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Bertrand Godin dans les souliers de Gilles Villeneuve à Monaco

Courtoisie Groupe À l'Infini
Photo portrait de Ian Gauthier

Ian Gauthier

2026-04-23T18:36:40Z

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Le coureur automobile québécois Bertrand Godin va « réaliser un rêve de gamin », ce week-end, lorsqu’il participera au Grand Prix historique de Monaco au volant d’une Formule 1 Arrows datant de 1978.

« J’ai toujours voulu piloter une voiture des années de Gilles Villeneuve à Monaco », a révélé celui qui est aussi analyste pour la Formule E à TVA Sports.

« Gilles a été ma source d’inspiration, a-t-il souligné. Et j’ai suivi ses traces. Avoir la chance de conduire une voiture de 1978, qui a fini quatrième à Montréal quand Gilles a gagné, c’est comme si j’avais la chance de pouvoir essayer les souliers qu’il portait à l’époque. Et c’est vraiment magique. »

C’est Martine Girard, du groupe À l’Infini, qui lui a permis de réaliser ce rêve. Mme Girard gère sa carrière depuis quelques années, ce qui lui a notamment permis de participer au Grand Prix de Trois-Rivières en Formule 1600 dans les dernières années.

« Quand on a gagné à Trois-Rivières en 2018, elle m’avait demandé ce que j’aurais aimé accomplir d’autre dans ma carrière, a raconté l’homme de 58 ans. J’avais le rêve de gagner au circuit Gilles-Villeneuve en Formule Atlantique, mais ça, je l’ai fait en 1997. Sinon, je voulais conduire une Formule 1 de 1978 à Monaco. »

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Sans lui dire, sa gérante s’est mise au travail. Avec des collaborateurs, elle a finalement réussi à lui obtenir une participation au Grand Prix historique.

« Au mois d’août dernier, elle m’a dit, avec ses collaborateurs : “Bertrand, tu vas vivre ton rêve, tu vas piloter une Formule 1 à Monaco dans le Grand Prix historique.” J’ai été ému, et puis c’est ça. On est rendus là ! »

Des essais auprès de Patrese

Même s’il est un pilote d’expérience pour qui les voitures de course n’ont plus tellement de secrets, Godin devait néanmoins apprendre à maîtriser cette bête d’un autre temps qu’est l’Arrows A1 B. C’est pourquoi il s’est rendu en Italie, en novembre et en mars dernier, pour prendre part à des essais.

Et le grand coureur italien Riccardo Patrese, qui la pilotait en 1978 et qui a participé à 257 Grands Prix de F1, était sur place lors de la séance du 26 mars. D’ailleurs, le nom de Godin est inscrit à côté du sien sur la belle monoplace dorée.

« Juste de voir mon nom à côté de celui de Riccardo Patrese, c’est incroyable », a admis Godin.

Bernard Brault / Courtoisie Groupe à L'Infini
Bernard Brault / Courtoisie Groupe à L'Infini

« Quand j’ai embarqué, je me suis dit : “Wow, je suis dans une vraie Formule 1”, a-t-il raconté. C’est une bonne vieille boîte de vitesses [...] À chaque changement de vitesse, t’as l’impression d’être un chef d’orchestre parce que t’entends la symphonie en arrière. »

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Lorsqu’il s’est élancé sur la piste en novembre, il « voulait savourer le pilotage de la Formule 1 » sans chercher à aller vite, mais... il allait finalement très vite, battant même le record du tour d’une Formule 1 historique au circuit de Cremona.

Et lorsque Patrese l’a vu aller sur la piste de Cervesina en mars, il était impressionné.

« Il a dit à mon équipe que j’avais vraiment un bon coup de volant », a avoué Godin, non sans fierté.

