BKFC: entre la boxe et les arts martiaux mixtes
L’organisation veut s’implanter au Canada, mais doit d’abord faire homologuer son sport dans les provinces


Dave Lévesque
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Des pugilistes qui se battent à poings nus dans un ring rond, des galas qui se déroulent à un rythme endiablé, c’est ce que veut offrir Bare Knuckle Fighting Championship (BKFC) au Canada.
Mais pour y parvenir, il faudra d’abord faire homologuer le sport, ce qui est loin d’être chose faite.
Et c’est une entreprise de Laval, Allrem Sports et divertissement (aussi sous le nom de: Allrem Sports & Entertainment Inc), partenaire de BKFC au Canada en plus d’en être actionnaire depuis l’an dernier, qui a le mandat de faire le démarchage auprès des autorités réglementaires.
«Pour le moment, les règles ne permettent pas les combats à poings nus. Il faut y aller province par province afin de faire changer les règles», explique Erik de Pokomandy qui est président «Sports et Divertissement» de l’entreprise.
Parcours du combattant
On comprend que sur le papier, la proposition soulève des doutes. Deux hommes ou deux femmes qui montent dans un ring avec pour seule protection un protecteur buccal et des bandages sur les mains du haut des jointures aux poignets.
On n’a qu’à se rappeler comment l’UFC a travaillé fort pour faire homologuer son sport au Canada il y a près de 20 ans.
«C’est un parcours du combattant pour faire changer les règles. On fait affaire avec des consultants dont certains ont travaillé avec l’UFC à l’époque», explique de Pokomandy. «C’est un marathon parce qu’il faut convaincre les gens. Il y a l’aspect de la sécurité, notamment qui les préoccupe. Il faut y aller province par province.»
«On sait que ça sera long. On ne veut pas créer d’attentes, mais c’est sûr qu’on aimerait organiser un premier gala l’année prochaine. On est quand même réalistes, on sait que c’est un processus qui est long et complexe et on est prêts à collaborer avec les autorités.»

En pourparlers
Deux galas ont déjà été présentés au Canada dans une réserve des Premières Nations en Alberta. Allrem Sports et divertissement a des objectifs clairs pour la suite des choses.
«On veut attaquer les marchés de Montréal et Toronto, le premier étant reconnu comme le marché de la boxe et l’autre comme celui de l’UFC. On pense que parce que BKFC est un entre-deux, on peut avoir du succès.», explique de Pokomandy qui ajoute que Allrem Sports et divertissement est déjà en pourparlers avec la Régie des alcools, des courses et des jeux.
«C’est un long processus. De leur côté, ils font leurs vérifications diligentes parce qu’ils veulent s’assurer de la sécurité des combattants, mais pas que physiquement, ils veulent aussi s’assurer que les finances sont solides. C’est un processus très rigoureux et c’est correct, ça protège les combattants et ça démontre que le sport est sérieux.»
Clientèle jeune
Le BKFC est en pleine émergence sur la scène mondiale et attire un auditoire jeune, en quête d’émotions fortes.
«Ce sont cinq rounds de deux minutes et on passe au prochain combat, tout se déroule rapidement. C’est un juste milieu entre les arts martiaux mixtes et la boxe. Ce sont les règles de la boxe avec des combattants AMM», explique de Pokomandy.
«Au Canada, on sent qu’il y a un gain de popularité, même si on n’a pas de gala.»
Le BKFC organise son 65e gala à Salt Lake City vendredi soir. La tête d’affiche de la soirée? Jade Masson-Wong, une fille de Québec qui est aussi le visage du sport au Canada.
«Jade est un peu devenue notre porte-étendard parce qu’il n’y a pas beaucoup de Canadiens [qui pratiquent ce nouveau sport]», mentionne de Pokomandy.