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Beckett Sennecke: les dessous d’un fascinant développement

«Maman, tu peux être honnête avec moi, suis-je adopté?»

Photo fournie par l'OHL
Photo portrait de Anthony Martineau

Anthony Martineau

2024-05-15T13:30:00Z

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«Maman, tu peux être honnête avec moi. Suis-je adopté?»

À 15 ans, le niveau de patience de l’espoir ontarien Beckett Sennecke a atteint son seuil maximal.

Depuis son tout jeune âge, l’attaquant droitier était constamment l’un des plus petits joueurs de ses équipes de hockey. Et il en avait assez.

Ce qui était difficile à accepter dans tout ça, c’est qu’il avait constamment dans le visage deux «grands» rappels que sa petite stature n’avait rien de génétique: sa mère, Candice, mesure 6 pieds. Vous pourriez peut-être la reconnaître d’ailleurs, elle qui est une ancienne animatrice télé et toujours l’une des designers d’intérieur les plus populaires au Canada (plus de 100 000 abonnés sur Facebook et Instagram). Le père de Beckett, Jurij, mesure quant à lui 6 pieds 3 pouces.

La phrase ci-dessus avait bien sûr été lancée par Sennecke avec humour. Mais sa mère, le connaissant bien, y avait aussi perçu un brin d’amertume... et d’espoir.

«Je lui ai promis que nous étions bien ses parents [rires]», s’est-elle récemment remémoré dans le cadre d’un généreux entretien avec le TVASports.ca.

«Je lui ai aussi dit que son tour viendrait.»

Et son tour est effectivement venu.

Aujourd’hui, Beckett Sennecke mesure 6 pieds 3 pouces. Et ses performances des derniers mois dans la Ligue junior de l’Ontario (chez les Generals d’Oshawa) lui ont fait gagner tellement de points qu’il est désormais l’un des patineurs les mieux cotés en vue du repêchage à venir.

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Voici les dessous d’une ascension qui, depuis quelque temps, fascine le monde du hockey.

«On avait besoin de YouTube pour lui enfiler son équipement!»

Plusieurs joueurs de hockey pratiquent ce sport parce qu’ils ont suivi les traces de leur père.

Beckett Sennecke n’appartient vraiment pas à cette catégorie.

«Mon mari est allemand, précise Candice. Il n’avait jamais mis le pied sur une patinoire avant que Beck ne commence le hockey! C’est un gros partisan de soccer. Notre mariage était censé avoir lieu le 30 juin 2002, mais ce jour-là, l’Allemagne s’est inclinée en grande finale de la Coupe du monde devant le Brésil.»

Elle poursuit. 

«Nous avons dû reprogrammer la cérémonie, car aucun membre de la famille de Jurij (lui inclus!) n’aurait été en mesure d’y assister. Tout le monde est plutôt allé noyer sa peine dans le lobby de l’hôtel [rires]!

«Dans mon cas, j’ai joué au volley-ball avec l’équipe nationale et j’aime vraiment tous les sports, incluant le hockey. Sauf que mes connaissances sur ce sport demeuraient limitées...»

La phrase ci-dessus de maman Sennecke nous confirme que limitées est un terme franchement bien choisi.

«Beckett a commencé à jouer au hockey à l’âge de 4 ans. Mais personne à ce moment ne savait comment lui enfiler son équipement! Une chance que YouTube était là! Oui, on a dû se tourner quelques fois vers cette voie pour s’assurer que toutes les pièces étaient bien en place et dans le bon ordre [rires].»

Une idée à retenir pour certains parents?

Mais comment diable Beckett Sennecke, considérant son historique familial, est-il d’abord devenu un joueur de hockey, mais surtout l’un des meilleurs espoirs de la LNH de l’encan 2024?

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Commençons par le début. De toute façon, il est étroitement lié au présent.

«Beck a une sœur plus vieille de quelques années qui fait du patinage artistique, raconte Candice. Elle a beaucoup de talent. Entre 2 et 4 ans, il la suivait partout et tentait de l’imiter. Un jour, Beck a commencé à l’accompagner lors de ses cours et réussissait la plupart des figures, même s’il avait des patins de hockey aux pieds. C’était un naturel.»

Courtoisie: famille Sennecke
Courtoisie: famille Sennecke

Dans la petite communauté familiale, l’aréna pour le patinage est le même que celui pour le hockey. Peu à peu, Beckett démontre aussi un intérêt pour notre sport national.

«Étant native de Calgary, j’avais quand même un petit lien d’attachement envers le hockey, précise Candice. Alors on s’est dit qu’on avait déjà à se lever tôt pour le patinage de notre fille et... qu’il serait logique de le faire encore plus en inscrivant notre garçon au hockey!

«Le patinage artistique a eu de gros, gros avantages pour Beck, poursuit-elle. Dès ses débuts en tant que hockeyeur, il était déjà un bon patineur! Plusieurs parents mettent leur enfant sur la patinoire en pensant que le hockey lui apprendra à patiner. On a préféré faire l’inverse et je considère que cela le sert encore aujourd’hui. Beckett a toujours été l’un des plus rapides et agiles sur la glace.»

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«Cette petite crevette va se faire écrabouiller!»

Le plus rapide, mais aussi, rappelons-le, l’un des plus petits.

