Avant la comédie et la scène, Mickaël Gouin a songé à une carrière d’athlète professionnel
Marjolaine Simard
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Mickaël Gouin a commencé 2026 en force avec ses différents projets, dont les tournages de la série Qui a éclaboussé le ministre ? et la web-série Mon coloc de 80 ans, qu’il a créée et réalisée avec enthousiasme. Lorsqu’il n’est pas dans nos écrans, il est aussi le papa attentif de Milo et l’amoureux complice de Léane Labrèche‐Dor, qui crève l’écran dans la quotidienne Antigang. Rencontre avec un artiste qui sait savourer à la fois son travail et sa vie de famille.
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Mickaël, nous avons appris que tu es de la distribution de la suite de Qui a poussé Mélodie ?, qui s’intitule Qui a éclaboussé le ministre ?. Peux-tu nous en parler ?
J’étais vraiment content qu’on me propose ce rôle pour la nouvelle saison. Les personnages principaux sont de retour, mais l’intrigue prend une toute nouvelle tournure. Je joue le ministre de la Famille, un ancien « Raton » de la garderie, très populiste, qui cherche à projeter une image ultra-accessible. Lors d’un discours public pour redorer la réputation de la garderie, écorchée dans la première saison, il se fait éclabousser et humilier, et c’est le déclencheur de toute l’histoire. On se demande alors : est-ce une vengeance, un coup politique ou une manipulation ? Plus l’intrigue avance, plus on découvre qu’il y a des forces en coulisses. C’est à la fois absurde, intelligent et très drôle.
Tu es aussi derrière la série web Mon coloc de 80 ans, que tu as écrite et réalisée. D’où t’est venue l’idée de réunir deux générations sous un même toit ?
À la base, la boîte de production KOTV voulait adapter la série canadienne-anglaise My 90-Year-Old Roommate, et on m’a proposé d’en faire la version québécoise. J’ai accepté, mais en travaillant sur le projet, j’ai eu envie d’aller plus loin que le concept original, qui se concentrait surtout sur les différences entre jeunes et moins jeunes. Je voulais vraiment explorer la rencontre humaine entre deux générations qui se croisent rarement. Plutôt que de tomber dans la caricature du « vieux dépassé » ou du « jeune inconscient », j’ai voulu montrer une vraie amitié où chacun apprend de l’autre. Au fond, l’idée était de rappeler que, plutôt que de se juger entre générations, on gagnerait tous à mieux se comprendre. Et par bonheur, on m’a finalement proposé la réalisation. Une première expérience géniale !
Tu as choisi Luc Senay et Étienne Galloy pour former ce duo du grand-père et du petit-fils qui cohabitent...
J’avais envie de proposer une vraie transformation à un acteur. Luc Senay avait ce mélange parfait : empathique et chaleureux, mais aussi un peu rebelle et clown. Je ne voulais pas d’un grand-père ennuyant, mais d’un personnage candide et attachant, sans être naïf. Pour le jeune colocataire, j’ai pensé à Étienne Galloy, un acteur que j’aime beaucoup. Je voulais qu’il garde quelque chose d’un peu adolescent dans sa façon d’être, comme une petite critique affectueuse de ma génération, qui prend parfois plus de temps à devenir pleinement adulte.
Tu continues par ailleurs de jouer dans Les Armes. Ton personnage, Olivier Laroche, semble toujours au cœur de l’intrigue...
Oui, même si l’intrigue évolue constamment et parfois très vite ! C’est une série qui multiplie les rebondissements. Il y a beaucoup d’alliances et de conflits. Bref, c’est une intrigue assez mouvante. La dernière fois que j’ai tourné, mon personnage venait de sortir de prison pour annoncer que l’histoire n’était pas terminée. Donc on peut dire que ce n’est pas la dernière fois qu’on entend parler de lui, même si je n’ai pas encore les textes en main.
Ta conjointe, Léane Labrèche-Dor, est très présente dans la quotidienne Antigang. Comment vivez-vous cette période, où vous êtes tous les deux très occupés ?
C’est vrai qu’elle est très présente à l’écran et je trouve ça vraiment beau à voir. Une quotidienne, c’est énorme pour un acteur, parce que ça demande beaucoup de travail. Cela dit, son horaire actuel fonctionne avec notre vie familiale. Comme Fanny, son personnage, est souvent au décor du Quickie, ses journées sont regroupées. Elle tourne environ trois jours par semaine. Ce sont des journées très intenses, mais le reste du temps, elle est plus disponible. Ça nous permet de bien organiser notre vie de famille.
