Athlétisme: une progression fulgurante qui lui permet de croire en ses chances de se qualifier pour les Jeux olympiques


Richard Boutin
Partager
Femme la plus rapide de l’histoire du Québec sur 60 m et forte d’une sélection encore toute chaude pour le championnat mondial d’athlétisme intérieur, Audrey Leduc a effectué un dernier tour de piste au PEPS de l’Université Laval, vendredi, à l’occasion du championnat provincial universitaire.
Après avoir battu le record québécois de 7 s 29 détenu par Kimberley Hyacinthe à deux reprises la fin de semaine dernière à Ottawa avec des chronos de 7 s 25 en qualifications et de 7 s 22 en finale, la sprinteuse native de Gatineau croyait possible de gruger encore quelques centièmes, mais c’est partie remise.
Comme prévu, elle a remporté l’or avec un temps de 7 s 25. Sa coéquipière du Centre national Dona Ntambe qui porte les couleurs de McGill a terminé en 2e place avec un temps de 7 s 33.
«Je pensais être capable de battre mon record, mais j’ai ressenti de la fatigue dans la ronde des qualifications où j’ai fait 7 s 31, a-t-elle expliqué. Dans ce contexte, il devenait difficile de battre mon record en finale. Je suis contente de ma course.»
«À ma dernière course au PEPS, j’ai ressenti des frissons quand j’ai entendu le cri d’équipe pendant mon échauffement, de poursuivre Leduc. Mon premier championnat provincial s’est déroulé ici en 2020 et je boucle la boucle.»
Progression fulgurante
Parmi les meilleures sur la scène canadienne universitaire depuis quelques années déjà, Leduc a véritablement explosé depuis 12 mois. Son chrono de 7 s 42 à l’hiver 2023 a fondu à 7 s 22 en moins d’un an.
«Je récolte le fruit du travail des dernières années, a-t-elle imagé. Je comprends le processus et ça s’est concrétisé l’été dernier. Il ne faut jamais perdre espoir. Même s’il y avait des moments plus difficiles et que les records semblaient inatteignables, je m’accrochais à ce qui fonctionnait bien. Il y a toujours eu un aspect qui me motivait et je suis restée accrochée. J’ai toujours su que c’était un projet à long terme.»
Le déménagement à Montréal en mai dernier où elle a joint les rangs du Centre national d’athlétisme a eu un impact important. «C’est un beau mariage, a illustré son entraîneur Fabrice Akué. Elle poursuit ses études à la maîtrise par correspondance et elle s’entraîne dans un environnement de hautes performances. À ses débuts au Centre national, Audrey voyageait entre Québec et Montréal et ce n’était pas la situation idéale.»
S’ils travaillent ensemble depuis cinq ans puisque Akué s’occupait des sprinters à l’arrivée de Leduc avec le Rouge et Or en 2019, la chimie opère mieux maintenant. «On travaille de mieux en mieux ensemble, a souligné Akué. Elle est investie dans le projet de haut niveau et elle comprend plus les enjeux. Sa progression est vraiment impressionnante et je suis très, très satisfait.»
Objectif les Jeux olympiques
À son retour de Glasgow où elle vivra sa première expérience internationale chez le seniors, Leduc s’attaquera à la saison extérieure où le défi sera de transposer sur 100m ce qu’elle a réussi à l’intérieur sur 60 m.
«Ma force est le 100 m et c’est une bonne chose que j’aie vraiment amélioré mon 60 m, a-t-elle expliqué.. Au mondial, j’y vais pour prendre l’expérience, mais je vise aussi d’atteindre la demi-finale. Je veux faire deux courses. Je veux apprendre des trucs dans un environnement plus stressant en prévision des courses plus importantes de l’été.»
Si le standard olympique de 11 s 07 est loin de sa meilleure performance de 11 s 38, Leduc pourrait se qualifier pour Paris en fonction de son classement mondial. Elle fait aussi partie du groupe de filles qui tentera de qualifier le Canada aux Jeux olympiques au 4X100 m lors du mondial relais qui aura lieu aux Bahamas en mai.
«L’objectif est qu’Audrey se qualifie dans les deux épreuves, a affirmé Akué. Elle a le potentiel pour le faire. Elle est tellement solide en solo.»
Record canadien dans la mire
Le mondial intérieur et les nationaux universitaires qui se dérouleront du 7 au 9 mars à l’Université du Manitoba sont deux événements où elle souhaite fracasser le record canadien de 7 s 19. «Il s’agira de deux belles opportunités de battre le record canadien universitaire. Aux nationaux qui se terminent la journée de ma fête, ça serait une belle occasion de battre le record.»
Le record canadien toutes catégories est de 7 s 02 et appartient à Philomena Mensah établi en 1999 et réussi de nouveau l’année suivante. Le chrono de 7 s 22 de Leduc est la 5e meilleure performance de l’histoire canadienne.