Après une saison difficile, Josh Anderson a retrouvé le sourire

Jonathan Bernier
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Se présenter à l’aréna en broyant du noir et en ayant l’impression d’être inutile pour son équipe, c’est probablement la pire façon de parvenir à se sortir d’une léthargie.
C’est l’état dans lequel Josh Anderson s’est retrouvé durant une très grande portion de la dernière campagne. Des sécheresses de 25, 16 et 15 matchs lui ont sapé le moral à un point tel que, certains soirs, il donnait l’impression de ne pas vouloir être là.
Jusqu’ici, l’Ontarien touche la cible avec à peine plus de régularité que l’hiver dernier. Toutefois, on le sent beaucoup plus impliqué. Il est combatif, il joue avec hargne, il utilise sa vitesse, il se porte à la défense de ses coéquipiers.

«Il utilise ses forces, il place la rondelle profondément et applique beaucoup de pression. Sa présence crée des occasions pour nous, a louangé Brendan Gallagher, l’un de ses compagnons de trio. Il fait tout pour connaître du succès et il démontre beaucoup de constance.»
Anderson admet s’être livré à une introspection au cours l’été. Un exercice qui lui a permis de revenir à l’essentiel et de se mettre une moins grande pression sur les épaules.
«Tu prends du recul et tu réalises à quel point tu es chanceux de faire ce que tu fais. Les carrières passent vite. Tu ne veux pas avoir de regrets une fois que c’est terminé, a indiqué l’attaquant de 30 ans. Alors, tu prends un jour à la fois et tu t’assures de savourer chacun d’eux.»
Même un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle ne l’aurait pas placé dans un meilleur état d’esprit.
Utile autrement
À défaut de mettre la rondelle dans le fond du filet, c’est en tentant d’empêcher l’adversaire de le faire qu’il savoure chaque match. Au cours de la saison morte, il a demandé à Martin St-Louis de l’utiliser sur le désavantage numérique.
«Ça donne de l’adrénaline de savoir que tu as ce travail à faire. J’adore ça. Il n’y a rien de mieux que de museler l’attaque massive adverse et donner du momentum à ton équipe», a-t-il soutenu.
D’autant plus que ça donne le sentiment d’être utile à l’équipe les soirs où, offensivement, les choses ne tournent pas à son goût.
«C’est comme ça que j’aurais dû penser la saison dernière. Quand j’ai eu cette longue sécheresse, j’étais encore utile, j’avais quand même des occasions, a-t-il indiqué. Tu peux faire autre chose pour aider ton équipe à gagner. Quand tu ne t’inquiètes pas à propos de ta production, ça vient plus naturellement.»
«Il est utile d’une autre façon et il le voit. Ça lui donne une belle confiance, a mentionné St-Louis, à propos du travail effectué par Anderson. Il mesure mieux l’impact qu’il a sur l’équipe. L’an passé, il mesurait beaucoup son impact sur la production.»
Un point que St-Louis n’a pas manqué de soulever dans sa discussion estivale avec son numéro 17. D’ailleurs, Anderson a mentionné que le soutien obtenu de la part de son entraîneur-chef et des membres de la direction durant cette saison difficile lui a été grandement bénéfique.
Accepter son rôle
Cependant, ce rôle moins offensif vient avec un inconvénient: celui de passer un peu moins de temps sur la surface de jeu. Mais ce n’est pas Anderson, resplendissant de bonheur, qui va s’en plaindre.
«On voudrait tous jouer 20 minutes, mais le nombre de joueurs qui le font n’est pas élevé. Tu dois accepter le rôle qu’on te donne et t’efforcer de bien le faire chaque fois qu’on t’envoie sur la patinoire.»
Force est d’admettre qu’Anderson s’acquitte bien de sa tâche. Utilisé sur la deuxième unité d’infériorité numérique, il fait un travail plus qu’honorable. Il s’est retrouvé sur la glace pour seulement six buts de l’adversaire en pareille circonstance. Six buts en près d’une centaine d’occasions.
Et, à forces égales, le trio qu’il forme avec Gallagher et Christian Dvorak est celui qui accorde le moins d’occasions de marquer à l’adversaire.