Avec son nouveau conjoint à Paris, Audrey Price envisage-t-elle une carrière en France?
Écoutez «Les Armes», tous les lundi à 20 h sur TVA.
Alicia Bélanger-Bolduc
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Deux ans seulement après sa sortie du Conservatoire, Audrey Price jouit très d’une très belle carrière. Si l’interprète de Rose Girard dans Les Armes partage sa vie entre la France, où son conjoint habite, et le Québec, sa carrière d’actrice demeure toutefois sa priorité.
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Audrey, il se passe encore beaucoup de choses pour ton personnage de Rose dans Les Armes.
Il faut dire que cette saison, elle vit une grosse peine d’amour. Elle est en deuil, car elle croit toujours que Mick est mort, alors que le public sait que ce n’est pas le cas. Ça teinte son jugement dans toutes les facettes de sa carrière et elle est dépassée par les événements. Elle doit mentir à sa supérieure à cause de toute l’histoire de drogue et elle s’enfonce de plus en plus ; elle ne voit plus le bout. En voulant toujours faire la bonne chose pour ceux qui l’entourent, elle oublie ce qui est bon pour elle. J’ai hâte de m’asseoir et d’écouter la suite de la saison 2 !
Ce n’est pas tout le monde qui réécoute ses performances... Est-ce important pour toi ?
C’est sûr que ce n’est pas la chose la plus agréable au monde de se regarder jouer, mais c’est un bel exercice. Je suis encore au début de ma carrière ; plus je peux apprendre, mieux c’est, et regarder mes performances fait partie de cet apprentissage. Je suis aussi vraiment curieuse. Quand je me prépare pour les tournages, je ne lis pas seulement la scène dans laquelle je vais jouer, mais le scénario en entier. Le lundi est une journée excitante pour moi, parce que je peux suivre l’histoire et voir où mes collègues en sont dans leurs trames narratives.

Que penses-tu de l’évolution de ton personnage ?
Honnêtement, je suis très heureuse de la direction que ça prend. J’adore les défis et ce personnage en est tout un ! Rien ne va plus pour Rose, et ça me permet de jouer plein de choses. Ce n’est pas facile, mais j’adore ça. J’aime aussi me laisser surprendre par la direction que prend le scénario et ne pas avoir de contrôle sur cet aspect. Dans la première saison, Rose était très dure et ne voulait s’ouvrir à personne. Elle est tombée amoureuse et on a eu accès à sa vulnérabilité. Dans la saison 2, elle a un nouveau poste qui lui confère plus de pouvoir et d’autorité, mais on la sent un peu insécure malgré tout. Je trouve cette dichotomie intéressante.
Ce personnage est arrivé tout de suite après ta formation au Conservatoire. Commences-tu à avoir une certaine routine de tournage ?
Au début, tout était nouveau, donc c’était très épeurant, mais en même temps très euphorisant. Je suis tellement bien entourée que j’ai tout le soutien nécessaire. Je commence à comprendre ce dont j’ai besoin personnellement pour pouvoir donner mon maximum pendant les journées de tournage. Ça reste un travail évolutif qui varie en fonction de mes différents personnages et de ce qu’ils vivent. J’aime aussi prendre deux secondes dans ma journée juste pour réaliser à quel point je suis chanceuse d’avoir cette vie-là.
Depuis la fin de tes études, tu as enchaîné différents projets. Comment entrevois-tu la suite de ta carrière ?
J’ai fait de petites apparitions ici et là, mais encore rien d’aussi gros que Les Armes. Je ne refuse aucune occasion ni opportunité d’apprendre. Je suis reconnaissante pour Les Armes, puisque ça me donne encore plus de visibilité ; ça a changé ma vie. Je suis très reconnaissante envers l’équipe qui m’a offert ma première chance, alors qu’elle aurait pu choisir une comédienne déjà connue. Pour le moment, ça me permet de passer des auditions et d’avoir accès à de beaux projets.
Tu es en ce moment à Paris, où ton conjoint habite. Comment occupes-tu ton temps ?
La vie est assez bien faite. J’avais une audition ici et j’en ai profité pour venir le visiter. Même si je suis en pause de tournage, je ne veux jamais arrêter de jouer parce que c’est comme un muscle : il faut l’entretenir pour le garder intact. Ma carrière reste ma priorité, donc même si je suis en visite, je suis en ce moment une formation de jeu devant la caméra. On pratique une scène le temps d’une journée et le lendemain, on regarde ce que tout le monde a fait. C’est vulnérabilisant, mais j’apprends beaucoup.
Envisages-tu de faire carrière en France ?
Ma priorité sera toujours le Québec, c’est mon chez-moi. Pour l’instant, je ne suis pas dans une position où je peux refuser des offres, mais mon objectif n’est pas de percer en France.
Ton conjoint et toi avez-vous pensé au futur qui vous attend ?
Ça ne fait pas encore un an qu’on est ensemble, donc on y va au jour le jour pour le moment. On est tous les deux travailleurs autonomes, ce qui est une chance, puisque ça nous permet de gérer notre horaire. Il adore le Québec, il est venu passer Noël avec ma famille et il travaille dans le milieu de la mode, donc il pourrait avoir des opportunités ici, mais on n’est pas au stade de la planification. Le travail reste, pour nous deux, une priorité pour le moment.
Tu as développé une belle connexion avec Lou Vincent-Desrosiers sur le plateau de Les Armes. Vous venez toutes les deux de familles artistiques ; est-ce que c’est ce qui vous a permis de connecter davantage ?
On a vraiment connecté dès le début. Ç’a été très rapide entre nous, mais ça n’a jamais été une question de parcours ou de vies similaires. C’était plutôt un coup de cœur et, par la suite, on a réalisé qu’on avait fait la même école et que nos parents sont eux aussi dans le milieu des arts. On avait beaucoup de points communs. À la première journée de préparation, elle m’a invitée à aller courir avec elle. Ça m’a touchée puisque j’étais assez intimidée et qu’elle avait déjà plus d’expérience que moi. Elle m’a prise sous son aile et on est devenues très proches. C’est lors d’un voyage à Paris avec elle que j’ai rencontré mon amoureux, que j’appelle mon beau Breton. (rires)

