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Un projet familial inattendu pour Bianca Gervais

«Sucré Salé», du lundi au vendredi, 18 h 30, à TVA et sur TVA+

Marjolaine Simard

2026-05-21T10:00:00Z

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La vie de Bianca Gervais déborde d’élan. Aussi vibrante à l’écran dans le rôle de Gabrielle Auclair dans Les Armes que comme animatrice, ou derrière l’écran à titre de productrice et réalisatrice, elle multiplie les projets avec passion. Cet été, elle sera chroniqueuse à l’émission Sucré Salé, qui célèbre son 25e anniversaire, avec sa fille Liv, dans des capsules réalisées par son conjoint, Sébastien Diaz, tandis que la petite Bowie y mettra également son grain sel, aussi derrière la caméra. Nous avons rencontré la comédienne dans son refuge, le Spa Di’Oro, où elle vient ralentir entre deux tempêtes créatives.

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Bianca, tu as eu 40 ans l’été dernier. Comment se déroule le début de cette nouvelle décennie ?

Je me sens bien, plus assumée. Je n’ai aucun problème à parler de mes failles et de mes vulnérabilités. À 40 ans, j’en suis là. Je parle ouvertement de mon anxiété, de mon TDA, de la périménopause. Je suis dans une période de ma vie où j’ai envie de faire tomber les masques. Ça ne m’intéresse plus de prétendre que tout est parfait. Mais je ne me considère pas comme une porte-parole. Je partage, simplement, parce que ça peut aider.

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Justement, nous te rencontrons au Spa Di’Oro. Tu entretiens depuis plusieurs années une relation de confiance avec Sabrina, la propriétaire, qui t’accompagne à travers les différentes étapes de ton évolution de femme...

C’est une entrepreneure que j’ai toujours admirée. Il y a quelque chose de profondément humain dans notre relation. Ça fait environ huit ans qu’on travaille ensemble, et cette relation a évolué avec moi, avec mon corps, avec ma vie de femme. Elle m’a accompagnée à travers mes grossesses, les fluctuations hormonales, les transformations physiques, la périménopause... Par exemple, en vieillissant, je perds des cheveux et Sabrina me propose des traitements qui stimulent la repousse capillaire. Elle m’aide aussi à travailler certains muscles plus difficiles à sculpter pour définir la silhouette de mon personnage de Gabrielle dans Les Armes. Ici, on aborde la féminité dans toutes ses étapes, avec ses défis, ses vulnérabilités et ses transformations.

Tu évoques ce paradoxe entre accepter le vieillissement et vouloir en ralentir les effets...

Oui, je suis très consciente de ce double discours. J’admire profondément les femmes qui assument leurs cheveux gris, leurs rides, leur vérité. Mais en même temps, moi, j’ai encore envie de retarder certaines choses, de les adoucir.

Parlons de ton rôle dans Les Armes. Tu as déjà dit qu’il te sortait de ta zone de confort...

Ah oui, totalement. Gabrielle Auclair, c’est un personnage complexe, dérangeant. Elle cumule des traits qu’on pardonne rarement aux femmes à l’écran : elle boit, elle est infidèle, elle est dure, parfois agressive, elle a une relation compliquée avec sa maternité... Au début, j’étais persuadée que le public allait la détester. Et puis, un jour, une femme militaire est venue me voir à l’épicerie pour me dire que je n’étais pas assez dure ! Ça m’a complètement déstabilisée. Ça m’a fait comprendre qu’il y avait une vérité dans ce personnage.

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Sa relation avec sa fille est particulièrement troublante...

C’est là que ça devient délicat. Elle aime sa fille, mais elle ne sait pas comment l’aimer. Elle est dans une forme d’amour inadéquat. Et ça, partout dans le monde, c’est très déstabilisant de voir une mère qui ne correspond pas à l’image douce et rassurante qu’on attend. Moi, en tant que mère, je suis à l’opposé. Je suis même, selon ma psy, surinvestie !

Tes propres filles regardent-elles la série ?

Non. Elles ne regardent rien de ce que je fais. Ça les mélange trop. Me voir être la mère de quelqu’un d’autre, embrasser un homme... Ce n’est pas quelque chose qu’elles sont prêtes à comprendre. Et puis, ce n’est pas un contenu pour elles. Mais malgré tout, à l’école, certains élèves écoutent la série, et là, ça devient plus délicat. Il faut faire un peu de gestion de crise !

On a appris que ta fille Liv fera des chroniques à Sucré Salé cet été en ta compagnie. Comment ce projet est-il arrivé dans votre vie ?

C’est arrivé un peu comme une surprise, un cadeau inattendu. Liv a déjà mis un pied sur un plateau et elle aimait déjà échanger avec les équipes de tournage. On a tout de suite senti qu’il y avait une curiosité réelle chez elle, quelque chose de très instinctif, de très vivant. Elle ne rêve pas de faire ça pour être vue, elle souhaite le faire parce qu’elle est profondément habitée par la culture, par le cinéma, par le regard qu’on pose sur les œuvres. Elle peut passer de la musique au cinéma, de courts métrages à des spectacles, avec une aisance qui me renverse.

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Collection personnelle
Collection personnelle

Avez-vous hésité avant d’accepter ?

Oh, que oui ! Comme parents, notre premier réflexe, c’est de protéger. On connaît trop bien ce milieu-là, ses beautés, mais aussi ses pièges. On sait ce que ça implique de s’exposer jeune, de se définir à travers le regard des autres, d’être jugée, commentée. On avait aussi ce désir très clair que nos enfants aient une enfance « normale », loin des plateaux, loin de la pression. Moi, j’ai commencé très jeune, et je sais ce que ça change dans une construction identitaire. 

