Armia et Lindström au ballottage

Jean-François Chaumont
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Martin St-Louis disait qu’il y aurait des décisions difficiles à prendre pour placer les dernières pièces à son casse-tête. Au lendemain du dernier match préparatoire, une victoire de 6 à 4 contre les Sénateurs à Ottawa, Kent Hughes et Jeff Gorton ont placé deux joueurs au ballottage: Joel Armia et Gustav Lindström.
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Armia ne fait visiblement plus partie des plans du Canadien. Mais, à un salaire de 3,4 millions pour cette année et pour la saison prochaine, le Finlandais a autant de chances de se faire réclamer par l’une des 31 autres équipes que de se faire frapper par la foudre.
En 43 matchs l’an dernier, l’ailier de 30 ans a obtenu 14 points (7 buts, 7 passes). Ça fait cher du but et de la passe.
Marc Bergevin lui avait offert une prolongation de contrat de quatre ans et 13,6 millions le 27 juillet 2021. Armia venait tout juste de connaître un beau parcours en séries avec huit points (5 buts, 3 passes) en 21 matchs. À l’image de la présence du CH en finale, le jeu du Finlandais représentait plus un mirage que la pure réalité. Bergevin espérait dénicher un gros ailier en puissance pour plusieurs saisons.
Choix de premier tour (16e) des Sabres de Buffalo en 2011, Armia a toujours été décrit comme un ailier mystérieux. À Montréal, Claude Julien, Dominique Ducharme et St-Louis ont tous tenu des discours semblables à son endroit en rappelant qu’il a tout le talent du monde, mais pas toujours la rage de vaincre.
Armia a participé à deux des six matchs préparatoires des siens, n’obtenant aucun point.
Une économie de 1,15 million
Si jamais Armia devait poursuivre son chemin avec le Rocket de Laval, le Tricolore réaliserait une économie de 1,15 million.
Selon la convention collective (article 50,5), les équipes de la LNH peuvent brûler un montant forfaitaire en cédant un joueur avec un contrat à un seul volet à la Ligue américaine. Le calcul est le suivant: le salaire minimum (775 000$ en 2023-2024) plus 375 000$.
Armia, quant à lui, gagnerait la totalité de son salaire. À noter, le numéro 40 touchera 4,8 millions en 2023-2024, mais son empreinte salariale restera à 3,4 millions.
Avec ce règlement, les joueurs qui gagnent 1,15 million et moins peuvent disparaître complètement de la masse salariale de l’équipe quand ils partent pour la Ligue américaine. Ce serait le cas pour Lindström (950 000$).
Pour se départir complètement du contrat d’Armia, Hughes devrait convaincre un de ses homologues d’opter pour une transaction. Mais les autres DG de la LNH ne sont pas fous. Ils exigeraient également de se débarrasser d’un mauvais contrat dans l’échange.
Sur le plan contractuel, le Tricolore pourrait également choisir de racheter le contrat d’Armia. Mais ça deviendrait uniquement possible à partir du 15 juin 2024. À ce moment, il resterait une seule saison au contrat de l’ailier. Le CH lui payerait 66% de la dernière année de son contrat (3,8 millions).
Sur le plafond salarial, le Tricolore répartirait ce montant sur deux ans. Selon le site capfriendly, le rachat d’Armia coûterait 867 000$ pour la saison 2024-2025 et 1,267 million pour la saison 2025-2026.
Un défenseur en moins
Le CH a aussi déplacé un pion à la ligne bleue. Acquis dans l’échange de Jeff Petry, Lindström n’a pas gagné son pari, celui d’obtenir une place à Montréal.
Âgé de 24 ans, bientôt 25, Lindström a une expérience de 128 matchs dans la LNH sous les couleurs des Red Wings de Detroit. L’an dernier, le défenseur droitier a joué 36 matchs, récoltant huit points (1 but, 7 passes) avec un dossier de -16.

En deux matchs préparatoires, Lindström a amassé une passe.
Mattias Norlinder a causé une surprise au camp, devançant visiblement Lindström dans la hiérarchie de l’équipe.