Avortement en Floride: une femme a dû accoucher d’un bébé sans reins en sachant qu’il allait mourir

Jean-Michel Clermont-Goulet
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Les lois antiavortement se multiplient à travers les États américains conservateurs. En Floride, en raison de ces mêmes restrictions, une femme a été obligée de porter à terme son bébé, même s’il n’avait pas de reins et qu’il ne survivrait pas. Il est mort dans ses premiers instants de vie.
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Le 3 mars dernier, Deborah Dorbert a tenu pour un très bref instant son petit Milo, qui est décédé dans ses bras peu de temps après sa naissance, comme ses médecins l’avaient prédit.
«Il a cherché de l’air à quelques reprises lorsque je l’ai tenu. J’ai regardé mon enfant prendre son premier souffle, et je l’ai tenu lorsqu’il prenait son dernier souffle», a confié à CNN la femme de 33 ans et mère d’un enfant de 4 ans.
Sa grossesse se déroulait comme prévu, jusqu’en novembre dernier, alors qu’une échographie révèle que le fœtus n’avait pas de reins et qu’elle n’avait pratiquement pas de liquide amniotique.
Quitter la Floride ou mener à terme
À 24 semaines, la mère de famille n’a pas pu mettre un terme à sa grossesse, puisqu’il était trop tard. En Floride, tous les avortements après 15 semaines sont interdits, sauf de rares exceptions.
Deux médecins peuvent confirmer par écrit le diagnostic d’une anomalie fœtale fatale. Toutefois, plusieurs hésitent à aller de l’avant, par peur que leur décision soit remise en question ou d’être condamnés en cas de violation de la loi, comme la prison.

Les seules options qui lui restaient étaient de quitter la Floride pour un État où il est possible de se faire avorter, comme au Colorado, l’Alaska ou le Vermont, ou de porter le bébé à terme.
Puisque Deborah Dorbert et son mari n’avaient pas les moyens de voyager, 13 semaines d’angoisse ont suivi, sachant qu’elle portait un bébé qui allait inévitablement mourir, la plongeant dans la dépression et l’anxiété.
Non seulement le bébé était assuré de mourir à sa naissance, Mme Dorbert était également à haut risque de développer une prééclampsie, soit l’apparition ou l’aggravation d’une hypertension artérielle potentiellement mortelle.
«La loi est très claire»
Contactée par CNN, l’une des représentantes républicaines de la Floride, Jenna Persons-Mulicka, qui a co-parrainé la limite de 15 semaines de l’état, a souligné que «l’intention dans la loi est très claire».
«Nous donnons aux mères les ressources dont elles ont besoin pour élever des enfants en bonne santé, nous donnons aux médecins les moyens d’aider leurs patients à prendre des décisions éclairées et nous faisons passer la conversation à la valeur de la vie», a-t-elle répondu par voie de communiqué.

Le mois dernier, le gouverneur de la Floride Ron DeSantis a signé une loi encore plus restrictive qui interdirait la plupart des avortements après six semaines, à l’exception des anomalies fœtales mortelles.
La Cour suprême de la Floride devra toutefois renverser un précédent sur l’avortement pour que cette loi puisse être entérinée.
− Avec les informations de CNN