« Et les trois derniers tours de ma séance, j’avais été dans le même dixième, a-t-il ajouté. Il a dit : “En plus, il est très régulier.” Et il m’a dit : “Garde ça, cette régularité-là, c’est ultrapayant.” »

Courtoisie Groupe À l'Infini
Courtoisie Groupe À l'Infini
Dans la catégorie « Gilles Villeneuve »

Huit catégories différentes de voitures de Formule 1, selon leur année de conception, participeront aux huit différentes épreuves du Grand Prix historique. Celles-ci portent toutes le nom d’un grand pilote de l’époque en question : Fangio, Hill, Lauda, Senna... Godin, avec sa Arrows de 1978, sera de l’épreuve Gilles-Villeneuve. Comme ça tombe bien...

« En plus, le trophée, c’est une statue de Gilles Villeneuve, a-t-il souligné. Me semble que je la vois tellement bien sur mon bureau ! »

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« Être à Monaco, ça me replonge dans un paquet de souvenirs, a-t-il continué. Parce que ma carrière de sport automobile, je pense qu’elle a été beaucoup plus en Europe qu’en Amérique. Là, je rencontre mon ancien ingénieur que j’avais en Formule Ford, en Formule 3000, des copains, des pilotes avec lesquels j’ai eu des duels incroyables. »

« Conduire la voiture, oui, c’est super agréable. Mais de rencontrer les êtres humains qui ont façonné ma carrière, ça l’est tout autant », a-t-il insisté.

Courtoisie Groupe À l'Infini
Courtoisie Groupe À l'Infini

Qui plus est, il a la chance d’être accompagné dans cette aventure par Joan Villeneuve, l’épouse du regretté Gilles.

« Joan est une amie de longue date », a-t-il révélé.

« Déjà, en 1986, j’étais copain avec Jacques [Villeneuve] et on allait se pratiquer en karting, s’est-il souvenu. Quand j’étais allé au Castellet pour le Volant Elf [en 1991], je n’avais pas beaucoup d’argent. Et elle m’avait invité à aller squatter à Monaco ! »

Un week-end chargé

Sur le fameux tracé urbain de Monaco, Godin aura 30 minutes d’essais vendredi et une séance de qualifications de 25 minutes samedi. La course aura lieu dimanche et comptera 18 tours pour une durée de 45 minutes.

Même s’il s’agit d’un Grand Prix historique avec des voitures de collection, les 26 coureurs qui y participeront voudront gagner.

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« Il y a des passionnés qui ont acheté une Formule 1, tout comme il y a des pilotes extrêmement talentueux, comme Michael Lyons, Frédéric Rouvier, qui, eux, pilotent quasiment tous les jours », a-t-il précisé.

« Avec les cinq heures de temps de piste que j’ai dans la voiture, ma stratégie, c’est de toujours progresser, a-t-il continué. Comme je dis souvent, je ne peux rien faire pour empêcher les autres d’être rapides, je peux juste travailler sur moi pour l’être. »

Cela dit, il lui faudra être mesuré et tout faire pour éviter un accident, d’autant plus que les pièges sont nombreux.

« Je vais faire à peu près 500 changements de vitesse devant l’épreuve, a-t-il expliqué. S’il y en a un que je manque, ça peut faire bloquer les roues en arrière et m’emmener dans le mur, ou bien même endommager le moteur. »

« Ça a une adhérence mécanique assez phénoménale parce que la largeur des pneus est gigantesque, a ajouté Godin. Par rapport même aux pneus qu’on peut avoir sur des Formules 1 modernes. Par contre, aérodynamiquement, il y a beaucoup moins d’appui. Donc, c’est beaucoup plus délicat. »

Et si par malheur il devait terminer sa course dans le mur, ça risque de faire mal. De deux manières.

« La voiture, c’est une can d’aluminium de luxe qui roule à 300 km/h, a-t-il imagé. La sécurité est loin d’être celle qu’on peut avoir aujourd’hui. Donc il faut que j’y aille avec beaucoup de respect, c’est vrai. »

« Et la valeur de la voiture est d’un million de dollars américains, a également révélé le pilote. C’est certain qu’il y a des assurances, mais la prime est assez chère, ça ne m’intéresse pas du tout de la payer [rires]! »

* La qualification de samedi (9 h 20 au Québec) et la course de dimanche (10 h 05) seront présentées en direct sur YouTube.

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