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Une assurance poupon pour vous appâter

Illustration Adobe Stock
Photo portrait de Daniel Germain

Daniel Germain

2021-08-06T04:00:00Z

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L’invitation à m’écrire lancée la semaine dernière porte ses fruits, ne lâchez pas. Parmi les courriels reçus, je relève celui d’Annie, une jeune maman à qui on « recommande constamment » l’achat d’une assurance vie pour sa fille. Elle a des doutes. 

On va m’accuser de faire du cherry-picking dans ma messagerie afin de taper sur mes clous de prédilection. Cela fait des années que je répète que l’assurance vie pour enfants ne répond pas à un besoin financier, sinon de façon très marginale, et je ne me gêne pas pour le rappeler à la première occasion. 

Je ne comptais pas me fendre d’une autre chronique sur le sujet, j’allais seulement diriger notre lectrice vers les textes que j’ai déjà écrits, ici et dans Les Affaires. Je tape donc « Daniel Germain assurance vie enfant » dans Google pour les retrouver. J’ai fait déjà cette recherche dans le passé, mon « œuvre » sur ce thème monopolise la première page de résultats, sous la pub (oui, une pub d’assurance vie pour enfant).

Qu’est-ce que je trouve cette fois ? 

Un autre Daniel Germain, associé à de l’assurance vie pour enfant !

Une mignonne assurance

Il s’agit d’un jeune conseiller en sécurité financière présenté sur le site d’iA Groupe Financier (Industrielle Alliance) à qui je soumettrais volontiers mes modestes besoins d’assurance si je me fiais seulement aux apparences. C’est qu’il a une bouille plus sympathique que la mienne, ce Daniel Germain.

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À droite, sous le titre « Votre famille s’agrandit », iA annonce une assurance gratuite en cas d’accident corporel pour les enfants âgés de moins d’un an et d’un « cadeau pour votre poupon ».

Je vais voir de quoi il en retourne. 

Évidemment, sur la page du « Programme poupon », la première chose qu’on voit est une grosse photo d’un beau bébé souriant, on ferait n’importe quoi pour protéger ce petit être attendrissant.

Je résume le produit : c’est une assurance gratuite d’une durée d’un an qui paye une prestation de décès de 2500 $ (mort naturelle) à 15 000 $ (mort accidentelle à bord d’un véhicule public) et divers montants allant jusqu’à 50 000 $ en cas de mutilation (par exemple, la perte d’un bras et d’un œil donne droit à la prestation maximale). Elle couvre aussi des frais hospitaliers, mais minimes. En petits caractères, on avise que des exclusions et des restrictions particulières s’appliquent, on ne dit pas lesquelles.

L’adhésion se fait en ligne, sans questionnaire ni examen médical. Facile et gratuit !  

En plus, la compagnie d’assurance offre en cadeau, je cite : « La Trimini, une tuque, cache‐cou ou passe ‐ montagne, douce et confortable pour votre poupon. Valeur de 19 $ ! »  

« Germain ! Tu ne vas quand même pas t’opposer à la Trimini et à de l’assurance gratuite pour les petits enfants », protesterez-vous. 

Faibles probabilités

Je signale que la probabilité que se réalise une des tragédies inscrites au contrat est infinitésimale. Le risque le plus élevé pour un enfant de cet âge, à moins que je me trompe, semble la mort naturelle pour laquelle la compagnie offre 2500 $. Pour les autres malheurs encore plus improbables, les prestations restent dérisoires.

Quand ils souscrivent au Programme poupon, les parents « ont droit » à une séance virtuelle gratuite avec un conseil en sécurité financière, dont mon homonyme à la bouille sympathique, « afin de répondre à toutes leurs questions d’assurances et d’épargne ». 

Je n’ai pas demandé à iA combien ils ont versé en prestations aux parents dans le cadre du Programme poupon, qui existe depuis 20 ans. Ce n’est pas le genre d’information que dévoilent les assureurs, mais ça ne doit pas peser lourd pour les raisons que j’ai évoquées plus haut. Mais ça paraît bien. 

Je n’ai pas non plus demandé combien ils ont vendu de polices d’assurance vie, de REER, de REEE et autres placements au moment de la séance virtuelle gratuite entre les parents et le conseiller. Si le programme est maintenu depuis 20 ans, j’imagine que ça doit générer de bonnes affaires.

Vous voyez, finalement, ce n’est pas une autre chronique sur l’assurance vie pour enfant.

C’est une autre chronique sur le marketing. 

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