Ascension très rapide pour la fille d'un membre du Temple de la renommée


Richard Boutin
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Fille d’un membre du Temple de la renommée de Badminton Québec, une jeune raquette de Québec gravit les échelons à un rythme fou et perpétue l’héritage familial.
Le badminton coule dans les veines d’Emma, de son frère Samuel et de ses parents. «Il y a peu de familles au Québec qui regardent l’Open de Malaisie au lieu du hockey, résume le paternel Jean-Philippe Goyette. Je lui passe le plat et c’est à elle de se servir. Je veux lui donner toutes les possibilités et lui faire réaliser qu’il n’y a pas de limites, mais l’important est de ne pas les écoeurer.»

Âgée de seulement 16 ans, Emma Goyette s’est déjà invitée sur la scène internationale à deux reprises en participant au championnat panaméricain U-17 et aux Jeux olympiques scolaires à Bahreïn où elle a remporté le bronze en double à chaque occasion avec sa partenaire montréalaise Jasmine Zhang. Elle a aussi remporté le titre national senior en double mixte en compagnie de Mathieu Morneau.
Des comparaisons avec Johanne Falardeau
Entraîneure du club Élite de Québec qui a renaît de ses cendres depuis un an, Chantal Jobin a vu les meilleures joueuses québécoises au fil des ans et elle est vraiment impressionnée.
«Au même âge, Emma est sur la même lancée que Johanne (Falardeau), affirme-t-elle. C’est extraordinaire ce qu’elle a réussi compte tenu de la profondeur dans notre sport. Elle possède une capacité d’apprentissage assez impressionnante. Elle est très forte mentalement et elle possède le même désir que son père.»
«Avec son père et Johanne qui a travaillé avec elle quelques années, Emma a pu compter sur deux bons stratèges, d’ajouter Jobin. De mon côté, je travaille sur sa technique et ses méthodes d’entraînement.»
À 16 ans, Falardeau avait remporté la triple couronne au championnat canadien junior en route vers une brillante carrière internationale où elle a notamment gagné trois médailles aux Jeux du Commonwealth et des titres à l’Open de France et au US Open. Le badminton a fait son entrée sur la scène olympique en 1992, un an après la retraite de Falardeau.
Domination asiatique
Dans un sport dominé par les Asiatiques autant sur la scène internationale que nationale, l’ascension de Goyette est d’autant plus remarquable. Sa garde rapprochée croit qu’il est possible de rivaliser.
«C’est extraordinaire ce qu’elle fait, affirme Jobin. Au national, elle était la seule Caucasienne à l’exception de son partenaire Mathieu Morneau. Les Asiatiques gagnent parce qu’ils s’entraînent mieux que nous et non pas parce qu’ils sont Asiatiques. À 38 ans, j’ai gagné mon dernier tournoi contre une Asiatique. À Québec, la majorité des entraîneurs doivent faire preuve d’ouverture d’esprit sur les méthodes d’entraînement si on veut obtenir du succès.»
«Il y a du bon talent au Canada et c’est possible de rivaliser, de renchérir le paternel qui a rempli le PEPS en 1999 en finale du simple du championnat canadien. Il faut changer un peu la culture. On le voit avec le Danemark qui a remporté la médaille d’or en simple masculin aux Jeux de Paris. La France s’en vient aussi. Les Caucasiens ont leur place, mais il faut bien la jouer.»
Ascension rapide
Depuis son entrée à l’école secondaire où elle fréquente le programme sport-études, Emma s’entraîne aussi avec le Rouge et Or de l’Université Laval et s’est joint l’an dernier au club Élite de Québec où elle retrouve tous les meilleurs joueurs de la région.
«Au début quand Chantal (Jobin) m’a amenée avec le Rouge et Or, j’étais un peu gênée de me retrouver avec des joueuses plus âgées. Ma progression va plus vite que je pensais. Je pratique le badminton à temps plein seulement depuis l’an dernier. J’ai abandonné le volleyball en raison de nombreuses commotions cérébrales.»
À court et moyen terme, Goyette souhaite se qualifier pour le championnat mondial junior, retourner au championnat panaméricain cette fois chez les U 19 et percer l’équipe nationale senior.
À plus long terme, rêve-t-elle aux Jeux olympiques? «Ça demandera beaucoup de sacrifices de me qualifier aux Jeux olympiques et le circuit professionnel est presque inatteignable. Je n’y pensais pas il y a deux ans. Je connais Jean-Simon Desgagnés et son parcours est impressionnant. Tout en faisant ses études en médecine, il a réussi à se qualifier pour les Jeux de Paris en athlétisme.»