Cela dit, vous avez déjà traversé une période plus sportive, sur le plan des horaires...
Oui, pendant un temps, c’était compliqué. Elle tournait en début de semaine et moi je partais en tournée du jeudi au dimanche avec la pièce Québec-Montréal, donc on se croisait à peine. On a dû se relayer, mais elle se retrouvait avec l’intensité des week-ends. Ce que je peux dire, c’est que tout est planifié sur un grand calendrier près du frigo. Depuis qu’on est parents, notre priorité est claire, et c’est d’être présent pour notre fils, Milo. On veut participer à son développement et vivre ces moments-là avec lui, plutôt que de déléguer. Heureusement, nos horaires se sont stabilisés et ça fonctionne beaucoup mieux maintenant.
Vous entraidez-vous aussi pour le travail, par exemple pour l’apprentissage de vos textes ?
On essaie de le faire quand c’est possible. On se donne la réplique, on s’offre des coups de main, on relit des scènes ensemble. Mais il faut aussi être réaliste, car avec un enfant, on doit parfois faire des choix. Il y a des moments où on privilégie simplement le fait d’être ensemble à la maison plutôt que de travailler. On essaie de garder un certain équilibre.
Tu viens de Drummondville, d’un milieu qui n’était pas artistique. Comment est née ton envie de devenir acteur ?
Je viens effectivement d’un milieu très populaire. Mon père travaillait dans une usine et ma mère était femme de chambre. Il n’y avait pas d’artistes dans la famille. Mais mes parents m’ont énormément encouragé. Ma mère me disait souvent : « Travailler dans une job que tu n’aimes pas, c’est long longtemps. Arrange-toi pour aimer ta vie. » Je pense que ce soutien a été le plus beau cadeau qu’ils pouvaient me faire. J’ai découvert la scène grâce à l’improvisation, au secondaire puis au cégep. C’est là que j’ai compris que j’aimais jouer, raconter des histoires et inventer des personnages.
Il paraît que tu avais un plan très structuré pour y arriver...
Quand tu viens de région, tu as parfois l’impression que ces métiers sont réservés à une élite. Je voulais mettre toutes les chances de mon côté. Avant de faire l’école de théâtre, j’ai étudié en scénarisation pour apprendre à écrire. L’une de mes grandes inspirations a été le parcours de Claude Legault. C’était quelqu’un qui jouait, mais qui écrivait aussi ses séries, comme Dans une galaxie près de chez vous ou Minuit, le soir. Je me disais : “C’est exactement ça que j’aimerais faire.” Pendant que j’apprenais à écrire, je préparais mes auditions pour les écoles.
Avais-tu un plan B si les écoles de théâtre ne fonctionnaient pas ?
Oui, et il était très clair. Si je n’étais pas accepté dans une école de théâtre dès le premier essai, je ne persistais pas et je m’inscrivais en psychoéducation. Le développement des enfants et la psychologie m’ont toujours beaucoup intéressé. Je me disais que je pourrais travailler avec les jeunes, les accompagner dans leur parcours. Finalement, j’ai été accepté à l’école de théâtre.
Il parait que tu as même caressé l’idée d’une carrière sportive...
J’ai pensé devenir un sportif professionnel à une certaine époque, à l’adolescence. Les deux sports où je suis allé le plus loin sont le basketball et le soccer. J’ai même joué au niveau collégial dans les deux. Aujourd’hui encore, le sport reste très important pour moi, surtout pour ma santé mentale. J’ai beaucoup d’énergie, et l’activité physique me permet de canaliser tout ça.
Qu’est-ce qui s’en vient pour toi dans les prochains mois ?
Le tournage de Qui a éclaboussé le ministre?, qui occupe une bonne partie de mon mois de mars. Ensuite, il y aura probablement des tournages avec la série Les Armes. On travaille aussi sur une éventuelle deuxième saison de Mon coloc de 80 ans, ce qui demande beaucoup de temps. Il y a plusieurs choses qui se dessinent pour la suite, dont la pièce Québec-Montréal, qui revient en 2027.