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Bettez sauve la mise pour Montréal

Photo portrait de Patric Laprade

Patric Laprade

2024-01-03T15:08:36Z

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Ann-Sophie Bettez a tout connu dans le hockey féminin montréalais. Les Stars, les Canadiennes, la Force. Elle a joué pour McGill, dans la PWPHA et a représenté son pays aux championnats mondiaux.

Après avoir été la capitaine de la défunte Force de Montréal l’an dernier, l’athlète de 36 ans a décidé de poursuivre sa carrière afin de vivre la première année de cette nouvelle ligue.

Et bien hier soir, elle en a été la vedette, alors que la native de Sept-Îles a marqué le but vainqueur en prolongation, permettant à Montréal de remporter son tout premier match. Ça ne pouvait arriver à une meilleure personne!

Son but lui a aussi permis de récolter la première étoile d’un match qui n’a pas bien commencé pour son équipe.

L’indiscipline a été problématique tout au long de la partie, même si le nombre diminuait plus le match avançait: trois pénalités en première période, deux en deuxième et une seule dans le dernier engagement. Somme toute, ce sont quand même six avantages numériques que l’équipe de Kori Cheverie a donnés à son adversaire, qui n’a pu en bénéficier qu’une seule fois. Une chance qu’on n’affrontait pas New York ou Boston.

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Ça demeure deux points sur une possibilité de trois (les victoires en temps régulier valent un point de plus que dans la LNH) pour une équipe qui a bien mal débuté son match.

À mi-chemin dans la rencontre, Ottawa menait 20 contre 10 au chapitre des tirs au but, ce qui, sur papier, était surprenant. De toutes les équipes de la LPHF, Ottawa semble être celle qui devrait générer le moins d’attaque. Mais l’équipe de Cheverie a connu une excellente troisième période, en partie due à un changement au sein du premier trio.

Marie-Philip Poulin avait débuté la rencontre au sein d’un trio complété par Tereza Vanisova et la jeune Maureen Murphy. Avant le début de la troisième période, l’entraîneure a remplacé Murphy par Laura Stacey et le tout a porté fruit, alors que Stacey a marqué le but égalisateur avec un peu plus de cinq minutes à faire au match.

Je m’en voudrais de ne pas mentionner l’excellent match de la gardienne Ann-Renée Desbiens. Sans elle et ses 26 arrêts, Ottawa aurait pu mettre le match hors de portée pour Montréal. C’est une des forces de l’équipe : une gardienne de but qui peut gagner des matchs à elle seule et qui peut faire une différence dans une partie.

Une foule record à Ottawa

Je vous en parlais lors de ma dernière chronique, le match d’hier soir à Ottawa était en voie de battre un record pour un match de hockey féminin professionnel. On parle bien de professionnel et non pas un match de hockey international ou universitaire.

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Eh bien, non seulement la rencontre a battu le record nord-américain, mais il a battu un record mondial.

Ils étaient 8 318 spectateurs au TD Place d’Ottawa, battant par près de 100 personnes le record précédent de 8 122 pour la partie des étoiles de la CWHL à Toronto en 2017. En saison régulière ou en séries éliminatoires, le record était de 5 938 amateurs, établi à Montréal en 2016. Et si on regarde du côté de l’Europe, on parle de 7 765 spectateurs en 2022 en Suède.

Toutefois, c’est un record qui risque d’être de courte durée. En effet, pour la partie d’ouverture du Minnesota, qui accueillera également Marie-Philip Poulin et l’équipe de Montréal samedi prochain, on s’attend à environ 10 000 spectateurs. Le Minnesota n’est pas la capitale du hockey aux États-Unis pour rien.

Capitaine Pou, une occasion manquée

Parlant de Poulin, à trois jours du Nouvel An, Montréal a annoncé sa capitaine ainsi que ses assistantes. Les choix n’ont pas été surprenants, alors que la capitaine d’Équipe Canada, Marie-Philip Poulin, s’est vue accorder le « C » par les dirigeants de l’équipe, qui ont fait cette première sélection. Aucune surprise non plus dans les choix de Laura Stacey, Erin Ambrose et Kristin O’Neill, toutes des joueuses de l’équipe nationale.

Toutefois, je pense qu’on a manqué une belle occasion du côté de l’équipe.

