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Après une victoire éclatante à New York, voici les nombreux défis de Zohran Mamdani

2025-11-05T20:19:54Z

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Élu maire de New York mardi, au terme d’un scrutin ayant captivé les habitants de la mégapole, mais aussi les États-Unis et le monde, le démocrate Zohran Mamdani prépare son entrée en fonction le 1er janvier, avec de nombreux défis à relever.

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Une nouvelle ère politique

Quasiment inconnu il y a quelques mois, l’élu local de 34 ans a séduit la moitié (50,39 %) des 2 millions de votants (une participation record depuis près de 60 ans), grâce à son programme axé sur le coût de la vie, une ferme opposition à Donald Trump et une campagne alliant porte-à-porte et réseaux sociaux.

Il est arrivé en tête dans quatre des cinq quartiers de la plus grande ville du pays (Manhattan, Brooklyn, le Bronx et son fief du Queens). Seule Staten Island, historiquement conservatrice, a préféré son principal adversaire, le démocrate centriste Andrew Cuomo.

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«Nous avons renversé une dynastie politique», a lancé Zohran Mamdani dans son discours de victoire, face à ses partisans, plus jeunes, plus à gauche et plus issus de l’immigration que l’électorat démocrate traditionnel.

Andrew Cuomo (qui totalise 41,59 % des suffrages) a, à 67 ans, une longue carrière politique, du gouvernement de Bill Clinton au poste de gouverneur de New York, occupé par son père avant lui.

Le maire sortant, Eric Adams, également issu de l’aile droite du Parti démocrate, s’était lui retiré de la course un mois avant le scrutin, appelant à soutenir M. Cuomo.

Les soutiens du futur maire sont, au contraire, des figures de la gauche américaine, comme Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez.

Certains ténors modérés de son parti, dont le sénateur new-yorkais Chuck Schumer, n’ont pas appelé à voter pour lui.

Getty Images via AFP
Getty Images via AFP

Un duel annoncé avec Trump

Pendant son discours, Zohran Mamdani a directement interpellé Donald Trump, le qualifiant de «despote» et appelant à le «vaincre».

Le président américain, qui décrit l’élu comme un «communiste», a menacé de couper les fonds fédéraux destinés à New York. Dans de nombreux bastions démocrates (Chicago, Los Angeles, Portland...), il a aussi déployé l’armée.

La politique anti-immigration du républicain et les poursuites judiciaires contre ses opposants devraient cristalliser les tensions.

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Proche du futur maire, la procureure de l’État, Letitia James, a été inculpée pour fausses déclarations bancaires à la suite de pressions publiques du président américain.

Rassurer la communauté juive

À New York, la plus grande communauté juive des États-Unis a accueilli de manière contrastée l’élection de ce musulman, défenseur de la cause palestinienne, qui a qualifié Israël de «régime d’apartheid» et la guerre à Gaza de «génocide».

L’Union pour le judaïsme réformé a appelé à «respecter les divergences d’opinions» et s’est engagée à «faire notre part pour rassembler [...] sans effacer les différences». L’Anti-Defamation League, une organisation de lutte contre l’antisémitisme, a pour sa part lancé un mécanisme de suivi, le «Mamdani monitor», pour surveiller les actions de la nouvelle administration new-yorkaise.

Getty Images via AFP
Getty Images via AFP

Dans son discours mardi soir, Zohran Mamdani a répété son engagement dans «la lutte contre le fléau de l’antisémitisme». Il a dans le même temps affiché le souci de garantir également une place «dans les couloirs du pouvoir» aux musulmans de sa ville.

Un entourage à construire

L’élu s’est entouré mercredi de cinq femmes pour préparer sa prise de poste dans moins de deux mois: sa conseillère de campagne Elana Leopold, ex-collaboratrice du maire progressiste Bill de Blasio, Lina Khan, présidente de l’agence américaine de protection des consommateurs (FTC) sous Joe Biden, les dirigeantes d’ONG new-yorkaises Grace Bonilla et Melanie Hartzog, ainsi que l’ex-première adjointe au maire Maria Torres-Springer.

Pour Lincoln Mitchell, professeur à l’université Columbia, il est crucial pour le futur maire de constituer une équipe restreinte qui «comprenne» à la fois New York et la capitale de l’État (Albany), où seront avalisées certaines de ses politiques.

Le politologue estime que son programme (encadrement accru des loyers, bus et crèches gratuits) n’est «pas fou»: «Il s’agit de combler certaines lacunes de notre filet de sécurité sociale. Il n’y a aucune raison pour qu’il n’y parvienne pas s’il s’y prend de la bonne manière et comprend les enjeux politiques».

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