Après une disette de 47 ans, les Remparts sont champions

Kevin Dubé
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HALIFAX | Les Remparts ont dû patienter 47 ans, mais la Coupe est de retour à Québec. Les hommes de Patrick Roy l’ont emporté 5-4 lors du sixième match de la finale face aux Mooseheads d’Halifax pour mettre la main sur un premier trophée Gilles-Courteau depuis 1976.
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Pier-Olivier Roy a inscrit le but vainqueur avec 59 secondes à écouler en troisième période. Les Remparts terminent donc les séries avec une fiche de 16 victoires et deux défaites.
Les Remparts sont champions !
— Kevin Dubé (@KDubeJDQ) May 21, 2023
Victoire de 5-4 dans le match no. 6. pic.twitter.com/p8EfM4p2Wg
«Gagner, c’est toujours particulier», avouait Patrick Roy, tout sourire sur la patinoire, quelques minutes après avoir été «victime» de la traditionnelle douche de Gatorade. «Ça va avec les efforts qu’on met pour arriver à la fin de notre objectif. D’avoir travaillé si fort, toutes les heures qu’on a mises à l’aréna. C’est un processus qui commence au mois d’août et on avance tranquillement, petit pas par petit pas. Je suis chanceux, j’ai un partenaire en Jacques Tanguay qui a toujours été extraordinaire et qui m’a soutenu et j’ai ma grande sœur, Nicole [Bouchard] qui a toujours été là pour moi.»
La résilience fut le thème de l’année chez les Remparts et ce fut encore le cas dimanche. Les hommes de Patrick Roy ont effacé des déficits de 2-0, 3-1 et 4-3 pour finalement l’emporter. Même qu’avec 3 min 13 s à faire en troisième, Zachary L’Heureux avait fait 4-3 Mooseheads et on semblait se diriger vers un match numéro 7, lundi soir, à Québec. Kassim Gaudet a toutefois créé l’égalité un peu plus d’une minute plus tard, avant de préparer le but gagnant de Pier-Olivier Roy, avec 59 secondes à faire.
«Résilience et caractère. C’est ce qu’on a montré toute l’année et on l’a encore fait ce soir. C’est incroyable de remonter ça de même. Je ne sais même pas c’est quoi les sentiments qui m’habitent en ce moment. C’est incroyable de voir ces gars-là, le noyau qui travaille si dur depuis longtemps. D’arriver ici, ça fait deux ans qu’on en parle. Cette année, on a travaillé tellement fort et de lever la coupe, c’est incroyable», ajoutait de son côté le capitaine Théo Rochette.
«Je te dirais que quand ils ont fait 4-3, on s’est dit “ah fuck!”, il va falloir retourner à Québec. Finalement, on sort avec la coupe. On ne les voulait pas avec nous dans l’avion!» rigolait Nathan Gaucher.
La dernière danse
Les Remparts avaient souvent parlé, cette saison, du fait qu’il s’agissait de la dernière chance du noyau de l’équipe de remporter un championnat, ensemble. La «dernière danse», comme l’avait appelée Rochette avant le début des séries, en faisant référence au dernier championnat de Michael Jordan et des Bulls de Chicago en 1998, qui a été le sujet d’un documentaire.
«La chimie à l’intérieur était incroyable. On est plus que des coéquipiers, on est des frères, on est une famille», ajoutait le capitaine, qui avait décidé de revenir pour son année de 20 ans afin d’aider l’équipe à soulever la coupe.
«Je suis tellement content, ajoutait-il sur cette décision de revenir. On savait qu’on avait une bonne équipe. J’ai eu beaucoup de discussions avec Pat. Ç’a été long et dur, mais je me dis que c’était super bon pour moi de revenir avec l’équipe. On avait une chance de gagner, mais tu ne penses jamais à des moments de même en partant la saison. C’est juste incroyable.»
Cette dernière danse, d’ailleurs, a débuté avec un faux pas, en demi-finale l’an dernier, lorsque l’équipe s’était inclinée face aux Cataractes de Shawinigan.
«On s’est enfargés l’an dernier et on s’est rebâtis et on a travaillé en fonction des séries. Je pense que ça paie aujourd’hui», ajoutait Bolduc, auteur du but égalisateur qui faisait 3-3 en troisième période.
Malatesta, joueur le plus utile
Auteur de 14 buts et six passes en 18 matchs, James Malatesta a reçu le trophée Guy-Lafleur, remis au joueur le plus utile des séries éliminatoires.
«C’est un honneur. Je pense que notre but était de gagner. Quand je suis venu ici à 16 ans, c’était ça le but à Pat: bâtir une équipe gagnante. Chaque match, c’était un travail d’équipe. On a été résilients et on a fait le travail.»
Choix de septième ronde des Remparts en 2019, Malatesta était considéré comme un espoir de premier plan, mais avait affiché ses intentions de poursuivre sa route du côté des États-Unis.
«Ç’a été difficile de le convaincre de venir jouer pour nous, mais aujourd’hui, on est bien heureux de l’avoir avec nous et je suis convaincu que ses parents aussi sont bien contents», mentionnait Patrick Roy.
«Je ne regrette pas du tout! Dès le moment que j’ai mis le pied dans le vestiaire, je n’ai pas regretté. C’était ça notre mission et je ne peux pas expliquer à quel point je suis content», ajoutait le numéro 11.
Grosse année pour Gaucher
Un peu plus loin, Nathan Gaucher jubilait, lui aussi. Après deux conquêtes de la médaille d’or avec Équipe Canada junior, en août et en janvier, il soulevait le trophée Gilles-Courteau avec l’équipe qui en avait fait son choix de première ronde en 2019.
«Ça fait quatre ans qu’on est ensemble et qu’on travaille pour ça, avouait-il. On a vécu des moments difficiles, mais, honnêtement, de le vivre avec ce groupe... Ce sont mes frères. De le vivre avec James qui gagne le trophée du joueur le plus utile des séries, c’est incroyable.»
Et lequel des trois titres remportés cette année est le plus satisfaisant?
«Le trophée!» lance-t-il sans hésiter.
Ce n’est pas fini
Les Remparts savouraient la victoire, mais leur discours ne changeait pas: l’objectif ultime n’a pas encore été atteint. Une fois la fête terminée, l’équipe reprendra sa préparation en vue du tournoi de la Coupe Memorial, qui se met en branle vendredi, à Kamloops en Colombie-Britannique.
«Ce n’est pas fini! Kamloops, on arrive et j’espère que les autres équipes sont prêtes!» lançait Gaudet.












