Bénis soient les Oilers!

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Un dilemme me tracasse en marge de l’affrontement entre les Oilers d’Edmonton et les Panthers de la Floride. Les lecteurs de cette chronique savent, depuis le début de la saison, que j’ai choisi les Oilers comme gagnants de la Coupe Stanley. Le problème est que je ne vois pas comment les Panthers peuvent perdre.
Vous avez vu de quelle façon ils ont éliminé les Rangers en finale de l’Est? Les New-Yorkais n’ont jamais été vraiment dans le coup.
Vous me direz que les cinq derniers matchs de la série se sont décidés par un écart d’un but, mais les Panthers étaient en contrôle.
Les Rangers ont obtenu leurs deux victoires en prolongation grâce à leur gardien Igor Shesterkin, qui était de tous les combats.
Trois fantômes
Mika Zibanejad, Chris Kreider et Artemi Panarin ont été peu visibles, étant limités à sept points en six rencontres. Kreider a fait moins son fanfaron devant les robustes joueurs des Panthers.
Alexis Lafrenière s’est révélé le meilleur joueur des Rangers dans cette série.
Ce fut du travail bien fait par la bande de l’entraîneur Paul Maurice, qui vise un premier championnat en 27 ans de carrière comme entraîneur-chef dans la Ligue nationale.
Maurice est un type posé, réfléchi, sociable et drôle quand il le veut. Nous avions de bons rapports quand je couvrais les activités du Canadien sur une base quotidienne.
Un chic type, ce Paul.
Si les Oilers ne l’emportent pas, c’est pour lui, plus que n’importe qui d’autre chez les Panthers, que je serai content.
Skinner envers et contre tous
J’entends d’ailleurs que les Oilers n’ont aucune chance contre les Panthers.
Pas si vite!
Les champions de l’Ouest ont battu de bonnes équipes pour atteindre la grande finale. Les Kings au premier tour, les Canucks au deuxième et les Stars, que bon nombre d’observateurs favorisaient, en finale de l’Ouest.
On peut dire ce qu’on veut de leur gardien Stuart Skinner, mais le fait demeure qu’il a eu son mot à dire dans le parcours de son équipe. Le gardien à l’épaisse moustache a accordé deux buts ou moins dans les quatre victoires des siens contre les Stars, les trois dernières ayant été obtenues alors que les Oilers accusaient un déficit de 2-1 après trois rencontres.
Pour aller chercher la coupe, les Panthers devront limiter la production de Connor McDavid au minimum.
Ce sera un gros mandat.
Mais ils devront s’occuper aussi de Leon Draisaitl, d’Evan Bouchard, de Zach Hyman et de Ryan Nugent-Hopkins, qui, avec McDavid, monopolisent cinq des sept premières positions chez les marqueurs des séries.
Ils n’ont toutefois rien à craindre avec Sergei Bobrovsky devant le filet, du moins en principe.
L’apport de Bennett
Ce sera donc la finesse des Oilers contre la robustesse des Panthers, une hargne qui, tout en respectant la légalité la plupart du temps, laisse des traces.
Brad Marchand peut vous en parler.
Sam Bennett, qui lui a fait voir des étoiles lors du troisième match de la série entre les Panthers et les Bruins, frappe dur. Il ne totalise, malgré tout, que quatre minutes de pénalité en 12 matchs. Rappelons qu’il a raté des matchs en raison de blessures, mais qu’il fait sentir sa présence depuis son retour au jeu au deuxième tour des séries.
La seule certitude que l’on a pour le moment, c’est qu’on aura droit à une finale âprement disputée. Peut-être l’une des meilleures depuis bon nombre d’années.
La présence du meilleur joueur de la planète apporte toujours un cachet particulier à une finale. Ce sera la première fois que Connor McDavid aura la chance de montrer son savoir-faire dans le gros spectacle de fin d’année de la LNH.
Saura-t-il mener les Oilers à la Terre promise comme l’ont fait Wayne Gretzky et Mark Messier autrefois?
Bon, le temps est venu de me lancer dans le bénitier, car j’en aurai besoin. Je prédis une victoire des Oilers en six.
Advienne que pourra.