Aux Jeux de Milan: il y a Laurent Dubreuil, et il y a les autres


Jean-Nicolas Blanchet
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MILAN | Aux Olympiques, il y a tous ces athlètes qui sont émerveillés, qui vivent leur rêve et qui savourent chaque seconde comme la consécration de tout ce qu’ils ont sacrifié dans la vie. Et il y a Laurent Dubreuil, qui commençait ses Jeux mercredi et qui a fini huitième au 1000 m.
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Ce sont ses troisièmes Jeux. Je lui ai demandé, malgré toute son expérience, s’il plongeait quand même encore un peu dans l’émerveillement quand il arrive en piste aux Olympiques.
«Honnêtement, non», a répondu le patineur de vitesse longue piste, soulevant les rires des journalistes québécois avec lui.
C’est exactement ça, Laurent Dubreuil. Et on aime ça comme ça.

Le fond du tiroir
Son commentaire ne se voulait pas désobligeant envers les athlètes qui vivent le rêve à Milan. C’est plutôt que pour lui, c’est secondaire, tout ça.
«Je suis content d’être là. Mais ça ne changera pas ma vie. Je veux faire de bonnes courses et j’espère rajouter une médaille à mon palmarès. Mais réellement, c’est rien qu’une médaille à mettre dans le fond du tiroir. Elles se ramassent toutes là, mes médailles», nous celui qui écrit des chroniques dans Le Journal, après sa huitième place au 1000 m.
Mais qu’est-ce qui est important, alors?

«Être heureux dans la vie, c’est tout», a-t-il répliqué.
Il dit aimer patiner devant une grosse foule et dans de grands événements. Mais à la base, «c’est pour moi que je patine», souligne-t-il.
Et ça le rend heureux ça. «Je suis heureux dans la vie. Je fais ce que j’aime», a-t-il ajouté.
Trop fort, en attendant samedi
Dubreuil avait récolté la médaille d’argent aux derniers Jeux à cette épreuve. À Milan, il a même battu son temps d’il y a quatre ans.
«C’est mon meilleur 1000 m depuis quelques années et, probablement que je ne pourrai plus jamais faire mieux que ça. Je m’améliore à 33 ans, c’est déjà dur à croire. Mais le calibre est juste trop fort pour moi», a-t-il raconté.
Mais ça, c’est pour le 1000 m. Car il reviendra en piste samedi pour le 500 m. C’est dans cette discipline qu’il a fait sa réputation parmi les plus grands patineurs de sa génération. C’est grâce au 500 m s’il se fait reconnaître à l’épicerie aux Pays-Bas.
À son avis, il a «absolument les jambes pour gagner une médaille» samedi. D’ailleurs, les premiers 200 mètres les plus rapides de la journée ont été réalisés par Laurent. Ce qui est plus qu’encourageant pour le 500 m. On voyait toutes les fusées dans le début vingtaine voler sur la glace, mais c’est notre papa de Lévis qui les a dominés pour le départ.
Il a souligné que ses jeunes enfants, à la maison, allaient être fiers de lui. «En fait, ils sont toujours contents de me voir à la télé, peu importent les raisons. Ils aiment particulièrement se voir eux-mêmes dans la publicité qu’on a tournée ensemble et qui passe sans arrêt durant les Olympiques!»

Tout le contraire!
Son coéquipier David La Rue, de Saint-Lambert, était aussi de la compétition.
Il a obtenu le 18e rang.
C’était son baptême olympique. Sa réaction était pour le moins différente de celle de Laurent.
C’est assez touchant. C’était la première fois que je lui parlais. Son bonheur était contagieux.
«J’ai su trois jours avant que j’allais participer au 1000 m, explique le spécialiste du 1500 m. Je me suis assuré que ça allait être la meilleure expérience de ma vie et c’est un super moment. Je ne peux pas demander mieux», a-t-il lancé, le sourire fendu jusqu’aux oreilles.
«Il n’y a aucune course dans le monde qui peut simuler l’ambiance dans un anneau olympique, a-t-il ajouté. C’est indescriptible. Après les sélections olympiques, je me suis dit que c’était le moment le plus marquant de ma vie et là, chaque jour est le moment le plus marquant de ma vie», a dit le sympathique patineur de 27 ans qui est accompagné d’une bonne gang de proches à Milan.