Atteint d’une maladie génétique: il s’entraînera avec Georges St-Pierre

Zoé Arcand
Partager
Un jeune athlète de la Montérégie malvoyant et atteint d’une maladie génétique réalisera son rêve de s’entraîner avec Georges St-Pierre lundi au gymnase de ce champion d’arts martiaux mixtes.
«J’espérais de tout mon cœur qu’il accepte, mais je ne me faisais pas d’attentes. Quand j’ai appris la bonne nouvelle, j’ai sauté de joie, je n’y croyais pas», s’est enthousiasmé William Fleury, un jeune homme de la Rive-Sud de Montréal qui, par l’entremise de la Fondation Shine, pourra réaliser le rêve de nombreux sportifs.

Âgé de 18 ans, il est atteint d’un déficit en acide méthylmalonique de type CBLC, une maladie orpheline, explique sa mère, Anie Tremblay.
Des ambitions paralympiques
En plus de vivre avec une déficience intellectuelle, il a une malformation cardiaque, un tonus musculaire faible et peu de motricité fine ainsi que des lésions sur les rétines.
Mais cela n’empêche pas William d’être un sportif accompli. En plus de son amour pour le ski alpin, il «compétitionne pas à peu près» en paranatation au niveau provincial, affirme-t-il, débordant de fierté.

«Je m’entraîne pour me rendre aux Jeux paralympiques», a-t-il précisé, la confiance dans la voix.
Représenter le Québec
Adepte d’arts martiaux, il pratique aussi le judo en plus de s’entraîner à la boxe, d’où son intérêt particulier pour Georges St-Pierre, qui «représente bien le Québec», selon William.
«Ça me donne de la confiance en moi et je me sens plus en sécurité. Je n’ai pas besoin de me défendre, mais je me dis que s’il arrive quelque chose, je vais savoir comment faire», a-t-il affirmé en entrevue avec Le Journal la veille de sa rencontre avec celui qu’il admire pour sa résilience et sa persévérance.
Mais l’entraînement à la boxe de William a aussi un impact direct sur sa concentration, sa dextérité et sa force musculaire, se réjouit Mme Tremblay.
«Quand il a commencé il y a un peu plus d’un an, il n’arrivait pas à sauter à la corde à danser. Aujourd’hui, il est super bon», donne-t-elle en exemple.
Quelques préparatifs
Depuis qu’il sait qu’il s’entraînera aux côtés de celui qui est considéré comme l’un des plus grands athlètes d’arts martiaux de notre époque, «il en parle à chaque cinq minutes», rigole la mère du sportif, soulignant qu’il est «bien conscient de la chance qu’il a».
Pour se préparer, William s’est rendu au centre de boxe de Sorel, où il s’entraîne avec son père question de s’échauffer un peu.
«J’ai pratiqué mes prises de sol, mais j’ai pris ça relax», a assuré celui qui ne veut surtout pas se blesser avant le grand jour.
En fin de semaine, il a aussi pris le temps de regarder des vidéos de vieux combats de celui qui est surnommé «GSP»... et de s’acheter des marqueurs pour faire autographier son matériel.