«À l’époque, je regardais ses matchs et je me disais: “Oh, mon Dieu! Cette petite crevette va se faire écrabouiller [rires]”. J’étais pétrifiée! Mais il s’en sortait toujours. On l’appelait “beurre”, parce qu’il réussissait constamment à bien prendre les mises en échec et à se sortir d’embarras.»

Courtoisie: famille Sennecke
Courtoisie: famille Sennecke

Mais Sennecke, en petit garçon passionné et déterminé, n’a jamais cherché à se servir de son gabarit comme prétexte.

«Parce qu’il n’avait pas la taille, il a vraiment mis l’emphase sur le développement de ses habiletés avec la rondelle. Il avait déjà la vitesse sur patins, mais il s’est dit qu’en développant ses feintes, il compenserait la taille qui n’était toujours pas au rendez-vous. C’est ainsi que, tranquillement, le Beckett Sennecke que vous voyez aujourd’hui s’est mis en place. Comme vous le savez, il a pris cinq pouces en deux ans, mais a conservé son aisance sur patins et les habiletés avec la rondelle qu’il a développées au fil des années.»

Une adaptation qui a pris quelque temps

Et comment. Un simple coup d’œil à un match de Sennecke suffit à attirer votre attention sur le numéro 45.

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Un (maintenant!) grand attaquant se déplaçant vite comme le vent et ayant les attributs pour ridiculiser les adversaires qui lui font face.

Et si sa production offensive était «normale» en début de saison, elle a explosé ces trois derniers mois.

Au cours des présentes séries, il compte 22 points, dont 10 buts, en 16 matchs. Sa moyenne de points par match en éliminatoires est actuellement la deuxième meilleure de tout le hockey junior canadien chez les patineurs disputant leur année de repêchage.

Sennecke a également conclu sa saison régulière avec 22 points à ses 12 dernières parties. À titre comparatif, Cayden Lindstrom et Tij Iginla, deux espoirs très bien perçus en vue de l’encan à venir, ont récolté respectivement 21 et 18 points à leurs 12 dernières apparitions de saison dans la WHL. 

«À son arrivée dans l’OHL l’an dernier, Beckett a appris un nouveau système de jeu mis en place par l’un des entraîneurs les plus respectés et expérimentés dans la ligue [Derek Laxdal]. L’agent de Beckett répète que Derek apprend aux joueurs à jouer “comme dans la LNH”. C’est un excellent coach. Beck a aussi développé une grande chimie avec Calum Ritchie [choix de première ronde de l’Avalanche l’an dernier] sur et hors de la patinoire.»

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Les conseils d’une maman... et ancienne vedette télé

Beckett Sennecke, affirme sa mère, est un garçon pouvant paraître timide au départ.

«Mais quand tu commences à bien le connaître, tu te rends compte de sa véritable personnalité. C’est un joueur de tours qui aime quand tout le monde autour de lui se sent bien.»

Questionnée sur la façon dont la famille Sennecke vivait avec toute l’attention publique et médiatique des dernières semaines, la mère de Beckett dit que «tout se passe très bien». Et il est difficile d’en douter.

Avec sa carrière dans la sphère publique et de la télé, Candice a vu neiger. Elle sait naviguer avec la popularité et tente du mieux qu’elle le peut d’aider les siens à faire de même.

«Beckett est un adolescent, alors demander conseil à sa maman, ce n’est pas sa spécialité! Mais oui, nous parlons de sa popularité grandissante, des médias sociaux et de tout ceci. Tout le monde a accès à un téléphone cellulaire et le moindre petit geste que tu poses peut devenir immense. Je le lui rappelle certainement, mais je lui rappelle aussi que c’est un privilège d’être observé par tout le monde à ce point.

«Ultimement, toutefois, je trouve ça fou qu’on demande à ces jeunes de 17 ans d’être parfaits en tout temps. Je ne sais pas pour toi, mais moi, j’ai foiré très souvent, à cet âge-là! Heureusement, Beck n’aime pas s’afficher sur les réseaux sociaux. Mais il doit demeurer prudent et il le sait pertinemment.»

Intérêt du Canadien: «Oh, mon Dieu... Que ce serait cool!»

Dans les dernières semaines, plusieurs ont fait mention d’un possible intérêt marqué du Canadien de Montréal envers Beckett Sennecke.

Figurez-vous que tout ça s’est rendu aux oreilles de Candice.

«J’ai entendu ça récemment! Oh, mon Dieu... Que ce serait cool! Évidemment, rester au Canada serait formidable pour nous. Étant native de Calgary, j’ai toutefois un petit penchant pour cet endroit.

«J’ai récemment demandé à Beck ce qu’il pensait de ces rumeurs. Il m’a répondu: “Maman, je n’entends rien de ça. Je ne sais pas quoi te dire!” Clairement, il se concentre sur sa fin de saison et c’est parfait comme ça.

«Mais peu importe où il aboutira, poursuit-elle, il veut être un choix de première ronde.»

À l’heure actuelle, on peut qualifier ce souhait de dossier classé.

La véritable question est plutôt de savoir à quel point le rang de sélection de Beckett Sennecke sera haut, alors que sa cote de popularité augmente aussi rapidement que... sa taille depuis deux ans.

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