Avec sa plate-forme The Locker Room, Marc-Olivier Daigle veut se concentrer sur la dureté du mental


Jonathan Bernier
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Il y a un vieux dicton qui dit que le hockey, ça se passe à 90% dans la tête. Pourtant, lorsqu’on fait un survol des services offerts pour aider les jeunes athlètes à passer au niveau suivant, cet aspect est grandement négligé.
Cours de power skating et de maniement de rondelle, séances d’entraînement hors glace, yoga, mise en place de plans alimentaires: les offres de services sont nombreuses. Le corps est inévitablement sain. Mais l’esprit, lui?

C’est le constat qu’a fait Marc-Olivier Daigle, ancien joueur de la LHJMQ et des rangs universitaires, devenu agent.
«J’en ai parlé avec d’anciens joueurs et des agents qui ont du vécu. On s’est rendu compte que, pour le côté mental, à part en faisant appel à un psychologue sportif personnel, il n’y a rien», a-t-il raconté. «J’ai même fait des recherches pour voir si quelque chose existait au Canada anglais, aux États-Unis ou en Europe. Je n’ai rien trouvé.»
Même quand ça va bien
Pour combler ce vide, il a mis sur pied The Locker Room (thelockerroomhockey.com), une plate-forme où les joueurs, menés par un intervenant, sont invités à interagir entre eux lors de séances virtuelles d’environ 90 minutes.
«Le but, c’est que les joueurs discutent, échangent et apprennent les uns des autres. C’est une discussion et non un cours où ils ne font qu’écouter», a expliqué Daigle, ancien gardien des Mooseheads d’Halifax.
«La thématique du locker room, c’est le vestiaire. Le vestiaire, c’est un lieu où les gars se sentent en sécurité. Il s’en dit des choses dans un vestiaire. C’est ce qu’on veut reproduire», a-t-il poursuivi.
La gestion de match, la confiance, la préparation, la motivation, la gestion du stress et la concentration sont les thèmes qui seront abordés tout au long de l’année par les différents intervenants (des anciens joueurs, des entraîneurs, des préparateurs mentaux).
«L’aspect mental, il ne faut pas seulement s’en occuper quand ça va mal. C’est quand ça va bien qu’il faut apprendre comment le faire et comment l’appliquer», a insisté l’homme de 29 ans. «La préparation mentale, par exemple. On en parle beaucoup, on dit que c’est important. Mais comment on fait ça? Quand le fait-on? C’est quoi les trucs qui existent pour la maximiser?»
Visualisation
Il y a quelques semaines, The Locker Room a tenu sa première séance, une sorte de pilote pour ainsi dire. Le succès de cette première expérience a convaincu le fondateur de l’utilité de son projet.
«Ça a été super positif. C’est même nous qui avons dû mettre un terme à la session parce qu’on avait dépassé le temps alloué», a-t-il raconté. «Les gars se sont échangé des idées auxquelles certains autres n’avaient pas pensé. On avait, entre autres, trois joueurs de la LHJMQ, un des rangs universitaires et un du midget AAA. Les plus vieux ont autant appris du plus jeune que l’inverse.»
Le projet n’en est qu’à ses balbutiements, mais Daigle voit déjà grand.
«Pour l’instant, on se concentre sur le Québec, mais ça ne veut pas dire qu’on n’élargira pas nos cadres [à] un moment donné.»
Daigle a raison de penser ainsi. Après tout, la visualisation, ça fait également partie de la préparation mentale.