Qu’est-ce que tu aimes faire lorsque tu n’es pas sur les plateaux ?
Je suis une grande lectrice, j’en ai vraiment besoin ; si ce ne sont pas des scénarios ou des textes d’audition, j’ai toujours un livre à la main. J’aime commencer ma journée de cette façon, c’est ma routine. À l’hiver, je me lance aussi beaucoup dans l’écriture. J’ai besoin de sentir que je travaille ma fibre créative, que ce soit à travers le jeu, la lecture, l’écriture ou les films ; n’importe quoi qui m’enrichit sur le plan créatif ! Notre corps est aussi notre instrument, donc j’aime faire du sport pour garder une certaine discipline.
Tu parles d’écriture, aimerais-tu écrire ton propre scénario un jour ?
J’aimerais beaucoup. Je suis un peu là-dedans en ce moment. J’ai de petits projets en tête qui se développent tranquillement — peut-être plus du théâtre que des scénarios. Je suis en train de démêler tout ça, une chose à la fois...

Tu viens d’une famille de musiciens. La musique est-elle aussi une passion pour toi ?
La musique va toujours avoir une place énorme dans ma vie. Parfois, j’ai le goût de recommencer parce que je trouve que cette sensibilité musicale peut aussi nourrir mon jeu. C’est sûr qu’en ce moment, je l’écoute plus que je ne la joue ou la chante. J’ai beaucoup aimé mon parcours au Conservatoire parce qu’on y avait des cours de chant et qu’on baignait dans plusieurs formes d’arts liées au jeu, dont la musique. J’essaie de garder ça vivant en moi et de faire mes vocalises de temps en temps, juste pour rester à jour.
Qu’est-ce qui s’en vient pour toi, prochainement ?
En ce moment, je suis surtout en période d’auditions. Je ne peux pas parler de certains projets, mais je peux dire que je fais partie de la série de mon amie Laurence Latreille, avec qui j’ai étudié au Conservatoire. Ce projet, dans lequel plusieurs anciens camarades de classe tiennent aussi de petits rôles, sortira au printemps. Je suis très fière de mon amie. La série s’intitule Dates savoureuses.