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Bagarres abolies: non, il n'y a pas eu plus de coups salauds dans la LHJMQ cette saison

Photo courtoisie / Remparts de Québec
Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2024-03-25T20:07:18Z

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Critiquée et remise en doute lorsqu’elle a annoncé l’interdiction complète des bagarres dans son circuit, la LHJMQ a finalement gagné son pari: le nombre de combats a chuté de façon importante en 2023-2024, ce qui n’a eu aucun effet sur les assistances, ni donné droit à plus de coups salauds. 

Au total, en 2023-2024, 31 combats ont éclaté dans le circuit Cecchini, une baisse digne de mention, considérant les 86 combats de la saison 2022-2023 ainsi que les 91 de l’année précédente.

Rappelons que depuis cette saison, les deux joueurs impliqués dans une bagarre sont automatiquement expulsés du match et l’instigateur écope d’un match de suspension.

Un joueur impliqué dans une deuxième bataille pendant la saison reçoit également un match de suspension.

Arguments réfutés

Lors de l’adoption de ce règlement, plusieurs avaient remis en doute cette politique, estimant que la LHJMQ perdrait de son intérêt auprès du public et que la «Q» deviendrait le théâtre de plus de coups salauds.

Après une première année, on peut dire que ces deux arguments étaient faux.

Le circuit a vu les assistances globales dans ses 18 marchés grimper de 4,5% par rapport à l’an dernier. Les 2 045 453 partisans qui ont pris part à l’un ou l’autre des matchs de saison régulière de la LHJMQ cette saison constituent également une hausse de 1% par rapport à la saison 2018-2019, la dernière saison pré-COVID. Au total, 14 des 18 équipes ont connu une croissance aux guichets.

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Quant aux coups salauds, ils n’ont pas augmenté ni diminué par rapport à l’an dernier. En 2022-2023, 101 suspensions avaient été décernées, dont 34 liées au combat et 43 pour l’un des six coups dangereux qui préoccupent davantage le circuit: les coups à la tête, les coups de genou, les bâtons élevés (incluant les doubles-échecs), les infractions pour avoir donné de la bande, pour avoir fait basculer (slewfooting) et les assauts.

Cette saison, des 96 suspensions remises, 29 sont en lien avec les bagarres et 45 pour l’un des six coups dangereux mentionnés ci-haut.

«Après un an, on peut maintenant faire des constats. On n’est plus dans les perceptions. [...] Ça va être cyclique mais c’est très satisfaisant pour une première année, surtout que ce dossier a été très médiatisé», se félicite le commissaire de la LHJMQ, Mario Cecchini.

Et la LNH?

Le commissaire a raison lorsqu’il cite les deux arguments mentionnés à la LHJMQ lorsqu’elle a décidé d’abolir les bagarres, soit l’impact sur les foules et la possible augmentation des coups salauds. On les a entendus souvent dans les derniers mois.

Mais, il y en a un autre, lui a-t-on soumis: est-ce que ça aura un effet sur le nombre de joueurs repêchés ou réussissant à accéder à la LNH? Plusieurs personnes ont mentionné au cours des derniers mois que la nouvelle réglementation ferait en sorte que les joueurs de la LHJMQ ne seraient pas outillés adéquatement pour le jeu physique de la LNH. Ce fut notamment le cas de l'attaquant des Blue Jackets de Columbus Mathieu Olivier qui le mentionnait au Journal en novembre dernier. 

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«Cet aspect-là a encore sa place dans le jeu. Je ne sais pas où on s’en va, mais je pense qu’on ne met pas nos jeunes dans une situation qui va les préparer pour le pro. Pas pour les bagarres, mais pour la façon de jouer, les interactions sur la patinoire et la façon avec laquelle les gars font leur place», mentionnait-il.

Certes, cette donnée est incalculable pour l’instant, vu le court délai, mais, qu’importe, le commissaire demeure persuadé qu’il s’agit d’un non-argument.

«Pour moi, il existe une grande différence entre les bagarres et le jeu physique. Si on a eu autant de suspensions dans la ligue, c’est que nos joueurs ont frappé et certains l’ont mal fait. L’élément physique dans le jeu, on l’encourage et l’aspect robustesse fait partie du hockey. À l’intérieur de nos règles, on laisse assez d’espace pour ça. [...] Plus de 50% des joueurs dans la LNH viennent de ligues où il n’y a pas de bagarres», rappelle-t-il en faisant référence à la majorité des circuits européens ainsi qu’à la NCAA, un circuit qui n’a pas à essuyer le même genre de critiques que la LHJMQ malgré le fait que les bagarres y soient interdites.

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