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Atteinte d’un cancer avancé du sein, une Québécoise atteint le sommet du mont Everest dans l’espoir d’inspirer les gens à ne pas baisser les bras

Photo courtoisie Lopsang Sherpa
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2026-05-31T04:00:00Z

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Diagnostiquée d’un cancer du sein de grade 4 en 2024, la Montréalaise Shaunna Burke a atteint le sommet du mont Everest qui culmine à 8849 m pour la deuxième fois de sa vie le 23 mai avec la motivation d’inspirer les gens atteints par la maladie à continuer de vivre et à ne jamais abandonner.

Graduée de l’Université McGill, ancienne membre de l’équipe du Québec de ski alpin et travaillant dans le domaine de la santé en Angleterre depuis plus de 20 ans, la femme de 50 ans est comblée d’avoir pu réussir cet exploit alors que les perspectives n’avaient rien de rose quand son oncologue lui a annoncé la mauvaise nouvelle en lui mentionnant que le pronostic était incurable.

Photo courtoisie Lopsang Sherpa
Photo courtoisie Lopsang Sherpa

« Ça représente tout pour moi d’avoir réussi l’ascension du mont Everest quand je pensais il n’y a pas si longtemps que ma vie était terminée, exprime Mme Burke. Mon médecin mentionnait la possibilité de me retrouver dans une maison de soins palliatifs, et mon futur apparaissait très noir. »

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« Je suis tellement reconnaissante d’avoir eu l’opportunité de retourner au mont Everest 18 mois après la fin de mes traitements, de poursuivre Mme Burke, qui a subi une double mastectomie. Pendant mes traitements, je me questionnais si j’allais être capable de le faire à nouveau. »

L’oncologue britannique qui suivait Mme Burke ne lui a pas donné le feu vert pour entreprendre son projet, sans toutefois s’y opposer.

« Il ne pouvait pas me dire d’y aller ou de ne pas y aller, souligne la chercheuse et professeure en psychologie de l’exercice et de la santé. Parce que les recherches ne sont pas suffisantes, il ne savait pas comment mes cellules allaient réagir dans un environnement avec peu d’oxygène, sans compter mon âge et les effets secondaires de ma médication. »

Vivre le moment présent

La native de Pointe-Claire, dont les parents habitent toujours à Montréal, voulait vivre au maximum après avoir reçu la mauvaise nouvelle.

« Je n’avais pas pensé retourner au mont Everest avant mon diagnostic, mais je me suis dit qu’il était important de vivre le moment présent et de ne pas remettre à plus tard. Les priorités dans ma vie ont changé. Je me suis questionnée. Qu’est-ce que je voulais faire en ne sachant pas combien de temps il me restait à vivre ? Tu ne peux pas attendre de réaliser tes rêves quand tu as le cancer avancé. »

Mme Burke a vécu une préparation très rigoureuse. « J’ai passé 12 semaines dans une chambre à faible oxygène pour me préparer, et des chercheurs m’ont suivie pour mesurer les impacts de la chimiothérapie sur mon système immunitaire. Mes connaissances acquises au cours des 17 dernières années à travailler avec des gens atteints du cancer m’ont beaucoup aidée. J’ai écrit mon plan dès le jour 1 du diagnostic et j’ai continué de m’entraîner pendant les traitements. C’est bizarre de se retrouver de l’autre côté. »

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Un 1er marathon comme test

Mme Burke s’est offert deux solides tests pour s’assurer qu’elle serait en mesure de mener à bien son projet. Elle a réussi l’ascension d’une montagne de 6000 m et a effectué son premier marathon en mai 2025, un an avant de s’attaquer à l’Everest.

« Courir mon premier marathon m’a donné confiance en mon corps et m’a confirmé que je pouvais réaliser quelque chose de difficile. »

Elle croise deux morts tout près du sommet titre

En plus du défi physique, Shaunna Burke a été confrontée à une réalité à laquelle un alpiniste ne peut jamais être totalement préparé.

À deux jours d’atteindre le sommet, la Montréalaise a croisé deux corps de personnes décédées. « C’est un rappel d’où tu te trouves et comment tu es fragile. Je m’étais préparée à vivre cette situation parce qu’il y a eu cinq morts cette saison, mais c’est différent quand tu les vois. Tu n’es pas préparée mentalement à voir ça. »

« Quand tu entres dans la zone de la mort [8000 m et plus], tu atteins tes limites, ajoute la professionnelle de la santé à l’Université Leeds en Angleterre. Tu dois rester concentrée sur le moment présent et contrôler ce que tu peux. »

Mme Burke a-t-elle craint pour sa vie ? « Je n’avais pas peur de mourir. Je suis en paix avec la mort. J’étais plus effrayée en 2005 en raison des risques. La crainte de mourir paralyse certains à réaliser leurs rêves. »

La dernière saison a été marquée par un record d’achalandage. Les autorités népalaises ont en effet émis 492 permis. « Il y avait beaucoup plus de monde qu’à ma première ascension en 2005, et les gens étaient moins préparés. »

La diplômée des universités McGill et Ottawa a vécu l’euphorie du sommet. « J’étais un peu sous le choc. Wow ! Il était trois heures du matin. Il faisait noir et super froid. J’ai profité du moment présent. Les deux Sherpas qui m’accompagnaient ont pris des photos, et il fallait redescendre. »

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