissé entre des vertèbres et sur le coup, j’ai senti un gros pincement, a raconté Roussel en entrevue avec Le Journal dans les coulisses de l’aréna de patinage de Milan, samedi matin, à trois jours du début de la compétition olympique.
Il n’a pas participé à la cérémonie d’ouverture au stade San Siro, vendredi soir, à sa première participation aux Jeux. Par précautions, il a évité de marcher sur une longue distance, de rester debout trop longtemps ou de geler sur une chaise.
«C’est une blessure que je connais, car je l’ai déjà senti dans le passé, a-t-il enchainé en se voulant rassurant. Donc, depuis une semaine, je n’ai pas beaucoup patiné. Je suis resté au repos. J’ai vraiment craint de rater ces Jeux-là, pour être bien honnête.»

Plan d’urgence
Solide dans toutes les disciplines à l’horaire et représentant de beaux espoirs de médailles comme il a réussi à chauffer les meilleurs dans les compétitions internationales, l’équipe médicale a concocté un plan pour le remettre sur pied rapidement. Celui-ci impliquait même une place plus confortable dans l’avion pour le vol d’environ huit heures alors que Roussel peinait à se plier et déplier. L’enjeu était bel et bien réel.
Des traitements de physiothérapies et de massothérapies lui ont ensuite permis de reprendre doucement l’entrainement puis d’augmenter graduellement le rythme. Gagnon gère quand même son jeune mustang qui est gonflé à bloc, notamment dans les techniques pour le relais en équipe. Plutôt que de pousser ses coéquipiers, il pousse ses coéquipières jusqu’à ce qu’il ait le feu vert ultime.

Même patineur ?
Selon l’entraineur, le patineur n’est pas encore remis à 100% de sa blessure, mais il s’y en approche. Il espère qu’avec la patience, les précautions et la charge de travail diminuée, Roussel puisse revenir en pleine forme et aussi maximiser les chances de médailles.
«Son état physique actuellement change un peu les perspectives. Il a changé sa préparation un peu. On verra si ça va changer son état mental puisque la blessure pourrait l’amener à être plus craintif ou changer son style de patinage, a expliqué l’instructeur décoré de cinq médailles olympiques.

«S’il patine comme à l’habitude et qu’il accomplit son travail habituel, il va obtenir des résultats, a-t-il ajouté. Il est heureux de sa progression et d’avoir réussi à revenir sur patins, parce que, bien franchement, il ne se penchait même pas il y a 10 jours. Ce n’est pas à négliger, il a fait tout un travail pour revenir. Il a suivi toutes les étapes que nous lui avons données. Même s’il est compétitif, il écoute, parce qu’il sait que les Jeux arrivent.»
Confiance
Champion canadien aux 1000 m et 1500 m en 2025, Roussel estime présenter une forme de 9 sur 10. «Il me reste encore quelques jours de repos et d’entrainement avant les compétitions. J’ai manqué de l’entrainement, mais le travail avait été fait en amont.

«Je suis santé. J’ai confiance que je retrouverai toutes mes capacités», a-t-il conclu en espérant que cet obstacle sur sa route olympique soit bel et bien derrière lui.