Ces annonces ont été faites lors d’un spectacle sur glace du Cirque du Soleil au Centre Bell. Bien que l’idée soit intéressante, en ce 29 décembre, le Rocket de Laval jouait en soirée à la Place Bell.

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Pourquoi ne pas avoir présenté l’équipe de leaders en avant-match du Rocket?

Après tout, il y avait une salle comble au Rocket avec plus de 10 000 spectateurs. On aurait pu avoir une belle cérémonie avec un tapis rouge et tout. On aurait pu amener l’équipe au complet pour signer des autographes, prendre des photos et rencontrer les amateurs. Peut-être que les 10 000 amateurs ne font pas tous partie du public cible, mais c’est minimalement des amateurs de hockey et un meilleur public cible qu’une foule d’après-midi d’un spectacle du Cirque du Soleil.

La directrice générale Danièle Sauvageau a dit en point de presse que c'était une chance d'entrer dans un partenariat avec une compagnie et des athlètes qui représentent le Québec et la ville de Montréal dans le monde entier. De plus, le spectacle nommé Crystal en est un où le personnage principal se décrit comme une femme qui brise la réalité pour se découvrir dans un monde de possibilités.

Je veux bien. Mais ce n’est pas comme si l’équipe n’était pas pour jouer quatre matchs à la Place Bell. Ça aurait été une belle occasion de vendre des billets pour le match du 16 janvier. Déjà que la rencontre est un mardi soir, une soirée moins invitante qu’un vendredi ou samedi. De plus, les billets ne se vendent pas au même rythme à Laval qu’à Verdun.

À Boston, c’est Patrice Bergeron qui a fait l’annonce de la capitaine Hilary Knight. À New York, on a eu droit à un événement sur la patinoire du Rockefeller Center. Ottawa a annoncé le tout au Canadian Tire Center avant un match des Sénateurs, alors que Toronto a annoncé son équipe de leaders sur la patinoire extérieure du Nathan Phillip Square, une glace historique en plein centre-ville de Toronto.

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À Montréal, on a voulu s’éloigner du hockey. On a voulu faire dans le raffiné et le féminisme alors qu’on aurait dû être dans le pratico-pratique et dans la promotion. Ce n’est pas dramatique, mais c’est quand même une occasion manquée.

N’oubliez pas les hommes!

J’ai écouté le match inaugural de la ligue le 1er janvier sur les ondes de CBC. Entre l’équipe de description, l’équipe de panélistes et l’intervieweuse, on a fait appel à sept femmes. Hier pour le match de Montréal, RDS a fait appel à cinq femmes.

J’entends également qu’à Montréal particulièrement, on essaye de donner le plus de postes possible à des femmes, même dans des rôles qui ne sont pas à l’écran, dans la production de l’événement par exemple.

Et ça me dérange. Ce n’est pas ça l’équité pour moi.

Je n’ai rien contre le fait de donner un meilleur ratio aux femmes dans une ligue de hockey féminin, mais ce n’est pas nécessaire de pourvoir 100% des postes avec la gent féminine ou même d’en avoir le désir. Il y a des hommes qui ont le hockey féminin à cœur ou le hockey tout court et qui se feraient un plaisir de faire partie de cette distribution.

Je suis pour les femmes qui décrivent du hockey masculin, alors je suis aussi pour les hommes qui décrivent du hockey féminin. Et ce n’est pas un reflet sur le travail effectué. Entre autres, Cheryl Pounder, Catherine Savoie et Émilie Duquette ont toutes fait un excellent travail. Là n’est pas le point.

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Alors si je pouvais y aller d’un conseil, n’essayez pas d’en faire un produit tout féminin. Déjà que certains amateurs, à tort, voient le hockey féminin d’un mauvais œil, entourez-vous des meilleurs que vous pouvez trouver, peu importe le genre. Vous allez y gagner au change. S’il vous plaît, choisissez vos batailles.

Bienvenue au Billie Jean King show!

Je comprends aussi que la grande dame du tennis, Billie Jean King, qui siège sur le conseil d’administration de la LPHF et qui a été importante dans le processus de cette nouvelle ligue, doit être reconnue.

