Baiser forcé: l'ex-patron du soccer espagnol écope d'une amende

AFP
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Condamné pour agression sexuelle mais acquitté des accusations de coercition, l'ex-patron du soccer espagnol Luis Rubiales a écopé jeudi de 10 800 euros d'amende (environ 16 000 $) pour le baiser imposé à Jenni Hermoso, une peine très éloignée des deux ans et demi de prison requis par le parquet.
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Le tribunal de l'Audience nationale «a condamné l'ancien président de la Fédération royale espagnole de football (RFEF), Luis Rubiales, à 18 mois d'amende, avec un tarif journalier de 20 euros (29 $), pour le délit d'agression sexuelle», selon un communiqué consulté par l'AFP.
Il lui est également interdit de s'approcher de Jenni Hermoso à moins de 200 mètres et de communiquer avec elle pendant un an.
Cette décision «peut être contestée devant la chambre pénale de l'Audience nationale», précise le tribunal.
Lors du procès, la représentante du ministère public avait réclamé deux ans et demi de prison à l'encontre de Luis Rubiales: un an pour agression sexuelle et un an et demi pour les pressions exercées sur la joueuse pour minimiser la gravité du geste.
Au terme du procès, sa représentante Marta Durántez Gil avait estimé qu'il n'y avait «aucun doute» sur le caractère non consenti du baiser qu'avait imposé Luis Rubiales à Jenni Hermoso lors de la remise des médailles après le sacre des Espagnoles au Mondial féminin, le 20 août 2023 en Australie.
Procès symbolique
Erigée en symbole de la lutte contre le sexisme dans le sport, Jenni Hermoso avait elle-même réaffirmé à l'ouverture du procès le 3 février n'avoir jamais donné son consentement et assuré s'être sentie «peu respectée» en tant que femme.
La meilleure buteuse de la sélection espagnole avait aussi décrit les «innombrables» pressions subies après ce geste pour étouffer le scandale.
Devant le tribunal de l'Audience nationale de San Fernando de Henares, près de Madrid, l'ex-homme fort du soccer espagnol avait de son côté campé sur ses positions, se disant «absolument sûr» que Jenni Hermoso avait consenti à ce baiser.
«J'aurais dû garder mon sang froid et ne pas me laisser emporter par l'émotion» de la victoire, avait toutefois concédé en audience Luis Rubiales.
Son avocate Olga Tabau Martínez avait plaidé l’acquittement, évoquant une conduite «inappropriée» mais pas «criminelle». Elle avait aussi rejeté toute forme de coercition de sa part, c'est-à-dire toute contrainte par le recours à la force ou aux menaces sur l'attaquante dont il était le supérieur hiérarchique.