Avez-vous fait les bons choix d’investissements pour vous enrichir?
Après le premier semestre, les marchés boursiers affichent tous des gains


Michel Girard
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Après le premier semestre, les marchés boursiers affichent tous des gains. Par contre, le marché obligataire des obligations négociables, lui, continue de végéter.
Mais lors de l’actuel deuxième semestre, on pourrait se retrouver dans une situation inverse, avec d’une part, un marché boursier qui fait du surplace et d’autre part, avec un marché obligataire qui repart à la hausse.
Quoi qu’il advienne, dans un cas comme dans l’autre, l’important c’est de pouvoir disposer d’un portefeuille bien diversifié dans les deux marchés financiers:
- Un, avec une bonne répartition de ses actifs dans des actions, fonds communs d’actions ou fonds indiciels, comme les IShares;
- Deux, avec un bon pourcentage de son portefeuille dans des titres à revenu fixe, comme des obligations négociables, des fonds communs d’obligations, des placements garantis (CPD, obligations d’Épargne Placements Québec, etc.).
À titre d’exemple, un portefeuille diversifié avec seulement trois fonds indiciels que l’on peut acheter à la Bourse de Toronto, comme le IShares XIC (indice S&P/TSX de la Bourse de Toronto), le IShares XWD (indice MSCI monde) et le IShares XBB (indice des obligations canadiennes), voici le rendement que vous auriez obtenu sur les 6, 12 et 24 derniers mois, selon la compilation des données effectuée par Aubin Actuaire Conseil.
Avec un portefeuille (50% de XBB; 22,5% de XIC; 22,5% de XWD), le rendement au 30 juin 2024 était de:
- + 5,3% sur 6 mois
- + 10,9% sur 12 mois
- + 10,3% annualisé sur 24 mois
Avec un portefeuille (35% de XBB; 32,5% de XIC; 32,5% de XWD), le rendement au 30 juin dernier était de:
- + 7,0 sur 6 mois
- + 13,1% sur 12 mois
- + 12,3% annualisé sur 24 mois
MARCHÉS BOURSIERS
Pourquoi les marchés boursiers risquent-ils de connaître un deuxième semestre 2024 plutôt terne? Parce que le niveau actuel des grands indices boursiers est très élevé, reflétant une solide croissance anticipée des bénéfices des sociétés.
Il ne faut jamais perdre de vue qu’au plan fondamental, le niveau des deux grands indices canadien (S&P/TSX) et américain (S&P 500) repose sur le niveau des bénéfices et dividendes des sociétés.
En date de la séance boursière de mercredi dernier 3 juillet, le S&P/TSX se négociait à un ratio cours/bénéfice de 15,6, et le S&P 500 de la Bourse de New York, à un ratio cours/bénéfices de 24,3.
Dans son «Mensuel boursier» de juin dernier, la Financière Banque Nationale anticipe une baisse des bénéfices d’ici le 2e trimestre de 2025, voire plus précisément une baisse de 3,4% au niveau des bénéfices des sociétés canadiennes et une baisse de 5,7% du côté des bénéfices des sociétés américaines.
Par voie de conséquence, si cela se concrétise, la Financière Banque Nationale s’attend à voir le S&P/TSX reculer possiblement jusqu’au niveau de 20 300 points d’ici le 2e trimestre 2025 et le S&P 500 baisser jusqu’au plancher de 4800 points.
Par rapport aux niveaux actuels de 22 223 points pour le S&P/TSX de Toronto et de 5537 points pour le S&P 500 de New York, on assisterait à un repli de 8,5% sur la Bourse canadienne et à un repli de 13,3% sur la Bourse américaine.
Cela dit, avec la bourse on n’en est pas à une surprise près. À preuve, qui a prédit que le S&P 500 et le NASDAQ allaient enfiler en 2024 des records historiques? Le S&P 500 a bondi de 16% depuis le début de l’année et le NASDAQ a explosé de 21%.
Même chose pour le Nikkei 225 de la Bourse de Tokyo, qui vient de fracasser un record avec sa hausse de 22% depuis le début de l’année.
Pendant ce temps-là, la Bourse canadienne, elle, gagnait 6%, tout comme le Hang Seng de la Bourse de Hong Kong et le FTSE 100 de la Bourse de Londres.
MARCHÉ OBLIGATAIRE
Théoriquement parlant, s’il y a un marché financier qui devrait recommencer à relativement bien performer c’est bien celui du marché obligataire, là où se négocient les obligations négociables émises par les gouvernements et les grandes entreprises.
Depuis le début de l’année, les trois indices des obligations canadiennes n’ont rien foutu:
- FTSE Canada Obligations univers: - 0,4%
- FTSE Canada Obligations à long terme: - 3,4%
- FTSE Canada Obligations à rendement réel: - 0,8%
Après une première baisse au début du mois de juin, il suffirait que la Banque du Canada enfile quelques autres baisses de son taux directeur pour que le marché obligataire canadien se remette à grimper. Je vous rappelle que la valeur marchande des obligations augmente lorsque les taux d’intérêt baissent et vice-versa.
Et il va sans dire que le grand coup de pouce au marché obligataire proviendra de la Réserve fédérale américaine (FED) lorsqu’elle amorcera la réduction de son taux directeur.
Le taux directeur de la FED s’élève actuellement à 5,50%. Les analystes financiers s’attendent à ce qu’il descende à 5,0% d’ici décembre prochain, et à 3,5% à la fin de décembre 2025.
Du côté de la Banque du Canada, le taux directeur devrait reculer d’un autre 3⁄4 de point de pourcentage lors du 2e semestre, pour descendre à 4% en décembre prochain. Et à la fin de l’année prochaine, les analystes visent le plancher des 3,0%.
Si ces pronostics se matérialisent, le marché obligataire devrait réaliser une belle performance.
Par ailleurs, une baisse des taux d’intérêt devrait permettre aux titres à dividendes élevés de regagner le «cœur» des investisseurs. C’est le retour du balancier.
En période de taux d’intérêt élevés, nombre d’investisseurs préfèrent miser sur des placements sans risques, et ce, au détriment des actions à rendement élevé de dividendes. Et lorsqu’on arrive en période de baisse de taux, comme ce sera le cas bientôt, les investisseurs réinvestissent davantage dans les titres à dividendes costauds.
Voilà pour la théorie. Attendons-nous maintenant à voir beaucoup de volatilité sur Wall Street d’ici la tenue des élections présidentielles américaines, le mardi 5 novembre.