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Artemis II: que peut-on retenir des précédentes missions Apollo?

Photo fournie par la NASA

Farah Alibay

2026-02-20T18:00:00Z

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On entend beaucoup parler de la mission Artemis II en ce moment, notamment en raison de la participation de l’astronaute canadien Jeremy Hansen. Mais que peut-on retenir des précédentes missions Apollo ?

Le site web de la NASA répertorie actuellement quatre missions Artemis, chacune de plus en plus complexe. Artemis 1 a été lancée en novembre 2022.

C’était le premier lancement de la fusée Space Launch System (SLS). Il n’y avait donc aucun équipage à bord. Au cours de cette mission de 25 jours, la mission a effectué deux fois le tour de la Lune avant de retourner la capsule Orion sur Terre.

Une vision à long terme

Artemis II, qui sera le premier vol de la fusée SLS avec des humains à bord, vise à valider les capacités d’exploration humaine de l’espace lointain et à ouvrir la voie à l’exploration à long terme sur la surface lunaire.

Cette mission de 10 jours débutera par deux jours à proximité de la Terre consacrés à la vérification des systèmes de la capsule Orion par l’équipage et à un test de ciblage. Une manœuvre d’injection translunaire propulsera ensuite les astronautes pour un voyage d’environ quatre jours, les emmenant autour de la face cachée de la Lune. Le voyage de retour durera environ quatre jours.

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Dans quelques années, la mission Artemis III, quant à elle, aspire à ramener des êtres humains sur la Lune, en les emmenant dans une région encore inexplorée par des humains : le pôle Sud lunaire. Elle s’appuiera sur les missions précédentes et intégrera de nouvelles capacités, notamment le système d’atterrissage habité et les combinaisons spatiales de pointe nécessaires pour atteindre cet objectif ambitieux.

Artemis IV est une mission où les astronautes vivront et travailleront à bord de Gateway, une station spatiale lunaire, qui ouvrira de nouvelles perspectives pour la recherche scientifique et la préparation des missions habitées vers Mars. Cette mission impliquera une chorégraphie complexe de multiples lancements et amarrages de vaisseaux spatiaux en orbite lunaire.

Ce sera ensuite le début d’un grand programme d’exploration lunaire. Même s’il n’y a pas encore de détails exacts sur les missions qui succéderont Artemis IV, on s’attend à voir d’autres atterrissages d’humains sur la Lune, en vue d’une installation plus permanente des êtres humains dans l’espace cislunaire.

Un air de ressemblance

Apollo 8 a été lancé le 21 décembre 1968 et était la deuxième mission spatiale habitée du programme Apollo américain. Elle a plusieurs points en commun avec Artemis II.

Apollo 8 était le troisième vol et le premier lancement habité de la fusée Saturn V. Trois astronautes étaient à bord, et ils furent les premiers à quitter l’orbite terrestre.

Ces missions avaient également un objectif similaire : démontrer et tester les systèmes en vue d’un futur alunissage. La durée des missions était d’ailleurs assez similaire : Apollo 8 a duré environ 6 jours, soit un peu moins qu’Artemis II.

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La principale différence réside dans la trajectoire suivie par les missions. Le domaine de l’astrodynamique a considérablement évolué depuis les années 1960 et Artemis II bénéficie d’une trajectoire beaucoup plus sûre, appelée « trajectoire de retour libre ». Elle forme une forme de huit autour de la Lune et garantit que les astronautes puissent revenir sur Terre même en cas de problèmes majeurs avec les systèmes de bord.

En passant, bien que les astronautes d’Artemis II ne soient pas les premiers à faire le tour de la Lune, ils seront les humains à s’être éloignés le plus loin de la Terre, battant ainsi le record précédemment détenu par Apollo 13.

Une approche différente

Les missions Apollo ont eu lieu pendant la guerre froide et l’objectif était de réaliser des premières spatiales le plus rapidement possible. C’était une course entre les Américains et les Russes vers la supériorité technologique dans l’espace. Le programme privilégiait donc le développement et les tests progressifs dans l’espace, à un rythme de lancement très soutenu.

Les missions Apollo 7 à 11 ont toutes été lancées en l’espace d’environ un an, de mi-1968 à mi-1969. Avant Apollo 7, une série de missions inhabitées avaient permis de tester diverses technologies.

La principale différence réside donc dans le fait que chaque mission Artemis atteint beaucoup plus d’objectifs qu’une seule mission Apollo. Cela s’explique principalement par l’évolution technologique, l’ampleur des tests et des analyses que nous pouvons désormais réaliser ici sur Terre, et par les décennies d’expérience acquises dans le domaine spatial.

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Il est également important de se rappeler que pendant l’ère Apollo, le programme spatial américain bénéficiait de financements bien plus importants. À son apogée, la NASA recevait plus de 4 % du budget américain, alors qu’aujourd’hui son budget représente moins de 1 % du PIB.

Les difficultés à venir

Atterrir sur le pôle Sud de la Lune, objectif de la mission Artemis III, est une tâche difficile en raison du terrain qui est extrêmement accidenté, parsemé de cratères profonds, de longues ombres qui masquent les dangers, de conditions d’éclairage difficiles pour les capteurs et d’interruptions de communication. C’est bien plus difficile que d’atterrir dans les régions équatoriales plus planes et ensoleillées, où les missions Apollo se sont posées, et cela exige une navigation de précision dans ces conditions complexes.

D’un autre côté, la technologie a énormément évolué, ce qui rend l’atteinte de ces objectifs beaucoup plus facile et plus sûre. Prenons l’exemple de la puissance des ordinateurs de bord : l’ordinateur d’Apollo 11 disposait d’une mémoire et d’une puissance de traitement infiniment inférieures à celles d’un cellulaire actuel.

Pour vous donner une comparaison plus concrète, si vous vous souvenez des calculatrices scientifiques sophistiquées que vous avez pu utiliser en cours de sciences ou de mathématiques... eh bien, les ordinateurs d’Apollo avaient encore moins de puissance de calcul et de mémoire que ces calculatrices !

Les missions qui ont suivi Apollo 11

Après le succès d’Apollo 11, la NASA a poursuivi son exploration lunaire avec six autres missions, d’Apollo 12 à Apollo 17, chacune apportant des découvertes scientifiques uniques et surmontant divers défis.

Apollo 12 a marqué un atterrissage de précision sur la Lune à proximité de la sonde xpour les analyser.

Apollo 13, à la suite de l’explosion d’un réservoir d’oxygène, a démontré la capacité de la NASA à gérer les urgences dans l’espace, bien que de manière imprévue.

Vous avez peut-être entendu parler de Alan Shepard, qui a frappé des balles de golf sur la surface lunaire pendant la mission Apollo 14, mais l’objectif principal de la mission était de mener des expériences scientifiques et géologiques approfondies.

Apollo 15 a introduit le véhicule d’exploration lunaire, élargissant les capacités d’exploration, tandis qu’Apollo 16 a exploré les hauts plateaux de la Lune.

Enfin, Apollo 17, la dernière mission lunaire habitée, a fourni de précieuses données scientifiques et a laissé un héritage d’exploration et d’innovation.

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