Assassinat du chef du Hamas: «On est sur le fil du rasoir»

Samuel Roberge
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L’assassinat du chef du Hamas dans une frappe israélienne en Iran pousse la tolérance des dirigeants du Moyen-Orient à ses limites et pourrait être l’étincelle qui met le feu aux poudres dans cette région du monde, selon le général Dominique Trinquand.
«On est sur le fil du rasoir», constate l’ancien chef de mission militaire de délégations françaises auprès des Nations unies, mercredi, en entrevue sur les ondes de LCN.
L’analyste précise néanmoins que par ces frappes ciblées sur les différents chefs des groupes qui s’opposent à l’État hébreu au Moyen-Orient – soient celle qui a visé Ismaël Haniyeh à Téhéran hier soir et celle contre «le numéro deux du Hezbollah» à Beyrouth au Liban quelques heures plus tôt – Israël «veut tuer les chefs des mouvances qui sont contre lui, mais essaie de ne pas aller, comme il pourrait le faire, par exemple, par une attaque au sol au Liban».
N’empêche que malgré ces manœuvres quelque peu limitées, «la réponse est attendue à savoir s’il y a escalade ou non», mentionne l’invité.
D’ailleurs, en plus des responsables du Hamas, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a déclaré après la frappe à Téhéran qu’il «considérait qu’il est de [son] devoir de venger le sang versé sur le territoire de la République islamique».
Mais ce «châtiment sévère» que réserve l’Iran à l’État hébreu pourrait ne pas ressembler au type d’attaque qui a été organisée par la République islamique dans la nuit du 13 au 14 avril, d’après le général Trinquand.
«Je pense que ça ne peut être que des attaques asymétriques», avance-t-il. «Souvenez-vous que lorsque l’Iran a cherché à frapper Israël directement avec 350 missiles, ç’a été un échec flagrant.»
«En revanche, des frappes par les Houthis, par le Hezbollah ou par les milices chiites qui sont en Irak sont possibles», ajoute-t-il. «Je pense plus à des frappes indirectes qu’à une attaque massive vers Israël qui, avec son dôme de fer, est assez bien défendu.»
Cependant, qu’il y ait des répercussions ou non, la mort d’Ismaël Haniyeh affectera certainement les négociations entre Israël et le Hamas.
«Cette décapitation de la tête du Hamas a des conséquences pour la suite, poursuit l’ancien homme militaire. Il faut que Netanyahou ait mesuré que le dialogue avec le Hamas est fini et donc qu’il n’y a plus de possibilité de libérer les otages, d’avoir une trêve, et donc on est rentré dans la logique que suit le premier ministre, c’est-à-dire la guerre à outrance, alors que tous les pays, y compris ceux qui soutiennent Israël, demande d’avoir une trêve et d’arrêter cette guerre terrestre.»
Voyez l’entrevue intégrale du général Dominique Trinquand dans la vidéo ci-dessus.