Blessure au genou: voici une application québécoise pour prévenir les déchirures du ligament croisé

Audrey Ruel-Manseau
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Une application québécoise permet de prévenir en quelques clics une déchirure du ligament croisé antérieur, la blessure subie par Lindsey Vonn une semaine avant de s’envoler pour Milan.
Cette blessure au genou aussi brutale que répandue peut maintenant être prévenue grâce à l’application Bouclier croisé, développée au Centre universitaire de santé McGill (CUSM).
Chaque année, 400 000 personnes en Amérique du Nord se déchirent le ligament croisé antérieur (LCA) – un ligament du genou qui connecte le tibia au fémur et qui permet de faire des changements de direction rapide. La moitié des blessures graves au genou sont liées au LCA.
« C’est la blessure au genou la plus commune. Il y en a de plus en plus, et les patients sont de plus en plus jeunes », déplore le Dr Paul Martineau, chirurgien orthopédique au CUSM.
Le Dr Martineau a opéré 2500 ligaments croisés antérieurs. C’est beaucoup. « Beaucoup trop », selon le chirurgien, qui a développé, avec son équipe de recherche, une application mobile qui permet de déceler les signes avant-coureurs d’une blessure au LCA.
Après 10 ans de développement, l’application « Bouclier croisé » est maintenant disponible au grand public via Google Play et l’AppStore.

Il suffit de télécharger l’application et de suivre les étapes bien simples : se filmer en sautant sur une jambe, puis sur l’autre. L’application analyse le mouvement en quelques secondes et évalue la prédisposition à une blessure au LCA. Le cas échéant, elle propose des exercices d’échauffement et de renforcement pour minimiser les risques.
« On a prédit 90 % des blessures à McGill pendant 10 ans de temps », évoque le médecin, ajoutant que l’application prédit même la jambe la plus faible.
Si les exercices suggérés sont effectués avec discipline, le risque de blessure chute de moitié.
« Si on fait cet exercice-là avant chaque partie de soccer et qu’on baisse notre taux de blessure de 50 %, pour moi ça semble un bon deal. Parce que quand on se blesse au LCA, c’est un an sans sport », appuie-t-il.
« Nous, ce qu’on veut, c’est démocratiser ça pour que les gens comprennent : “Ah ! Je suis rouge, je suis à risque.” Il y a des choses que je peux faire pour éviter de voir Dr Martineau et me faire opérer », image le chirurgien.
L’application est déjà utilisée dans 13 universités à travers le monde et trois équipes professionnelles. Depuis qu’elle est disponible sur les téléphones et appareils mobiles, 7000 personnes l’ont téléchargée. Le Dr Martineau espère que le plus de sportifs possibles l’utilisent – peu importe l’âge, le niveau et l’intensité d’entraînement.
« Le but, c’est que tout le monde abaisse son risque et reste en santé plus longtemps », dit-il. « Un professionnel qui se déchire le croisé, c’est une chose, il en a fait un choix de vie. Mais un kid de 13 ans qui se déchire le croisé, il a longtemps à souffrir des conséquences de ça. »