Matvei Michkov et David Reinbacher: attention aux conclusions hâtives!

Marc de Foy
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David Reinbacher était le sujet de l’heure dans le paysage sportif montréalais quand on s’est quittés pour les vacances. Les réactions après sa sélection à titre de premier choix au repêchage du Canadien étaient négatives. Les mécontents se demandaient pourquoi le Tricolore avait jeté son dévolu sur un autre défenseur. Ces amateurs estimaient qu’il était plutôt temps que l’organisation regarnisse sa banque d’attaquants. La grogne a dégénéré au point que le pauvre Reinbacher a reçu des messages haineux.
Le choix populaire était Matvei Michkov, alias le Connor Bedard russe. Mais le contrat qui le lie au SKA de Saint-Pétersbourg repoussait son arrivée en Amérique à 2026.
Attendre trois ans pour qu’un choix de première ronde se joigne à une équipe en reconstruction, c’est long.
Or, voilà que l’on apprend que Michkov a été laissé de côté pour les deux premiers matchs de son équipe en KHL, le SKA de Saint-Pétersbourg. Ça donne du poids au bruit de coulisse voulant que le jeune homme ne soit pas facile à diriger.
Pour ma part, je n’ai aucune raison d’en douter. Une figure bien connue du hockey russe m’avait dit avant le repêchage que Michkov est l’antithèse du joueur d’équipe. Et je prends la peine d’ajouter que cet homme n’est pas n’importe qui.
Mais cela ne veut pas nécessairement dire que Daniel Brière s’est trompé, même s’il avoue lui-même avoir fait un pari en sélectionnant Michkov. C’est un rappel que le repêchage est plus une loterie qu’une science exacte.

Que ferions-nous à leur place?
Mettons-nous dans la peau d’un recruteur un moment.
Comment peut-on prédire ce qu’un joueur de 18 ans deviendra à 22 ou 23 ans?
Pas besoin d’aller plus loin. On connaît tous les questions.
Ce qui fait qu’il est plus facile d’évaluer un joueur dans les années suivant sa sélection.
Celui-là a répondu aux attentes. Celui-ci était surévalué.
Ah! lui, ç’a été toute une trouvaille!
Galchenyuk comparé à Toews!
Prenons Alex Galchenyuk, qui a peut-être gaspillé sa dernière chance de jouer dans la Ligue nationale en prenant quelques verres de trop au début de l’été. Les Coyotes de l’Arizona, qui lui offraient un deuxième essai, ont résilié le contrat qu’ils venaient de lui accorder.
Quelle triste histoire et pourtant!
Lors d’une entrevue que Marc Bergevin m’avait accordée à sa première saison au poste de directeur général du Canadien, il avait comparé Galchenyuk à Jonathan Toews, qu’il avait côtoyé à Chicago, pour sa maturité et son professionnalisme.
Vous dites probablement que Bergevin s’est royalement fourvoyé. Ce n’était probablement pas le cas à l’époque. Galchenyuk donnait l’impression d’être à son affaire.
Michel Therrien le préparait minutieusement pour la Ligue nationale. Un peu à la manière de Pat Burns avec Joe Thornton à Boston. Mais à un moment donné, Galchenyuk a dérapé. Il faisait parler davantage de lui dans la section des faits divers que dans les pages sportives.
Son agent Larionov m’avait raconté après une belle prestation de Galchenyuk dans un match des séries à Tampa, en 2015, qu’il s’attendait à des négociations difficiles pour le renouvellement du contrat de son poulain en raison de la trop grande implication du père du joueur dans le dossier. Un mois plus tard, on apprenait que Galchenyuk ne faisait plus partie de l’écurie Larionov et qu’il était passé dans le camp de Patrice Brisson.
Aujourd’hui, on dit de Galchenyuk qu’il a été un flop.
Michkov va peut-être faire le chemin en sens inverse, qui sait?
Rappelez-vous ce qu’on disait d’Alex Ovechkin lorsque Sidney Crosby, avec qui les comparaisons faisaient les manchettes, était au zénith de sa carrière. On le disait réfractaire au concept d’équipe. Cela n’a pas empêché les Capitals de Washington d’en faire leur capitaine.
Et qui s’est vu décerner le trophée Conn-Smythe, accordé au joueur le plus utile dans les séries, lorsque les Capitals ont remporté la coupe Stanley en 2018?
Nul autre qu’Ovie!