Tous les résultats
Publicité

Avenir de CBC/Radio-Canada: Ottawa propose de couper les publicités des émissions d’information

Photo portrait de Raphaël Pirro

Raphaël Pirro

2025-02-20T15:53:27Z

Partager

Ottawa propose d’augmenter drastiquement le financement public de Radio-Canada pour entre autres mettre fin aux publicités lors des émissions d’information et cesser de facturer au public des services comme l’EXTRA de TOU.TV.

Au terme d’une consultation avec un comité spécial entamée en mai dernier, la ministre du Patrimoine, Pascale St-Onge a présenté un plan de refonte complète du mode de financement du diffuseur, jeudi.

Doper le financement public

S’inspirant des pays européens du G7, elle recommande d’inscrire le financement de la SRC «dans la loi» sous la forme de «crédits législatifs» plutôt que de le laisser au bon vouloir du parti au pouvoir, au gré des budgets.

À environ 33$ par habitant, le Canada est 6e parmi les sept pays du G7 (moyenne de 62$) en matière de financement public per capita, suivi des États-Unis, tout au bas de la liste.

«Je ne crois pas que notre référence devrait être les États-Unis quand vient le temps de soutenir un diffuseur public», a lancé la ministre, en conférence de presse.

Publicité

Cette formule occasionnerait aussi un financement plus stable et prévisible à long terme qui lui permettrait de se distancier du politique et de mieux réaliser son mandat, celui de favoriser les «avantages sociaux, culturels et démocratiques», illustre-t-elle.

«Radio-Canada/CBC n’appartient ni aux libéraux, ni aux conservateurs, ou à [quelque] autre parti politique. Ça appartient à la population canadienne», a indiqué Pascale St-Onge.

De plus, la fin des publicités va «permettre d’apporter de l’oxygène [au] secteur privé pour qui ces revenus publicitaires là deviennent accessibles».

Un contexte électoral

Le plan de Mme St-Onge est dévoilé à l’aube des élections fédérales, dans un contexte de grande incertitude politique.

Jeudi, le chef conservateur Pierre Poilievre a réitéré sa promesse de sabrer dans la CBC, sans mentionner Radio-Canada, plus populaire que son pendant anglophone. «Il n’y a presque personne qui regarde la CBC», a-t-il dit.

Pour minimiser l’ingérence perçue du politique, la ministre recommande que les nominations à la direction soient gérées par le conseil d’administration de la SRC plutôt que par le gouvernement en place.

Marie-Philippe Bouchard, ancienne patronne de TV5 Québec Canada et membre du comité consultatif, a remplacé Catherine Tait à la tête de la société d’État début janvier.

Bon pour la «souveraineté» du Canada

Par ailleurs, Mme St-Onge a confié une mission à la société d’État: celle de jouer un rôle de leader en «innovation» technologique, un secteur qui «présentement est laissé entre les mains des oligarques américains».

Elle présente la SRC comme un des vecteurs de la «souveraineté» canadienne.

Le ministre québécois de la Culture, Mathieu Lacombe, regrette qu’Ottawa ait «exclu» le Québec de la consultation. «Le Québec aurait dû avoir voix au chapitre et force est de constater que le fédéral préfère ignorer le fait que l’avenir de Radio-Canada, ça regarde aussi le Québec».

Pascale St-Onge recommande aussi de reconnaître la loi sur CBC/Radio-Canada comme un outil pour «lutter contre la désinformation» dans la foulée de la commission Hogue sur l’ingérence étrangère.

Portrait des finances de CBC/Radio-Canada en 2023-2024:

Revenus publicitaires: 493,5 M$ (-4,3% en un an)

Financement public: 1 436,6 M$ (+13% en un an)

Dépenses totales: 1 889,4 M$ (-0,9% en un an)

Coût par habitant: 33,66$

* Chiffres tirés du «Rapport annuel 2023-2024» de la SRC.

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Publicité
Publicité