Qu’est-ce qui vous a fait changer d’idée ?

C’est elle. Elle nous a regardés et elle nous a dit : « Vous ne pouvez pas couper mes ailes. » Et ça, ça nous a frappés de plein fouet. Elle était très lucide. À partir de ce moment-là, notre rôle a changé. On n’était plus là pour dire non, mais pour l’encadrer, l’accompagner, la sécuriser.

Comment allez-vous l’accompagner concrètement dans cette expérience ?

On va être très présents. Déjà, Sébastien va réaliser ses reportages. Ça, c’était essentiel pour nous. Ça crée un environnement sécurisant, bienveillant, où elle peut apprendre sans pression, entourée de gens qui l’aiment. Moi, je vais aussi être là, surtout au début, pour l’accompagner, pour l’aider à trouver ses repères.

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Ça devient un projet familial...

Oui, et on va même impliquer sa petite sœur, Bowie, qui a huit ans, à notre façon. On ne veut pas qu’elle se sente exclue. Par exemple, on lui a proposé de venir sur le plateau, mais pas pour être devant la caméra. Plutôt pour aider, pour participer à sa façon, voir l’envers du décor. Ça va lui permettre de sentir que sa contribution compte, qu’elle a une valeur. On essaie de transformer ça en terrain de jeu, en espace d’apprentissage. Bowie est tout le contraire de sa sœur... Elle, les plateaux, les caméras, les tournages, ça ne la fait pas rêver. Bowie, est plus dans le concret, dans le moment présent.

Il y a quelque chose de très symbolique dans le fait que Liv participe à Sucré Salé...

C’est émouvant pour nous, parce que Sucré Salé, c’est là que tout a commencé pour nous. C’est sur cette émission que j’ai rencontré Sébastien. On s’était croisés sur un tapis rouge, dans le cadre d’un tournage, et c’est ce moment-là qui a déclenché toute notre histoire. Et là, 17 ans plus tard, on se retrouve sur cette même émission avec notre fille. À l’époque, on était deux jeunes adultes qui apprenaient à se connaître, qui tombaient amoureux l’un de l’autre. Aujourd’hui, on est une famille, avec une histoire, un bagage... Et on transmet quelque chose à notre enfant. C’est comme une boucle qui se complète.

Tu sembles également t’épanouir professionnellement avec la maison de production que tu as fondée avec Sébastien, Fait maison production...

Oui, je sens que je me dirige de plus en plus vers la réalisation. J’ai envie de créer mes propres projets, de ne plus attendre que le téléphone sonne. Avec mon conjoint, on produit, on réalise... C’est une façon de reprendre le contrôle, mais aussi d’assurer une certaine stabilité dans un milieu qui change énormément. La télévision traditionnelle, on le sent, est en déclin.

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Julien Faugere / TVA Publications
Julien Faugere / TVA Publications

Tu parles de ton couple avec beaucoup de tendresse. Quelle est la clé avec Sébastien ?

Sébastien, quand il est entré dans ma vie, il n’a jamais essayé de modifier qui j’étais, de lisser mes aspérités ou de ralentir mon rythme. Au contraire, il a accueilli cette espèce d’énergie parfois intense, un peu chaotique, mais profondément vivante. Il a aimé ça, tel quel. Quand tu rencontres quelqu’un qui ne cherche pas à te corriger, mais à t’amplifier, à t’accompagner dans ce que tu es déjà, il y a quelque chose qui se dépose. Et ça, c’est extrêmement sécurisant.

C’est toi, paraît-il, qui as fait les premiers pas...

Je l’ai invité au restaurant. Et à notre deuxième rendez-vous, il arrivait d’un tournage avec Benoît Brière à Sucré Salé... un reportage où ils avaient dégusté du vin. Il était donc légèrement pompette, ce qui a donné une soirée assez mémorable ! On a ri, beaucoup ri ! Il ne m’a pas embrassée ce soir-là. À un moment donné, je lui ai dit : « Sébastien, il va falloir que tu te lances. Si tu es intéressé, il va falloir que tu m’embrasses. » Il était un peu trop sage à mon goût. Mais dès qu’il a compris le message, disons qu’il s’est ajusté assez rapidement ! (rires)

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Après 17 années ensemble, comment vous entretenez la flamme ?

On continue à se choisir. On est ensemble depuis longtemps, on a des enfants, une vie bien remplie, des responsabilités. Ça serait facile de tomber dans une routine. Alors, on se crée des moments. Comme ce soir, par exemple : on va au restaurant, juste tous les deux, pour se « cruiser ». On se raconte nos journées, on rit, on se regarde, on se redécouvre, on se séduit à nouveau. Et ça marche. On retombe amoureux !

Avec Sébastien, vous êtes ambassadeurs pour la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Une implication profondément personnelle...

Mon père et mon conjoint ont tous les deux été soignés pour un cancer dans cet hôpital, alors pour moi, ce n’est pas abstrait : c’est un lieu qui a littéralement sauvé ma famille. J’y ai passé des heures à accompagner, à attendre, à espérer que tout aille bien... Ça crée un lien émotif très fort avec le lieu et le personnel. À un moment donné, j’ai ressenti le besoin de redonner. Avec Sébastien, on utilise notre visibilité pour soutenir la Fondation et contribuer à l’objectif d’amasser 150 millions de dollars. On participe à des événements, on rencontre des donateurs, mais surtout, on partage notre histoire pour humaniser la cause.

Pour en savoir plus sur sa maison de production : faitmaisonproductions.com.

Pour vous procurer le livre de Sébastien Diaz, c’est ci-dessous :

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