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La réaction de Trudeau au projet de loi 96 est de l'électoralisme, selon Blanchet

PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI

Raphaël Pirro

2021-05-19T16:30:16Z

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Pour Yves-François Blanchet, l’admission de Justin Trudeau affirmant la possibilité pour le Québec d’amender unilatéralement sa portion de la constitution comme le veut le projet de loi 96 est le geste d’un gouvernement qui ne veut pas se mettre à dos les Québécois, à la veille de possibles élections cet automne.

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Le chef du Bloc québécois n’est donc «pas surpris» par la déclaration du premier ministre, car M. Trudeau «a été contraint par une analyse rationnelle d’admettre la légalité de l’intervention de Québec».

Le premier ministre Trudeau «sait qu’il dirige un gouvernement minoritaire et il sait très bien que le consensus national au Québec est très fort, et que s’il avait agi autrement, il aurait gravement menacé plusieurs de ses élus au Québec», a dit M. Blanchet mercredi.

Justin Trudeau a déclaré mardi que selon des «analyses initiales» du gouvernement fédéral, le Québec a le droit d’amender sa section de la constitution de 1867 pour y inscrire que le Québec forme une nation et que le français y est la seule langue officielle.

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Cette disposition du projet de loi 96, présenté la semaine dernière par le gouvernement caquiste, a commencé à susciter un certain débat dans le milieu juridique, tant au Canada qu'au Québec.

  • Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Mais pour M. Blanchet, la question n’est pas entièrement de nature juridique, mais est aussi, sinon plus encore, une question «politique».

«Je me refuse dans une certaine mesure à ne faire de ça qu’un enjeu juridique. Ça reste fondamentalement un enjeu politique», a-t-il lancé.

En ce sens, le chef bloquiste a annoncé que son parti déposera la semaine prochaine au Parlement une motion pour forcer les autres partis à se positionner par rapport au principe de cet énoncé du projet de loi 96.

Pas de contestations sur la langue

M. Blanchet a aussi demandé au gouvernement fédéral d’assurer qu’il ne financera aucune contestation des mesures avancées par Québec sur le terrain de la langue.

À ce sujet, le chef du Bloc s’est attaqué au Programme de contestation judiciaire, qui est dirigé par un comité de l’Université d’Ottawa, comité qui inclut à sa tête le recteur Jacques Frémont. M. Blanchet veut que le programme soit retiré des mains de l’Université en raison des «décisions» et des «attitudes récentes» de sa direction, qui la rend «expressément indigne» de gérer un tel programme.

Autrement, le chef du Bloc a rappelé son souhait que le fédéral s’abstienne d’intervenir en matière d’application de la Charte de la langue française aux institutions et entreprises sous juridiction fédérale, préférant que le Québec soit entièrement indépendant en matière de protection du français.

Un appui clair du NPD

Le chef du NPD Jagmeet Singh a donné son appui formel au projet de loi 96, un appui qui s’étend selon lui à l’ensemble de son parti, même en ce qui a trait à l’amendement constitutionnel.

En point de presse mercredi matin, il a déclaré que la modification unilatérale de la constitution représentait une «reconnaissance importante», même s’il estime que celle-ci est largement symbolique et n’aura pas d’impact dans le quotidien des Québécois.

M. Singh croit aussi que le projet de loi de Québec sera accepté dans le Canada anglais, notamment parce que les langues minoritaires, à commencer avec l’anglais au Québec, sont déjà protégées et que ses protections ne peuvent être soustraites par la clause dérogatoire.

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