Avec Price et Weber, la reconstruction n’existait pas


Michel Therrien
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J’ai déjà entendu des discussions à savoir si Shea Weber allait être intronisé ou non au Temple de la renommée du hockey à sa première année d’admissibilité et je crois qu’il s’agit d’un honneur pleinement mérité. Je pense également que Carey Price y accédera l’an prochain pour des raisons similaires à son ami.
Avec le Canadien, j’ai eu le privilège de diriger et de connaître Weber. Il était dédié à son équipe et ce type de grand leader rend ses coéquipiers meilleurs. À cet égard, il a réussi, même s’il n’a pas remporté la coupe Stanley; d’ailleurs, il ne faut pas oublier ses médailles d’or aux Jeux olympiques et d’autres événements prestigieux comme la Coupe du monde et les Championnats du monde. Jusqu’à la fin, il a été l’un des joueurs les plus respectés de la Ligue nationale et ce fut un honneur pour moi de le côtoyer et de le «coacher».
À propos de Price, il a représenté un athlète dominant jusqu’à la fin de son parcours. Grâce à son comportement sur la glace, il se voulait un meneur à sa façon qui rendait son club meilleur. Aussi, lorsque tu as un gars comme lui dans ton effectif, tu ne peux pas penser à reconstruire; il faut mettre en place une formation adéquate devant lui. Quand il a annoncé qu’il ne revenait pas au jeu, le CH a amorcé sa phase de reconstruction.
Long et difficile
Pour ma part, je n’ai jamais été un grand partisan de ce processus qui peut s’avérer long et pénible. Il n’y a aucune garantie de succès. Lorsque je suis arrivé à Pittsburgh, ça faisait déjà quelques années que les Penguins éprouvaient des difficultés et je ne voulais pas que mes joueurs s’habituent à la défaite, en dépit de leur jeunesse. Je voulais en faire des gagnants et ils ont embarqué dans le projet.
Et à Montréal, il n’était pas question de perdre non plus, surtout avec Price. En 2014, on aurait possiblement atteint la finale et même gagné la coupe sans sa blessure. Dans ses bonnes années, il élevait le club qui se révélait supérieur à ce qu’il était réellement. Un grand gardien cache les défauts du groupe. Nous le constatons actuellement chez le Canadien présentement. Quand les gardiens peinent ou sont simplement moyens, tout le reste – les joueurs, les instructeurs et la direction – est exposé. Les faiblesses sont plus évidentes et les critiques se font plus intenses.