Arslanbek Makhmudov et Tyson Fury: deux bibittes très différentes
Les deux boxeurs sont très différents l’un de l’autre


Dave Lévesque
Partager
LONDRES | La finale du gala de samedi ne pourrait pas opposer deux boxeurs plus différents l’un de l’autre. On parle de deux bibittes originaires de planètes différentes.
D’un côté, il y a Tyson Fury, Anglais flamboyant. De l’autre, on trouve Arslanbek Makhmudov, un Russe taciturne. Posez une question à Fury et il est parti pour cinq minutes. Faites la même chose avec Makhmudov et vous aurez de la difficulté à avoir un sujet, un verbe et un complément. C’est dans le ring qu’il veut briller.
Fury vit pour ces grands moments où tous les yeux sont braqués sur lui. Makhmudov n’est pas impressionné par tout ça, mais il s’en nourrit.
« Lors de mon dernier combat, il y avait 10 000 personnes à Sheffield qui criaient contre moi, je m’en suis nourri. Ils étaient peut-être 10 000 contre moi, mais que pouvaient-ils me faire ? J’avais Dieu avec moi. »
Gros test
C’est un très gros test pour Arslanbek Makhmudov, qui ne s’en fait pas pour toutes les choses qui le séparent de Fury.
« Quand tu te retrouves en face de ton adversaire, tout ça ne veut plus rien dire. Ça n’a pas d’importance qui est le bon et qui est le méchant. C’est une guerre et c’est tout. C’est un humain, c’est un boxeur et c’est tout pour moi. »
Il a eu des adversaires de qualité dans les dernières années, cependant, Fury est dans une autre classe. On parle d’un boxeur qui a été champion du monde à plusieurs reprises.
Il n’est peut-être plus tout à fait le même boxeur, mais il a quand même détenu le titre du WBC de 2020 à 2024. Makhmudov devra certainement le prendre très au sérieux même si, de prime abord, Fury aime fanfaronner. Il est tout de même un puissant cogneur et un adversaire redoutable.
Pendant que Fury n’a rien à gagner de ce combat même s’il espère qu’il le remettra sur le chemin d’un ultime championnat du monde avant d’accrocher ses gants (peut-être) pour une dernière fois, Makhmudov a vraiment tout à gagner.
Une victoire le rapprocherait fort probablement d’un éventuel combat pour un titre mondial. Peut-être pas dans un avenir immédiat, mais dans un horizon pas si lointain.
Battage publicitaire
Après des événements impliquant Jake Paul, qui s’est battu contre Mike Tyson et Anthony Joshua, et une confrontation entre Canelo Alvarez et Terence Crawford, Netflix joue gros avec ce gala axé autour du retour dans le ring de Tyson Fury.
Le géant de la diffusion en ligne semble vouloir mettre plus d’effort dans la diffusion de sport en direct, notamment la boxe.
On veut à ce point que le produit rayonne qu’on a invité certains journalistes à couvrir le gala et les activités l’entourant en remboursant le coût de leur déplacement et de leur hébergement.
L’essor de l’UFC a fait mal à la boxe. Celle-ci a presque disparu de la télé traditionnelle au profit des galas vendus à la pièce (pay-per-view). On est loin de l’époque où HBO et Showtime se battaient pour présenter des cartes de qualité sur une base régulière.