Benoît Marion: un Québécois échappé par les Alouettes
«Montréal conserve une place importante dans mon cœur, mais je suis très très heureux à Toronto alors qu’on a une très bonne équipe»


Benoît Rioux
Partager
TORONTO - On dit que le malheur des uns fait le bonheur des autres. Sans se réjouir directement des difficultés éprouvées par les Alouettes, Benoît Marion, porte-couleurs des Argonauts, était naturellement bien heureux de la domination de son équipe, samedi, à Toronto.
«Montréal conserve une place importante dans mon cœur, mais je suis très très heureux à Toronto alors qu’on a une très bonne équipe», reconnaissait Marion, tout sourire, après la victoire de 39 à 10 des siens.
• À lire aussi: Défaite frustrante pour les Alouettes à Toronto
• À lire aussi: Trop de revirements et de pénalités
• À lire aussi: Austin Mack expulsé du match
Joueur de ligne défensive pouvant aussi être utilisé sur les unités spéciales, Marion file le parfait bonheur chez les Argos depuis près de deux ans. Sélectionné en troisième ronde par les Alouettes au repêchage de 2020, l’ancien des Carabins de l’Université de Montréal avait bien tenté de faire sa place au sein du club de sa ville natale. Or, il avait été libéré par les Alouettes au terme du camp d’entraînement en 2021, devenant un rare Québécois à avoir été échappé par l’organisation montréalaise.

«Ce n’est pas quelque chose que j’ai pris de manière personnelle, a commenté Marion. C’est la réalité du sport professionnel et de la Ligue canadienne de football. Il y aura toujours des joueurs qui seront retranchés. Je ne suis pas le seul à qui c’est arrivé. Mais lorsque je joue contre eux, ç’a peut-être une saveur particulière.»
Marion, 27 ans, aurait très bien pu décider de laisser tomber le football après avoir été libéré par les Alouettes, mais le géant de 6 pi 5 po a finalement réussi à s’établir chez les Argonauts, remportant au passage une Coupe Grey.
Une famille vendue aux Argonauts
Sur le terrain du BMO Field, après le match de samedi, c’est toute la famille Marion qui affichait fièrement les couleurs de l’équipe torontoise, couronnée championne en 2022. La sœur du joueur, Paule, n’en revenait d’ailleurs pas d’être photographiée par un média québécois dans les vêtements à l’effigie d’un club de... Toronto.
«Benoît a travaillé tellement fort pour se rendre là où il en est, a fièrement lancé son père Yves. Il a du succès, ça va bien, il est bien intégré à l’équipe et nous en sommes très très heureux. Depuis qu’il est jeune, Benoit est un gars d’équipe.»
Dans le vestiaire des Argonauts, ses coéquipiers taquinaient justement l’homme à la barbe rousse en l’entendant parler en français dans le cadre de la présente entrevue.
«On a un vestiaire uni, on a établi une culture où chaque joueur a confiance en ses coéquipiers, a mentionné le numéro 93 des Argos. Quand les trois phases de notre équipe fonctionnent et qu’on travaille ensemble, on a du succès. Notre attaque peut mettre beaucoup de points sur le tableau, notre défensive peut arrêter n’importe qui et nos unités spéciales font des gros jeux et provoquent des revirements.»
On ne peut pas en dire autant des Alouettes...
«Les Alouettes forment une bonne équipe et je pense que c’est un club qui est bien dirigé par les entraîneurs, a néanmoins estimé Marion. Je connais plusieurs joueurs de l’autre côté. Je suis content pour Marc-Antoine Dequoy, avec qui j’ai déjà joué. Il connaît la saison d’un joueur étoile. Par contre, quand on embarque sur le terrain, c’est toujours plaisant de battre ceux que tu connais.»
De nombreux invités
Les deux équipes se retrouveront dès vendredi, à Montréal. Marion devrait alors avoir au moins une vingtaine d’invités, avec la famille, les amis, d’anciens coéquipiers et entraîneurs. En plus d’évoluer pour les Carabins, de 2016 à 2019, l’athlète originaire de Ville Saint-Laurent avait d’abord joué avec le Cactus du Collège Notre-Dame et avec le Phénix du Collège André-Grasset. Un avenir avec les Alouettes pouvait sembler une association naturelle, mais Marion s’impose désormais à Toronto. Encore une fois, la famille affichera les couleurs des Argos, vendredi, dans les estrades du stade Percival-Molson.
«On sait très bien que les Alouettes vont nous attendre de pied ferme, à Montréal», a finalement projeté Marion, en vue du prochain match.