Au cœur de l’action : 6 acteurs québécois qui font leurs cascades
Nathalie Slight
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De plus en plus d’acteurs québécois choisissent de faire eux‐mêmes leurs cascades, mettant leur corps au service de l’authenticité et de la crédibilité de leurs personnages. Entre préparation rigoureuse, prises de risques calculées et désir de réalisme, ce dossier nous plonge au cœur d’un engagement physique qui redéfinit le jeu d’acteur.
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Voici 6 acteurs québécois qui font leurs cascades :


Madeleine Péloquin : « C’est le genre de scène qui me stimule énormément comme actrice »
Depuis le tout début de sa carrière, Madeleine Péloquin n’hésite pas à s’engager physiquement dans ses rôles, allant jusqu’à réaliser elle‐même ses propres cascades. « Pour moi, c’était un immense plaisir d’effectuer une scène de cascade. Je suis à l’aise avec le jeu physique, puisque j’ai fait du karaté plus jeune et j’ai toujours continué à m’entraîner, que ce soit en boxe thaïlandaise ou autres formes de combat. » Pour la comédienne, la réussite d’une cascade passe par la préparation. « Il y a des répétitions, de l’entraînement et une chorégraphie à respecter. Les cascadeurs qui travaillent avec nous lors de ces scènes sont extraordinaires, ils nous encadrent vraiment bien et rendent le tout sécuritaire. Malgré tout, on n’est jamais à l’abri de quelques ecchymoses », confie‐t‐elle, sans jamais masquer le plaisir qu’elle retire de ce type de scènes. « C’est le genre de scène qui me stimule énormément comme actrice. J’aime aller dans ces zones‐là, où le corps est engagé, où l’émotion passe aussi par le physique », explique‐t‐elle, soulignant à quel point ce type de jeu enrichit son interprétation. Fait touchant : les filles de la comédienne sont toujours impressionnées de la voir jouer dans des scènes d’action. « Elles me disent : “T’es donc bien hot, maman !” Elles trouvent ça impressionnant, de me voir en train de me battre. Et je trouve ça beau de voir toute l’admiration dans les yeux de mes enfants. »


Félix-Antoine Duval : « Quand le comédien exécute lui-même l’action, sans coupure, ça change tout »
Formé en cascade au réputé Stunt Stage, le comédien Félix‐Antoine Duval possède aussi cette corde à son arc, même s’il l’exploite moins aujourd’hui. « Oui, je suis cascadeur à mes heures. Disons que dans le milieu, tu peux te considérer comme cascadeur quand tu as travaillé plusieurs fois. Les coordonnateurs de cascades me connaissent, ils savent ce que je suis capable de faire. » S’il n’a pas poussé davantage dans cette voie ces dernières années, c’est surtout parce que sa carrière de comédien l’occupe énormément, « mais je n’ai pas dit mon dernier mot », précise-t-il. Cette passion pour les cascades remonte à l’enfance. « C’est en voyant Jackie Chan à la télévision quand j’avais six ans que j’ai voulu devenir acteur et cascadeur. » Depuis, le rapport au corps est resté central dans sa pratique. « Mon père est physiothérapeute, j’ai donc grandi avec une conscience du corps, de l’espace, du mouvement. » Selon lui, les contraintes budgétaires limitent souvent l’utilisation de cascades dans les productions. « Ça coûte cher, mais je pense que ça enrichit notre contenu. On a les talents ici pour le faire. Quand le comédien exécute lui-même l’action, sans coupure, ça change tout. » Félix-Antoine a notamment effectué ses propres cascades dans le suspense Le dernier des monstres. « C’est ma grande fierté : j’ai réussi à convaincre la production de faire moi-même un combat à l’épée avec le comédien Thomas Boulanger devant la caméra. On a chorégraphié une scène de combat et on a pu livrer notre propre scène. C’était vraiment cool. »


Penande Estime : « Ça demande une grande rigueur »
Penande Estime a plongé dans le métier de cascadeuse un peu par hasard, il y a une dizaine d’années, à l’occasion d’un tournage publicitaire américain. « J’ai été approchée parce que mon physique correspondait à un profil recherché : grande, élancée et foncée. Je ne connaissais pas ce métier, mais comme j’adore les films d’action, ça m’a tout de suite interpellée. » Après plusieurs formations et beaucoup d’entraînement, elle commence à décrocher des contrats, principalement à Toronto, avant de vivre des expériences marquantes à l’international. « J’ai aussi eu la chance de participer à Murder Mystery 2 en France, avec Adam Sandler et Jennifer Aniston. Ce qui a débuté par hasard est devenu une magnifique aventure. » Pour elle, le métier de cascadeuse exige une discipline comparable à celle d’une athlète de haut niveau. « C’est un métier très physique : on reçoit des coups, on se fait projeter, on doit être prêt à tout. Il faut aussi surveiller son alimentation. » Elle évoque notamment les transformations importantes que certains contrats exigent : « J’ai déjà dû perdre 19 lb et de la masse musculaire pour doubler une actrice beaucoup plus mince que moi. Ça demande une grande rigueur. » Ce rapport au corps, justement, peut être exigeant, mais elle en a fait une force. « Je fais ces transformations sous supervision afin de rester en santé, même si être pesée ou faire mesurer son taux de gras peut devenir difficile. » Consciente des impacts de ces variations, elle insiste sur l’importance de préserver un équilibre . « Je veille à ce que cette rigueur ne se transforme jamais en obsession. »



Ils ont aussi fait leurs propres cascades !
Benoît Gouin a appris à monter à cheval pour la série Indomptables.
Patrice Robitaille a réalisé lui-même certaines de ses propres cascades, notamment pour son rôle dans la série Victor Lessard.
Le très physique Guillaume Lemay-Thivierge a effectué ses propres cascades dans les films Nitro et Nitro Rush.