Mais il faut tout de même le faire avec parcimonie. Lors du premier match de la ligue au jour de l’an, c’était quasiment le Billie Jean Show. Elle a eu droit à une grande entrevue présentée avant la rencontre, on l’a vu nommer l’alignement partant de l’équipe locale, elle a été présentée à la foule pour la mise au jeu protocolaire et comme si ce n’était pas assez, elle a eu droit à une présentation de 90 secondes qui l’a louangeait.

Trop c’est comme pas assez.

Ce premier match ne devrait pas être à propos de l’ancienne athlète de 80 ans, mais bien à propos des joueuses et du hockey féminin. Surtout qu’on ne protège BJK dans ses interventions, alors qu’il était palpable qu’elle ne connaît pas grand-chose au hockey. Elle semblait ne pas bien comprendre les positions et a même dit que selon ses lectures, la LNH a débuté en 1916 ou 1917, ce n’était pas clair!

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C’est clair! Ce n’est même pas un débat. C’est en novembre 1917 que la ligue fut fondée et en décembre que le premier match a eu lieu.

Bon. Trop c’est comme pas assez ici aussi. Revenons au hockey.

Officiellement sans noms et logos

On est encore dans le temps des fêtes et je sais que l’expression dit « sans tambour ni trompette ». Mais dans le cas de la LPHF, après des mois de spéculations, la ligue a officiellement débuté ses activités sans noms d’équipe et sans logos.

En entrevue, Jayna Hefford a répondu que « ces choses vont venir. Pour l’instant, nous avons la LPHF et il s’agit d’une marque que nous voulons construire. »

Le message est clair. À tort ou à raison, on préfère mousser la marque LPHF (ou en fait son acronyme anglais PWHL) qu’un nom d’équipe ou un logo d’équipe. C’est spécial, mais c’est ça. Va falloir faire avec pour la première saison. C’est d’ailleurs la dernière fois que je vais en parler.

Hockey Canada : je vous présente Corinne Schroeder

Je veux terminer cette chronique en vous parlant d’une gardienne de but qui mérite d’être davantage connue et j’ai nommé Corinne Schroeder.

Si vous n’avez pas suivi la PHF l’an dernier, vous ne la connaissez surement pas. Originaire du Manitoba, elle a joué quatre ans avec Boston University dans la NCAA et une saison avec Quinnipiac. L’an dernier, à sa première saison chez les

professionnels avec le Pride de Boston, elle s’est mérité le titre de recrue de l’année et de gardienne de l’année, forte de sa moyenne de buts alloués de 1.67 et un pourcentage d’efficacité de .955.

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À 5 pieds 11, elle l’une des plus grandes gardiennes dans la ligue, mais ironiquement, la plus petite de sa propre équipe à New York. Elle n’a pas accordé un seul but au camp de sélection d’Équipe Canada cet automne, n’a accordé qu’un seul but en 40 lancers en présaison dans la LPHF et lors du tout premier match de l’histoire de la ligue lundi après-midi, elle a blanchi Toronto 4 à 0.

Il s’agissait d’ailleurs d’un match entre deux gardiennes qui vont se batailler pour le poste de troisième gardienne aux prochains championnats mondiaux. Si Desbiens est assurée de son poste de numéro un et Maschmeyer celui de numéro 2, le poste de troisième gardienne pourrait se décider entre Kristen Campbell, qui gardait les buts pour Toronto le 1er janvier, et Schroeder. Mais lorsque Campbell a été utilisée lors de la série de rivalité, elle a accordé cinq buts à l’équipe américaine. Schroeder a fait partie de l’équipe pour les deux premiers matchs, mais n’a pas été utilisée.

Desbiens et Maschmeyer vont toutes les deux avoir 30 ans cette année, alors j’ai de la difficulté à croire que Schroeder, à 24 ans, n’est pas l’avenir à court terme devant le filet canadien. Et c’est peut-être ses performances dans la LPHF qui lui permettront de faire écarquiller les yeux des dirigeants d’Équipe Canada. Gina Kingsbury a certainement pris des notes.

Mieux que les gars!

C’est ce samedi le 6 janvier que les activités reprennent du côté du circuit universitaire féminin canadien. Rappelons que les Stingers de Concordia sont toujours invaincus.

Et c’est également ce samedi à Zug, en Suisse, que le championnat mondial de hockey féminin des moins de 18 ans débute. Espérons aux filles un meilleur sort que la version masculine des moins de 20 ans.

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