Bandes armées et files d’attente à Caracas: un ex-Montréalais raconte au «Journal» le post-Maduro
Les citoyens sont sur leurs gardes alors que des milices paramilitaires ont érigé des barrages


Nora T. Lamontagne
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Un ex-Montréalais qui vit maintenant à Caracas décrit les files d’attente, une certaine paranoïa et la présence grandissante de milices armées dans la capitale depuis la capture du président Nicolas Maduro.
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Comme plusieurs des trois millions d’habitants de Caracas, David a été réveillé dans la nuit de samedi à dimanche par le bruit des avions supersoniques américains.
Peu après, il apercevait par la fenêtre de son appartement les éclats des bombardements survenus en marge de l’opération visant à capturer Nicolas Maduro.
«Enfin», a-t-il pensé à l’idée d’une intervention pour déstabiliser le régime chaviste au pouvoir depuis 25 ans.
«C’est un sentiment qui peut sembler contradictoire et peu patriotique, d’attendre que les gringos arrivent pour nous sauver. Mais c’est comme ça», laisse-t-il tomber en entrevue avec Le Journal.
Récemment de retour au Venezuela après avoir vécu des années en exil à Montréal, David, un politicologue, craint les représailles s’il utilise son nom complet.
Alors que la présence de journalistes étrangers est fortement limitée au Venezuela, son témoignage donne un aperçu du quotidien des citoyens dans les premiers jours de l’après-Maduro.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Des réserves
Dimanche au petit matin, David et sa compagne se sont aventurés dans les rues de Caracas pour faire des provisions, malgré les conseils de rester cloîtrés.

«On a attendu deux heures en file pour rentrer à l’épicerie. Et en sortant, la file était au moins trois fois plus longue», décrit-il, une situation anormale même au Venezuela.
Une autre file de dizaines de voitures les attendait à la station-service, où des habitants faisaient comme eux le plein «au cas où».


État d’urgence
Le pouvoir vénézuélien a décrété l’état d’urgence au pays au cours des derniers jours et a interdit de célébrer toute manifestation de soutien à l’opération américaine.
Cette répression accrue se traduit par la présence grandissante de milices paramilitaires associées au régime de Nicolas Maduro, toujours au pouvoir, remarque David.
Ces «colectivos» sont des bandes constituées de jeunes à moto, recrutés dans les quartiers les plus pauvres, qui font régner la terreur.
David dit que son beau-fils a d’ailleurs été arrêté lundi à un barrage, où un homme en civil a exigé de fouiller son cellulaire à la recherche de messages incriminants.
«Tout le monde cherche à effacer le contenu de son téléphone en ce moment», témoigne-t-il, via une application cryptée.
Alors que tout peut arriver, David espère l’implosion du régime chaviste ou un soulèvement du peuple de son pays d’origine. «Toutes les conditions sont réunies», conclut le Canado-Vénézuélien.
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